Analyse
Les actions américaines sont-elles toujours intéressantes ? il y a 3 mois - mercredi 7 mars 2018
Face aux dernières turbulences, faut-il encore investir sur les Bourses des Etats-Unis ?
Les actions américaines sont-elles toujours intéressantes ?

Les actions américaines sont-elles toujours intéressantes ?

La réponse reste positive selon nous.
Notre stratégie prévoit de toujours y consacrer 10% de votre portefeuille.

Une dynamique appelée à se poursuivre
Parmi les raisons qui nous poussent à investir aux Etats-Unis, on trouve d’abord le beau dynamisme, la compétitivité et la capacité d’innovation dont continue de faire preuve le pays. Avec une croissance en progression de 2,3% en 2017, l’économie américaine évolue largement en ligne avec son potentiel. Le marché de l’emploi en profite, avec un taux de chômage qui ne dépasse plus 4,1% de la population active, et le taux d’emploi décolle enfin, pour dépasser ces derniers mois les 60% de la population en âge de travailler, pour la première fois depuis la crise. De bonnes nouvelles pour les ménages, qui retrouvent leur forme d’antan. S’il est vrai que l’actuel cycle de croissance est déjà très long, nous pensons qu’il s’apprête à jouer les prolongations. Deux éléments nouveaux devraient y contribuer.

D’abord, le boom du secteur de l’énergie. Le pays est en quête d’une autosuffisance énergétique (grâce notamment au développement du pétrole et du gaz de schiste), et l’investissement consenti pour y parvenir, ainsi que la production accrue d’hydrocarbures, devraient continuer de prêter main forte à la croissance. Deuxième avantage : cette production croissante d’énergie permet au pays de réduire les déficits commerciaux très importants qui l’ont caractérisé ces dernières décennies, surtout en période de croissance. De quoi rendre plus équilibrée l’économie américaine dans son ensemble.

Il y a ensuite la réforme fiscale de Donald Trump, dont l’impact sur l’économie semble se préciser. Un certain nombre d’entreprises (et pas des moindres) sont prêtes à pousser à la hausse les salaires horaires. D’autres n’ont pas hésité à annoncer la création de nouveaux emplois aux Etats-Unis. Dans un marché du travail déjà fort serré, cette décision ne manquera pas d’impacter les salaires et, in fine, la consommation. Le compte-rendu de la dernière réunion de politique de la Réserve fédérale américaine faisait état de la confiance accrue des autorités monétaires à l’égard de l’impact de ces mesures fiscales sur l’économie réelle.

A cela s’ajoute inévitablement le coup de pouce dont profiteront les bénéfices des entreprises, qui n’est pas non plus de nature à déplaire aux investisseurs.

Faut-il pour autant tout parier sur les Etats-Unis ? Nous ne le pensons pas
D’abord parce que la meilleure manière de limiter les risques reste la diversification. Ensuite parce que les risques sont importants, tant au niveau géopolitique (montée en puissance de la Chine, repli sur soi des Etats-Unis), que commercial (avec la remise en question du libre-commerce par les Etats-Unis et le Brexit) ou encore financier (globalement, les niveaux d’endettement ne cessent de croître). Voilà pourquoi les portefeuilles que nous recommandons actuellement apparaissent fort fragmentés, en offrant une exposition à des marchés aux caractéristiques aussi diverses que le Royaume-Uni ou la Chine, la Pologne ou l’Afrique du Sud, ou encore la Suède ou l’Indonésie. Enfin, parce que les niveaux de valorisation des marchés sont globalement élevés. Certes, face aux risques encourus et aux rendements offerts, nous continuons de juger les marchés d’actions autrement plus intéressants que les marchés obligataires. Néanmoins, nous ne sommes pas indifférents aux nombreux indicateurs qui révèlent des évaluations élevées pour les marchés américains.

Deux chiffres parmi tant d’autres : en début d’année, la capitalisation boursière américaine a atteint, pour la première fois, 146% du PIB du pays. Le record établi dans la lointaine année 2000, au sommet de la bulle des nouvelles technologies, a été battu.

