Analyse
La zone euro va mieux il y a 4 mois - vendredi 9 juin 2017
La croissance au 1er trimestre a été revue à la hausse. De quoi permettre à la zone euro de signer son meilleur trimestre depuis fin 2015.

Avec une conjoncture favorable et des risques politiques moins importants, nous achetons des actions de la zone euro dans le cadre de nos portefeuilles diversifiés.

Selon Eurostat, la croissance de la zone euro au 1er trimestre a été de + 0,6% par rapport au trimestre précédent et + 1,9% sur un an. Soit mieux que les + 0,5 et + 1,7% annoncés lors de l’estimation rapide.

Parmi les grandes économies, l’Allemagne et l’Espagne affichent les meilleurs résultats avec une croissance trimestrielle de respectivement 0,6 et 0,8%. Mais il ne s’agit pas là de cas isolés. La France et l’Italie, qui ont longtemps fait face à la stagnation, enregistrent ainsi une croissance trimestrielle de 0,4%. Ailleurs, le Portugal et la Belgique atteignent respectivement 1,0 et 0,6% et même la Grèce progresse de 0,4%.

La zone euro profite donc d’une embellie conjoncturelle qui se traduit par des marchés du travail en bien meilleure forme et des consommateurs plus confiants. De quoi espérer une amélioration dans la situation très noire que vivait notre continent il y a quelques temps et qui avait facilité la montée en puissance des populismes et du spectre d’un repli sur les frontières nationales. Mais rien n’est gagné pour autant. La croissance de la zone euro dépasse pour l’heure le potentiel qui est le sien et n’est possible que grâce aux taux d’intérêt historiquement faibles fixés par la Banque centrale européenne. Sans réformes des autorités, de tels taux de croissance seront difficiles à reproduire à l’avenir.

Par contre, une chose est sûre, la contribution de la BCE prendra fin tôt ou tard. Lors de sa dernière réunion de politique monétaire, notre banque centrale a ainsi certes insisté sur le fait que les taux directeurs devraient rester à leur niveau actuel pour une période prolongée, mais a aussi modifié son message en supprimant la référence à un niveau de taux plus bas encore.

En résumé, si la BCE n’envisage toujours pas de relever ses taux directeurs, elle n’envisage plus de les baisser une nouvelle fois. De quoi y voir le timide début d’un long chemin vers la normalisation de la politique monétaire. Très graduel, ce processus passera d’abord par une réduction des rachats de dette à partir de fin 2017.

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