Analyse
L’Afrique du Sud en récession il y a 4 mois - mercredi 7 juin 2017
Après une année 2016 très décevante qui s’est soldée par une croissance de 0,3% seulement - la plus faible depuis 2009 - l’Afrique du Sud a entamé 2017 de la pire des manières.

La période d’instabilité politique ne durera pas éternellement et il y a fort à parier que les marchés rebondiront très rapidement en cas de départ du président Zuma et de retour à une plus grande visibilité. Nous pensons donc qu’il est intéressant de rester positionné sur ce pays, fondamentalement très prometteur avec sa présence sur d’autres marchés africains et ses nombreuses ressources matérielles.

L’économie au 1er trimestre a reculé de 0,7% par rapport au trimestre précédent, et comme s’agit de la 2e contraction consécutive de la croissance, le pays est officiellement entré en récession. Un recul de l’activité d’autant plus sérieux qu’il touche en premier lieu les dépenses des ménages et le commerce extérieur. Et avec le tarissement des sources de demande, ce sont presque tous les secteurs de l’économie qui sont touchés.

Confrontés à un chômage qui ne cesse de grimper (27,7% en mars), à des taux d’intérêt toujours très élevés et à un manque de visibilité, les ménages ont fortement réduit leurs dépenses, en recul de 2,3% par rapport au trimestre précédent. De quoi toucher l’industrie manufacturière (-3,7%), la construction (-1,3%) et les services (-2,0%). En fin de compte, seuls les secteurs agricole et minier tirent leur épingle du jeu.

Ces chiffres sont d’autant plus inquiétants qu’ils concernent le 1er trimestre de l’année. Or, ce n’est que fin mars que le Président Zuma a écarté le ministre des finances, avec à la clé la chute du rand, une forte instabilité sur les marchés et la baisse de la note de la dette sud-africaine par les agences de notation. Et comme on sait que l’impact de ces événements n’est pas pris en compte dans les chiffres qui viennent d’être publiés, un retour de l’Afrique du Sud à la croissance ne semble pas pour tout de suite, avec en outre de possibles nouvelles baisses de la note.

Si les perspectives ne sont guère réjouissantes - risques et volatilité très élevés - nous continuons à investir une petite partie de nos portefeuilles à long terme en Afrique du Sud dans une logique de diversification. D’une part parce qu’il s’agit d’un grand producteur de ressources naturelles, secteur peu exposé à la demande locale. D’autre part parce qu’une partie importante des sociétés sud-africaines offrent une exposition à d’autres marchés d’Afrique.

 

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