Quant au rapport cours/bénéfices du S&P 500 de la Bourse américaine, il dépasse aujourd’hui les 25, un niveau nettement supérieur à la moyenne historique, qui est plutôt de 16. Ajusté pour l’inflation, il approche les 33, un niveau inédit depuis… la bulle des nouvelles technologies. Et s’il est certain que ce chiffre incorpore déjà la hausse attendue des bénéfices (suite à la réforme fiscale de Donald Trump), il est vrai aussi que cette hausse sera difficilement de nature à résorber toute seule un tel écart.

 

Un placement dans la diversification
Face à toutes ces variables, notre présence sur les marchés d’actions américains s’inscrit d’abord dans une logique de diversification. Avec une part d’actions américaines dans nos portefeuilles qui ne dépasse guère les 10%, nous sous-pondérons largement ce marché. Il est utile de rappeler que ce dernier représente à l’heure actuelle quelque 36% de la capitalisation boursière mondiale. Quant aux grands indices mondiaux, l’indice de référence MSCI World est actuellement exposé aux Etats-Unis à hauteur de 59% du total des actifs, un niveau que sont très loin de reproduire nos portefeuilles. Face à ces chiffres, il est difficile pour celui qui souhaite constituer un véritable portefeuille mondial, d’échapper à l’offre américaine. C’est d’autant plus le cas lorsque le dollar américain se trouve tout proche de sa juste valeur sur les marchés du change, comme c’est le cas aujourd’hui. Continuez donc d’investir aux Etats-Unis.

NOS CONSEILS POUR BIEN INVESTIR AUX USA

Optez pour les fonds d’actions suivants
– iShares Core S&P 500 ETF dont la stratégie consiste à suivre à la trace l’indice S&P 500.

– Legg Mason ClearBridge US Large Cap Growth axé sur les actions de croissance.

Ces deux fonds misent sur les grandes valeurs américaines comme Apple, Amazon (vendez), Alphabet, Exxon, Microsoft (conservez) ou Visa (conservez). Bien que les actions de ces entreprises aient atteint des niveaux parfois élevés, elles ne sont pas pour autant toutes chères, compte tenu de leurs atouts qui les distinguent de leurs concurrentes. Ces entreprises sont financièrement très solides et bien armées pour défendre leur niveau de bénéfices et afficher année après année une rentabilité élevée. Globalement, elles ne présentent pas de risque supérieur à la moyenne. Ces fonds conservent donc une marge d’appréciation.

– DPAM Capital B Equities US Dividend A qui investit dans des grandes entreprises s’efforçant d’augmenter leur dividende année après année, comme Exxon, AT&T, Procter & Gamble, Verizon ou Microsoft (conservez). Les actions le composant ne sont pas chères.

Investir en actions individuelles
L’investissement en actions individuelles étant plus risqué que les fonds, ne l’envisagez qu’en complément d’un portefeuille de fonds bien diversifié. Les quatre actions suivantes vous permettent de tabler sur un rendement positif sans risque excessif.

– IBM poursuit sa transformation en une société tournée vers les logiciels et services informatiques à destination des entreprises, avec comme axe de croissance l’informatique dématérialisée, l’analyse de données, la sécurité et la mobilité. Une stratégie qui peine à créer de la valeur pour les actionnaires. Si la perspective de voir le bénéfice par action demeurer stable cette année est peu séduisante, le groupe dispose d’atouts (solidité financière, relation privilégiée avec les clients,…) pour retrouver grâce aux yeux des investisseurs.

– Intel a été affecté début 2018 par l’annonce de la découverte de failles de sécurité sur certains processeurs du groupe. Le cours s’est bien repris depuis pour atteindre un nouveau sommet. Il n’est pas trop tard pour acheter. A la pointe au niveau technologique, Intel est un des groupes les mieux placés pour profiter des perspectives de croissance favorables du secteur des semi-conducteurs, et son cours n’en tient pas assez compte.

– Kraft Heinz Co, n° 5 mondial de l’alimentation, fait son entrée dans cette sélection d’actions américaines favorites à la place de Cisco. Le groupe doit relancer son chiffre d’affaires en améliorant la qualité de son offre. Il dispose des moyens pour ce faire, grâce à une rentabilité forte et un bilan solide qui lui permettent de financer d’éventuelles acquisitions.

– Exxon Mobil souffre d’avoir publié des résultats décevants pour la fin de 2017 et d’un baril de pétrole stagnant sous les 70 USD. Mais la sanction du cours reste trop forte pour cette solide entreprise gérée avec beaucoup de prudence.

 

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