Analyse
La Chine cherche à élargir sa sphère d’influence il y a 7 mois - mardi 23 mai 2017
Elle investit et noue des partenariats pour relancer la Route de la soie.
La Chine cherche à élargir sa sphère d’influence

La Chine cherche à élargir sa sphère d’influence

Une façon d’affirmer sa puissance et de s’assurer de nouveaux marchés. Le succès dépendra de sa capacité à trouver des projets productifs. Mais aussi des réformes que consentiront les pays partenaires. Car sans elles, l’activité créée par l’investissement chinois sera un feu de paille. Quoi qu’il en soit, les entreprises chinoises devraient en bénéficier. Consacrez toujours 10% de votre avoir aux actions chinoises, via les fonds Fidelity China Focus A et Fidelity China Focus Y.

Des avantages pour tous

La Chine propose à ses partenaires de mettre en en place un réseau d’infrastructures (routes, chemins de fer, ports, oléoducs, gazoducs, télécoms), pour faciliter les échanges et renforcer les liens commerciaux entre la Chine et plus de 60 pays. Elle s’engage à investir au départ ±111 milliards d’euros et d’atteindre au final 800 milliards pour l’ensemble des projets. Pour les pays partenaires, les avantages sont indéniables. Beaucoup de pays asiatiques souffrent d’un déficit d’infrastructures qui rend difficile l’arrivée de leur production sur les marchés mondiaux et qui pèse sur leur capacité à intégrer l’économie mondiale. Cette nouvelle Route de la soie apporterait des capitaux à des recoins souvent oubliés d’Asie et d’Afrique.

Le gros des avantages serait pour la Chine

Le projet permettra de mettre à profit les réserves de devises chinoises (3 000 milliards de dollars) et de populariser le yuan, dans lequel un certain nombre de prêts devraient être libellés. La plupart des projets seront menés par des entreprises du pays, utilisant des produits et équipements chinois. A l’heure où le pays se débat avec de fortes surcapacités (acier, ciment…), cela permettra de les exporter, de faire tourner l’économie et de maintenir la paix sociale. Mais les entreprises chinoises profiteront de l’initiative bien au-delà de la phase de construction. Car en échange de l’investissement, Pékin s’offre un accès privilégié aux marchés qu’elle aide, ainsi qu’à leurs ressources naturelles. De quoi donner aux exportateurs chinois une longueur d’avance sur leurs concurrents. Le projet a aussi un volet sécuritaire : la multiplication des ports sur l’Océan Indien et des voies d’accès à la Chine permettront de diversifier les sources d’approvisionnement (pour l’énergie et les ressources naturelles) et d’assurer la pacification des frontières, surtout en Asie centrale.

Un projet non exempt de risques

Pour les pays qui se ruent sur les capitaux chinois, le jeu n’est sans risque. D’abord parce qu’il s’agit de prêts qu’il faudra rembourser (alors que ces pays ont déjà une balance commerciale largement déficitaire avec la Chine). D’autant que l’ouverture de ces marchés à la concurrence chinoise mettra à mal les producteurs locaux. Le fait que des entreprises chinoises auront un accès privilégié aux ressources naturelles ou agricoles n’arrangera rien. Le danger est qu’au final, les projets s’avèrent plus coûteux que bénéfiques. Enfin, bon nombre de pays ont besoin de réformes, pour y rendre l’investissement plus attrayant. Même si l’accès aux milliards chinois risque de masquer cette réalité pour un temps, ils ne pourront profiter des nouvelles infrastructures que s’ils résolvent leurs problèmes de gouvernance.

Le projet comporte aussi des risques pour la Chine. Ce financement colossal, de pays que la plupart évitent, expose les banques chinoises à de gros risques. Et s’il se fait effectivement au détriment des réserves de change, le pays sera moins à même de faire face à toute crise éventuelle ou de défendre sa devise (alors qu’il vit depuis plusieurs années dans une bulle du crédit sans précédent).

 

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