Analyse
Depuis début octobre, la livre turque a perdu près de 5% face à l’euro il y a 4 mois - mercredi 11 octobre 2017
Sur un an, le recul est de 20%. Surtout en cause : la détérioration des rapports entre Ankara et Washington.

Les perspectives pour la Turquie et sa devise restent maussades. Les rendements obligataires d’apparence élevés sont nuls si on tient compte de l’inflation. Les rendements espérés sur la Bourse d’Istanbul sont insuffisants pour compenser sa volatilité. Restez à l’écart.
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Suite à la détention de deux fonctionnaires consulaires américains en Turquie, les USA ont suspendu l’octroi de visas pour les ressortissants turcs et la Turquie a fait de même pour les citoyens américains. Mais cette détérioration des rapports n’est pas la seule raison de l’affaiblissement de la lire. La lente normalisation de la politique monétaire américaine joue aussi un rôle : elle incite les investisseurs à plus de prudence à l’égard des pays émergents (dont la Turquie) et à demander des taux plus élevés pour les financer. Le taux sur l’obligataire turc à 10 ans, proche de 9,5% il y a un an, atteint désormais 11,2%. Un rendement d’apparence élevé, mais nul en termes réels puisqu’il ne dépasse guère l’inflation (l’inflation turque a touché 11,9% en avril et était toujours de 11,2% en septembre).

Les investisseurs s’orientent vers la sortie et cela pose problème car l’épargne turque étant réduite et la balance courante nettement déficitaire, le pays dépend des capitaux étrangers pour son financement. Pour enrayer la sortie des capitaux, une hausse des taux directeurs serait sans doute bienvenue. Mais, le président Erdogan plaide pour l’inverse, insistant sur le fait que si l’inflation est élevée c’est parce que les taux directeurs le sont aussi. Une prise de position qui ne rassure guère les investisseurs.

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