Analyse
Les récentes catastrophes naturelles accentuent-elles le risque de vos investissements ? il y a 9 mois - mercredi 27 septembre 2017
Devez-vous adapter votre stratégie ?
 Les récentes catastrophes naturelles accentuent-elles le risque de vos investissements ?

Les récentes catastrophes naturelles accentuent-elles le risque de vos investissements ?

Pas forcément. Une stratégie d’investissement s’inscrit sur le long terme et n’est finalement que peu influencée par les catastrophes naturelles, présentes chaque année. Les récents sinistres n’ont pas modifié nos conseils. Vous pouvez toujours allouer 10% de votre portefeuille aux actions américaines via les fonds DPAM CAPITAL B Equities US Dividend, iShares Core S&P 500 ETF et Legg Mason ClearBridge US Large Cap Growth Fund.

Ouragans et tremblements de terre en série

Depuis mi-août, les Caraïbes et le sud des Etats-Unis sont ravagés par des ouragans majeurs. Tout a débuté avec l’ouragan Harvey qui a frappé les côtes américaines le 25 août. Sa très faible vitesse et les pluies diluviennes qui l’accompagnaient ont provoqué des précipitations record au Texas, avec parfois la chute de 1 300 litres d’eau par m². Cela a débouché sur des inondations historiques qui ont fait de nombreuses victimes et des dizaines de milliards de dollars de dégâts. Irma a rapidement succédé à Harvey. Cet ouragan, un des plus puissants des trente dernières années, avec des rafales de vent à plus de 300 km/heure, a ravagé plusieurs îles des Caraïbes avant de frapper la Floride. Irma n’était pas fini qu’un autre ouragan majeur, Jose, lui emboîtait le pas. Sa trajectoire ayant finalement dévié au large des terres, celui-ci a eu moins d’impact. Enfin, un quatrième ouragan, Maria, sévit depuis le 17 septembre. Mais les catastrophes naturelles ne se limitent pas aux ouragans. Le Mexique vient de subir, coup sur coup, deux tremblements de terre. Le 7 septembre, le plus puissant séisme en un siècle après celui de Mexico de 1985 a frappé le sud du pays, tuant 98 personnes dans une zone heureusement peu peuplée. Et ce 19 septembre, 32 ans jour pour jour après la catastrophe de 1985 qui avait fait 10 000 morts, la capitale du Mexique a de nouveau été frappée, avec des centaines de victimes.

Mise en perspective

Avec quatre ouragans majeurs, la saison 2017 est déjà bel et bien exceptionnelle, mais toujours loin du record de huit recensés en 1950. De même, si le Mexique est aujourd’hui durement touché par les tremblements de terre, il ne faut pas oublier que chaque année, au moins 1 000 séismes à travers le globe provoquent des dégâts et qu’en 2017, dix-sept ont déjà fait au moins deux victimes. Contrairement à l’image que les dernières semaines renvoient, les sinistres étaient jusqu’ici relativement limités en 2017. Selon Swiss Re, grand réassureur mondial directement impacté par une catastrophe, les pertes se sont limitées à 41 milliards de dollars au 1er semestre, contre une moyenne de 112 milliards au cours de la dernière décennie. Les dégâts de Harvey et Irma, estimés jusqu’à 200 milliards de dollars, feront exploser la note finale pour 2017. Et la facture pour cette année se placera dans la lignée des 290 milliards de 2005 (ouragan Katrina) et des 284 milliards de 2008, mais derrière le record de 429 milliards de 2011, l’année du tsunami au Japon.
2017 sera donc une mauvaise année au niveau des catastrophes naturelles, sans pour autant être la pire. Et il ne faut pas oublier que le coût des sinistres augmente chaque année parallèlement au développement des infrastructures touristiques. Aujourd’hui, un ouragan occasionne plus de dégâts dans les îles des Caraïbes qu’il y a trente ans.

Quelles conséquences ?

Les catastrophes naturelles ont un impact économique qu’il ne faut pas exagérer. En 2008, l’ouragan Ike n’a certes pas aidé l’économie américaine, mais son impact final fut négligeable par rapport à la crise financière de l’automne qui provoqua la récession mondiale. Et en 2005, Katrina, l’ouragan le plus coûteux de l’histoire des Etats-Unis, n’a pas fait dérailler l’économie américaine, dont la croissance a été de 3,3% cette année-là. En réalité, seuls les éléments hors du commun peuvent porter un coup fatal à une économie en croissance. Ainsi, en 2011, le tsunami et la catastrophe de Fukushima au Japon ont fait replonger en récession une économie qui avait pourtant réussi à surmonter la crise mondiale. Mais la décision de fermer tous les réacteurs nucléaires et, en conséquence, l’envolée des importations énergétiques n’y sont pas étrangères. Et si une catastrophe peut porter un coup d’arrêt, à moyen terme, les dépenses de reconstruction compensent, en partie, l’impact négatif initial. Au final, la principale conséquence des catastrophes est souvent le brouillard conjoncturel qu’elles génèrent. Et ce sera encore le cas aujourd’hui. Harvey a fait baisser la production industrielle américaine en août. En gonflant le prix des carburants, il brouillera aussi la lecture de l’inflation. Et c’est sans doute l’ensemble des chiffres du 3ème trimestre qui sera difficile à analyser. Mais cela ne remet pas en cause la poursuite de la croissance américaine. Au contraire. La Fed a revu à la hausse sa prévision de croissance pour 2017. 

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