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La zone euro vit actuellement une période exceptionnelle il y a 7 mois - jeudi 14 décembre 2017
Pourtant, l’heure n’est pas à l’euphorie.

La zone euro risque bien de ne pas conserver durablement son rythme de croissance actuel. Pour y parvenir, il faudrait que le monde politique profite du contexte actuel pour poursuivre les réformes nécessaires. Mais les avancées risquant d’être timides, nous tablons pour le plus long terme sur une croissance moins à la fête. Pour cette raison, les actions de la zone euro ne constituent qu’une partie réduite de nos portefeuilles.

Sans avoir l’air d’y toucher, la zone euro vit actuellement une période exceptionnelle. La région multiplie les indicateurs hors pair, et avec une croissance de 2,5% au dernier trimestre, elle connaît sa plus belle performance économique depuis une décennie.

Pourtant, l’heure n’est pas à l’euphorie. Car la période que nous traversons n’est pas un retour à la normale, loin de là. Elle repose avant tout sur une politique monétaire exceptionnelle, extrêmement expansionniste, tant au niveau des taux directeurs (maintenus à 0% afin de stimuler la croissance) qu’au niveau des rachats de dette d’Etat, qui se poursuivront au moins jusque septembre 2018. Structurellement aussi, la zone euro est incapable de maintenir les performances actuelles. Sur le long terme, le potentiel de croissance d’un pays ou région dépend de deux facteurs : la démographie et la productivité.
Or, le profil démographique de la zone euro est loin d’être idéal. Les taux de natalité sont très réduits et dans certains pays, le pic du nombre d’actifs est tout proche, voire même derrière nous. Si rien ne change, l’effet de la démographie sur le potentiel de croissance sera, dans le meilleur des cas, légèrement positif, voire neutre. Dans le pire des scénarios, son impact sera largement négatif, et la croissance dépendra alors presque exclusivement des gains de productivité. Et là, les gains à espérer sont limités. Depuis 2000, la productivité horaire du travail augmente de 1% par an en moyenne. Certes, les réformes du marché de travail ou les mouvements migratoires peuvent permettre de modifier le profil démographique de la main-d’œuvre. Et les nouvelles technologies, l’investissement et l’innovation sont connus pour leur capacité à promouvoir la productivité. Il n’en demeure pas moins qu’il est illusoire d’espérer que la zone euro conserve durablement un rythme de croissance similaire au rythme actuel.

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