Analyse
Hanzevast en faillite ? il y a 3 ans - jeudi 7 août 2014

Restera-t-il quelque chose pour les détenteurs du certificat maritime ?

Fin mai, l’émetteur du certificat maritime Hanzevast CS1 annonçait vouloir faire une offre sur ses certificats. Mais à présent, il semble que les investisseurs ne reverront rien de leur mise ! L’émetteur a introduit une demande de mise en faillite.

 

Petit retour en arrière

Les détenteurs du certificat maritime Hanzevast CS1, introduit en Bourse en mai 2008 au prix de 1 000 EUR pièce, n’ont décidément retiré aucune satisfaction de leur placement.
Ce certificat maritime, comparable à un certificat immobilier, avait pour raison d’être de rassembler les fonds confiés par les souscripteurs, pour financer l’achat de deux gros navires et les exploiter ensuite.
Par la suite, les détenteurs du certificat auraient dû percevoir chaque année une partie du revenu de l’exploitation des bateaux, sous la forme d’un coupon. Plus tard encore, ils auraient perçu leur part lors de la revente des bateaux.
Lors de l’introduction en Bourse, les émetteurs ont promis monts et merveilles. Mais nous avons toujours été sceptiques et n’avons jamais conseillé d’investir dans ces certificats. Car les rendements possibles annoncés nous paraissaient tout à fait exagérés, compte tenu de l’effet des surcapacités sur les tarifs de transport.

Il s’est rapidement avéré que nous avions raison. Hanzevast n’a pas pu tenir ses promesses. Le premier coupon (le seul qui fût jamais payé) se révéla déjà bien inférieur aux prévisions. Les années suivantes, Hanzevast sombra dans des problèmes de liquidités. Les frais fixes liés à l’usage des bateaux étant assez élevés, il ne restait pas assez d’argent pour payer les intérêts sur les prêts hypothécaires (l’achat des bateaux avait été financé par des crédits auprès de Rabobank). Pas assez non plus bien sûr pour payer des coupons aux détenteurs des certificats ! Rabobank a accordé plusieurs fois des délais de paiement à Hanzevast, à condition qu’un des deux bateaux soit vendu. Mais vu les mauvaises conditions de marché, une telle vente n’a jamais pu avoir lieu.

Fini pour de bon

A la fin du mois de mai dernier, l’émetteur a annoncé qu’il avait l’intention de faire une offre sur les certificats en circulation… à 7,50 EUR pièce !
Suite à cette annonce, le cours du certificat, qui avait chuté alors jusqu’à 0,36 EUR, s’est redressé (dans un contexte de très faibles volumes, il est vrai), pour atteindre le prix de l’offre évoquée (7,50 EUR) et même davantage (9 EUR).
Mais le 18 juillet, la cotation du certificat a été suspendue.
Et le 23 juillet, on apprenait que Rabobank mettait fin à toute facilité et réclamait son argent.
Pour l’émetteur, dans de telles conditions, il n’y a donc pas d’autre issue que la demande de faillite.
Lorsque cette faillite sera officiellement actée (un scénario plus que probable), la cotation boursière du certificat cessera définitivement.
Les détenteurs de ces certificats devront alors accepter qu’ils ne récupéreront plus un seul centime de leur investissement.

 

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