Analyse
L'euro est à son sommet de l'année il y a 7 mois - vendredi 28 avril 2017
Pour la première fois de l’année, il a dépassé la barre de 1,09 USD.
En cause, surtout, l’issue du premier tour de l’élection présidentielle française et le fait que les sondages donnent E. Macron gagnant au second tour. Les indicateurs économiques de la zone euro évoluant globalement dans le bon sens, les marchés s’attendaient aussi à un changement de discours de la BCE, préannonce d’une politique moins interventionniste à l’avenir. Mais sur ce point, ils n’ont eu que partiellement raison. Certes, pour avril, Eurostat a annoncé une inflation à 1,9% dans la zone euro, un chiffre en ligne avec les objectifs de la BCE. Mais si Mario Draghi s’en est bien rendu compte, déclarant que le risque de déflation a virtuellement disparu et que la reprise est désormais mieux ancrée et plus vigoureuse, il n’en tire pas des conclusions au niveau de la politique monétaire. Evoquant des risques toujours importants, il justifie la poursuite de la politique de rachats d’actifs par la BCE, réalisée à coup de 60 milliards d'euros par mois, et se dit même prêt à accroître ce montant si cela devait se justifier. Une telle issue semble néanmoins peu probable d’autant qu’un peu partout, les déficits budgétaires se réduisent. L’austérité qui reste de mise un peu partout dans la zone euro, accompagnée d’une croissance revenue à vitesse de croisière, ont permis aux déficits budgétaires européens de se résorber en 2016. Pour l’ensemble de la zone euro, le déficit est tombé à 1,5% du PIB, contre 2,1% en 2015. De quoi permettre à la dette de repasser à 89,2% du PIB en 2016, contre 90,3% en 2015. Plusieurs pays ont vu leur dette chuter. Avec une dette publique à 68,3% en 2016, contre 77,5% en 2013, l’Allemagne mène la danse. 

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