Analyse
Quels scénarios pour la Catalogne ? il y a 9 mois - mardi 10 octobre 2017
Quelles pourraient être les conséquences économiques de la crise hispano-catalane ?
Quels scénarios pour la Catalogne ?

Quels scénarios pour la Catalogne ?

Une déclaration d’indépendance serait catastrophique pour la Catalogne et l’Espagne et mettrait à mal le dynamisme de la zone euro. Mais chiffrer son impact est impossible. Et d’autres scénarios existent.

Poursuite de l’incertitude

Les autorités catalanes avaient annoncé une déclaration d’indépendance dans les 48 heures en cas de référendum favorable. Mais le promesse n’a pas été tenue et l’incertitude domine.

Cela n’inquiète pas trop la majorité des marchés européens (l’euro résiste, la hausse des taux est limitée). Mais la Bourse de Madrid a été malmenée et les taux espagnols se sont tendus.

Si l’incertitude persiste, elle risque de freiner la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Deux grandes banques espagnoles (Banco Sabadell et CaixaBank) ont déjà décidé de transférer leur siège de Barcelone vers d’autres villes. D’autres entreprises ont suivi. Et les PME catalanes ouvrent des comptes ailleurs en Espagne.

Solution négociée

C’est le scénario de la solution négociée, retenu par les investisseurs, qui serait le plus favorable : il n’affecterait pas les perspectives de l’Espagne et de la zone euro, il permettrait d’assez rapidement tourner la page de la crise et laisserait les marchés évoluer en fonction de la conjoncture.

Certes, les entreprises qui auront déménagé leur siège ou ouvert des comptes ailleurs ne feront pas forcément marche arrière. Au niveau politique, il est difficile d’imaginer une coopération harmonieuse entre Madrid et Barcelone. Et les divisions au sein de la population catalane subsisteront.

Mais si la solution négociée est durable, l’activité économique future ne devrait pas être trop affectée.

Déclaration d’indépendance

Le scénario de la déclaration d’indépendance serait le plus néfaste.

Lors du référendum de l’Ecosse en 2014 (reconnu par Londres), l’Union européenne avait déjà précisé sa ligne de conduite : le nouvel état indépendant serait en dehors de l’Union. Et le cas de la Catalogne serait encore moins favorable car la cour constitutionnelle espagnole avait interdit le référendum. De plus, le résultat du référendum est sujet à discussions. Car ce sont surtout les indépendantistes qui ont voté. L’indépendance a recueilli plus de 2 millions de votes, mais 3 millions d’électeurs ne se sont pas déplacés. L’indépendance de la Catalogne ne serait donc pas reconnue par l’UE ni par aucune autre instance internationale. La Catalogne serait isolée diplomatiquement. L’Espagne garderait son poids politique européen, mais au niveau économique et financier, elle serait pénalisée. Les entreprises gèleraient leurs investissements, les ménages limiteraient leur consommation, les investisseurs se détourneraient du pays, les taux grimperaient et le recul du PIB creuserait le déficit public. Le reste de la zone euro en souffrirait.

Les évolutions financières dépendraient de la réaction de la BCE, des investisseurs et dirigeants européens. La BCE pourrait privilégier la dette espagnole pour ses achats obligataires (pour empêcher l’envolée des taux). Si les investisseurs redoutent une contagion de la fièvre indépendantiste, la crise pourrait contaminer l’ensemble de la zone euro. Quant aux dirigeants européens, reste à voir s’ils parleront d’une seule voix ou plutôt dans une dangereuse cacophonie communautaire…

 

 

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