Analyse
En janvier, à l’échelle mondiale, les Bourses ont grimpé de 0,7% (pour l’investisseur en euro) il y a 8 mois - mardi 7 février 2017
Dans la zone euro, les Bourses sont restées à la traîne. Aux USA, elles ont grimpé de 2,2% mais la hausse a été rongée par le repli du dollar.
En janvier, à l’échelle mondiale, les Bourses ont grimpé de 0,7% (pour l’investisseur en euro)

En janvier, à l’échelle mondiale, les Bourses ont grimpé de 0,7% (pour l’investisseur en euro)

Sur le marché des changes

– La livre turque a atteint un minimum historique le 27 janvier, avant de légèrement se redresser les jours suivants. Sur l’ensemble du mois, la devise a encore cédé près de 10% face à l’euro victime de la fuite des capitaux. Les investisseurs, inquiets des dérives totalitaires du président Erdogan, tournent le dos à la Turquie. Cela plonge le pays dans de profondes difficultés.
– Le peso mexicain est aussi victime de la fuite des investisseurs suite aux tensions entre Washington et Mexico. Face à l’euro, le peso s’est déprécié de 3% en janvier.
– L’euro a repris des couleurs face au dollar. L’élection de Donald Trump avait fait tomber l’euro sous la barre de 1,04 USD le 20 décembre, pour la première fois depuis 2002. Mais depuis lors, l’euro est revenu à 1,08 USD. Au-delà du discours de Trump en faveur d’un dollar plus faible, les évolutions monétaires de part et d’autre de l’Atlantique ne sont pas étrangères à ce revirement. Aux Etats-Unis, la Fed a adopté un ton plus modéré, mettant moins l’accent sur les hausses du taux directeur à venir dans les prochains mois. A l’inverse, la pression augmente sur la Banque centrale européenne (BCE) pour qu’elle arrête les injections de liquidités. Avec une inflation à 1,8% et une croissance de 1,8% au 4ème rimestre, plus rien ne justifie sa politique extrêmement accommodante.

Sur le marché obligataire

Aux USA, les rendements sont restés stables. Dans la zone euro, une hausse des taux a soutenu la valeur de l’euro. A noter que la hausse des taux d’intérêt n’a pas été uniforme. Ils ont augmenté davantage en Italie et en France, deux pays où la visibilité politique est plus faible.

Sur la Bourse américaine : record historique pour le Dow Jones

Le 26 janvier, le Dow Jones a dépassé le seuil psychologique des 20 000 points. Compte tenu du repli du dollar, c’est pourtant une perte de 0,2% pour l’investisseur en euro en janvier. Même si le dollar reste surévalué face à l’euro, allouez toujours 10% de vos avoirs aux actions américaines, via les fonds DPAM CAP B Equity US Dividend et iShares Core S&P 500 ETF. Jusqu’ici, les résultats publiés par les sociétés américaines pour le 4ème trimestre sont assez bons. Sur le tiers des entreprises du S&P 500 ayant déjà publié leurs résultats, deux tiers ont fait mieux que prévu. Et avec le retour en grâce du secteur énergétique dans le sillage des prix du baril, la croissance au 1er trimestre devrait s’accélérer. Pour 2017, la croissance bénéficiaire pour le S&P 500 pourrait bien atteindre 12%.

Les Bourses des marchés émergents ont engrangé 1,9% en EUR

Pourtant fort dépendantes du commerce international, qui pourrait pâtir d’une guerre commerciale initiée par les mesures de Trump, les bourses émergentes ont bien résisté. D’une part, les prix des matières premières, minières comme agricoles, ont encore grimpé, avec la perspective de voir l’économie américaine dopée par le plan d’investissement en infrastructures et les bons chiffres de la production en Chine. D’autre part, l’espoir d’un dollar plus faible et la pause actuelle des taux américains sont favorables à bon nombre de ces pays et de leurs entreprises, fort endettés en dollar. Même le Mexique s’est bien comporté. Le spectre des barrières douanières à 20% n’a pas empêché la Bourse de rebondir de 5,5% en euro les dix derniers jours du mois. Si nous adoptons encore une position attentiste, la Bourse de Mexico paraît plutôt bon marché et le peso sous-évalué.

Au niveau sectoriel

– Le secteur américain des médias s’est bien comporté (+4,7%), soutenu par les excellentes audiences autour des élections américaines et les perspectives d’accélération de la croissance. Ici aussi, le contraste avec l’Europe est saisissant. Depuis septembre, les médias américains engrangent un rendement de quasi 20%, alors que leurs confrères européens stagnent.
– Le secteur énergétique affiche le recul le plus important du mois. Même aux Etats-Unis (-4,4%), il n’a pas profité du discours de Trump en faveur des énergies fossiles. La perspective de voir la production américaine (±9% de la production mondiale) rapidement regagner ses sommets de 2015 empêche toute hausse supplémentaire du prix du baril, qui stagne depuis près de deux mois.
– Pour le secteur automobile, même si 2017 s’annonce plus difficile après quelques bonnes années, la volonté du président Trump de limiter les contraintes environnementales lui a permis de progresser, surtout aux Etats-Unis (+3,4%). Achetez BMW.

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