Analyse
Afrique du Sud : le futur président pourrait changer le cap il y a 6 mois - mercredi 6 décembre 2017
Croissance faiblarde, finances publiques détériorées, obligations d’Etat «pourries». Le pays a du potentiel mais besoin de changement !

Vous pouvez consacrer 5% de vos avoirs aux actions sud-africaines, via le tracker iShares MSCI South Africa qui suit à la trace les 54 principales actions de la Bourse de Johannesburg. Par contre, restez à l’écart des obligations en rand (ces prochains mois, le marché souffrira d’une lourde incertitude).

Une économie aux abois

En pleine récession début 2017, l’Afrique du Sud a dû se contenter au 1er semestre d’une croissance annuelle de 1%. Un chiffre très insuffisant au vu du large potentiel du pays et de la démographie très favorable, qui croît plus vite que l’économie. Depuis 2014, le PIB par habitant est en net recul. Pour 2016, son niveau était même quasi identique à celui de 2011. L’austérité s’imposait donc. Mais soucieux de sa popularité, le président Jacob Zuma n’a jamais voulu y recourir. Résultat : des déficits budgétaires de 4% du PIB se sont succédés. Quant à la dette publique, de 31,3% du PIB lors de l’arrivée de Zuma au pouvoir en 2009, elle a atteint 51,7% en 2016. Et avec les taux obligataires orientés à la hausse (le taux à 10 ans atteint désormais 9,3%), la dette pourrait approcher les 60% du PIB.

Un pays pourri ?

L’impact de cette détérioration est surtout visible sur les obligations. Les agences de notation Fitch et S&P ont classé les emprunts du pays dans la catégorie des obligations pourries ou spéculatives. Et si Moody’s n’a pas encore suivi, son rating est en révision. Or, la perte de la catégorie d’investissement chez Moody’s expulserait l’obligataire sud-africain du World Government Bond Index, suivi par de nombreux fonds et trackers. Cela se traduirait par des ventes massives (environ 10 milliards de dollars). De quoi rendre plus difficile (et plus cher) le financement de l’Etat sud-africain, tout en nuisant à sa réputation auprès des investisseurs.

L’après Zuma : mission possible

Le changement de cap est à portée de main. Depuis la fin de l’apartheid, le Congrès national africain (ANC) domine la politique sud-africaine. Et juste avant les fêtes de fin d’année, ce parti tiendra sa conférence où sera choisi le successeur de Jacob Zuma (et donc le candidat de l’ANC à l’élection présidentielle de 2019). Ce choix sera d’une importance cruciale. Car si le pays est à la traîne, c’est parce que les années Zuma ont été caractérisées par une dégradation du climat des affaires (corruption, mainmise de l’Etat), un manque de réformes et une incapacité à profiter du potentiel du pays. La mise en place d’un climat plus accueillant pour l’investisseur étranger et une meilleure gouvernance (et, dans certains cas, la privatisation) des entreprises publiques enverraient le signe d’un pays ouvert aux affaires. A cela s’ajoute la nécessité de mettre en place des politiques fiscales et budgétaires conformes à la réalité économique du pays. Et enfin, l’Afrique du Sud doit absolument offrir un avenir à ses jeunes, dont le taux de chômage a atteint 55,9% au 2e trimestre, vu la piètres qualité du système éducatif. Pour le reste, divers atouts qui devraient séduire les investisseurs : institutions solides, secteur financier développé, richesse en matières premières, porte d’entrée privilégiée au continent africain.

Depuis début 2017, La Bourse de Johannesburg a gagné près de 20%, ce qui a plus que compensé le repli du rand. Malgré la méforme du marché intérieur, les entreprises dégagent des bénéfices, car beaucoup sont liées aux matières premières, dépendent peu du marché local, et sont exposées à d’autres marchés de la région. Consacrez 5% de vos avoirs aux actions sud-africaines, via iShares MSCI South Africa. Vous pouvez l’acheter, en euro, à Francfort, en principe auprès de toutes les banques permettant des achats en Bourse. Ce tracker combine une excellente liquidité (= vous pouvez acheter ou vendre à tout moment à un cours intéressant), une fiscalité avantageuse (pas de précompte mobilier, les dividendes sont reversés dans le fonds) et des frais de gestion limités : 0,65% par an, contre près de 2% pour une sicav classique.

 

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