Analyse
Bilan de la situation sur les marchés durant le mois de juin il y a 3 mois - mardi 4 juillet 2017
L'Europe se redresse enfin mais les investisseurs sont prudents et attentistes.
Bilan de la situation sur les marchés durant le mois de juin

Bilan de la situation sur les marchés durant le mois de juin

Dix ans après la crise financière, l’économie mondiale se porte bien et l’Europe se redresse enfin. Mais face aux valorisations historiquement élevées (mais justifiées selon nous) des actions, les investisseurs sont prudents. Pénalisé par l’appréciation de l’euro, l’investisseur en EUR affiche en juin une perte de 1,1% sur les Bourses mondiales. En devises locales, le gain s’élève à 0,3%. Depuis début 2017, le gain en EUR est de 3,5%.

Marchés des devises et marchés obligataires : l’euro poursuit sa hausse, la livre sterling rebondit

Déjà grand gagnant du mois de mai, l’euro a dépassé les 1,14 USD en juin, un plus haut face au dollar depuis le printemps 2016. En cause, l’évolution du discours de la Banque centrale européenne (BCE) qui semble se préoccuper d’un retour de l’inflation susceptible d’infléchir sa politique monétaire accommodante.

Coté obligataire, ce discours s’est traduit par une hausse des taux d’intérêt. Les taux allemands à 10 ans, qui avaient débuté le mois à 0,3%, dépassent désormais les 0,45%. Les taux belges et français de même échéance tutoient 0,8%. En Italie, le sauvetage de deux banques de Vénétie fait mal. Malgré l’omniprésence de la BCE sur les marchés, les taux italiens à 10 ans dépassent les 2,1%.

De son côté, la livre britannique a aussi bondi, au-delà de 1,30 USD. Alors que l’économie britannique ralentit, la Banque d’Angleterre voit elle aussi d’un bon œil un relèvement des taux directeurs. Les marchés obligataires ont rapidement réagi. Partis de 1% en début de mois, les taux britanniques approchent désormais les 1,3%.

Mais si les devises européennes reprennent des couleurs, c’est aussi parce qu’aux Etats-Unis, la mise en place des réformes et du programme de stimuli promis par le président Donald Trump semble de plus en plus difficile. La réforme du système de santé se fait attendre, les législateurs se montrant peu enthousiastes quant aux propositions sur la table. Or, si pour l’instant, le parti du président est bien majoritaire au Congrès comme au Sénat, cela pourrait changer suite aux élections de novembre 2018. Et toute éventuelle perte de la majorité républicaine rendrait plus difficile encore la tâche du président.

Bourses : les investisseurs restent prudents

– Composée de grandes multinationales, la Bourse de Londres a gagné 2,3% en EUR depuis début 2017.
En dépit des incertitudes sur l’issue des négociations liées au Brexit, consacrez-lui toujours 15% de votre portefeuille via le fonds Threadneedle UK Equity Income.

– Au 1er semestre, la pire performance est à attribuer à la Russie (-18,0%). Après deux ans de récession, la Russie semble enfin tourner le dos à la crise, sur fond de relance de l’emploi et de consommation des ménages.
Il reste prématuré d'investir en Russie.

– La Pologne, qui reste tirée par l’excellente santé de l’économie allemande, a été au 1er semestre la meilleure élève de la classe (+22,3%).
Consacrez-y 5% via le tracker iShares MSCI Poland UCITS ETF.

– Au niveau sectoriel, le pétrole figure à nouveau dans les secteurs les plus pénalisés du mois (-3,2%). L’isolement du Qatar par ses voisins au Moyen-Orient laisse craindre une fragilisation des accords de limitation de la production au sein de l’OPEP, alors que le marché mondial est déjà en suroffre du fait de la hausse de production aux Etats-Unis, en Libye et au Nigeria. Le baril a perdu 6% sur le mois.

Corollaire de cette baisse des prix, et d’un rééquilibrage entre offre et demande pas attendu avant le second semestre 2018, les anticipations d’inflation sont tempérées. Du coup, les taux d’intérêt augmenteront encore moins rapidement que prévu. Globalement, cela conforte notre préférence pour les actions plutôt que les obligations.

– Le secteur de la distribution fait aussi partie des secteurs ayant le plus souffert en juin (-3,8%). Outre l’impact négatif du recul de la livre sterling sur la consommation des ménages, lequel pèse sur les distributeurs britanniques (comme Sainsbury), l’annonce des ambitions de Lidl sur le marché américain et, surtout, l’offensive d’Amazon qui a mis la main sur la chaîne de supermarchés haut de gamme Whole Foods inquiètent les investisseurs. Au cours actuel, seul Ahold Delhaize est digne d’achat. A court terme, nous attendons beaucoup des synergies issues de la fusion.

– Les technologiques ont aussi plié. Plusieurs brokers ont fait part de leurs craintes sur un plafonnement de la rentabilité. Pour notre part, si nous estimons le secteur globalement correctement évalué, nous considérons aussi que les cours de certaines actions technologiques comme Facebook, Amazon ou Netflix ne se justifient pas par le potentiel de croissance de leurs bénéfices. L’amende record (2,42 milliards EUR) que veut infliger la Commission européenne à Google (filiale d’Alphabet) ne modifie pas notre conseil. Elle représenterait moins de 0,5% de la capitalisation boursière d’Alphabet.

– Le grand gagnant du mois est le secteur pharmaceutique. En cause, l’espoir d’une législation plus conciliante aux Etats-Unis (approbation de nouveaux traitements accélérée) et une réforme de l’Obamacare qui devrait (si acceptée par le Sénat) être moins défavorable que prévu pour le secteur.

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