Analyse
Chute des marchés : nos conseils pour votre portefeuille peu risqué il y a 3 ans - jeudi 16 octobre 2014

Après plusieurs années de hausse, les Bourses se font volatiles. Face à des indicateurs peu rassurants quant à la vitalité de la reprise économique mondiale, les investisseurs sont tentés de prendre leur bénéfice.

Depuis début 2014, les Bourses européennes ont cédé en moyenne 5 %. Et pour l’européen qui a investi en actions américaines, si son rendement reste positif, c’est uniquement grâce à la hausse du dollar.
Face à ces perspectives d’avenir de plus en plus difficile, si vous souhaitez un portefeuille peu risqué, composé de fonds, optez pour
notre portefeuille défensif sur 5 ans.
Si vous le complétez d’actions individuelles, nous vous conseillons en outre particulièrement huit actions.


Accenture bénéficie de revenus récurrents (grâce à des contrats de long terme) et d’une bonne diversification géographique de son portefeuille de clients.
AT&T reste en position dominante sur le marché américain de la téléphonie mobile et bénéficie d’une bonne fidélité de sa clientèle.
bpost mène une stratégie de contrôle des coûts pour générer des liquidités régulières.
Chevron demeure financièrement solide, peu endetté et génère des liquidités régulières.
Domino Printing parvient à assurer la croissance régulière de ses revenus et de ses liquidités et à fabriquer à la demande, tout en fonctionnant sur des marchés en croissance.
Gimv investit dans des sociétés prometteuses sur le long terme et dégage sur ses cessions de belles plus-values qui lui permettent de payer un beau dividende.
GTT est en quasi-monopole sur un marché en croissance.
Sage vise les PME, bénéficie de la fidélité de ses clients, propose une offre enrichie et se montre prudent dans son internationalisation.

 

Liquidités abondantes, réductions de coûts

Les Bourses sortent d’une période faste, au cours de laquelle elles ont été dopées par les injections de liquidités des banques centrales, mais aussi favorisées par la capacité des entreprises à accroître leurs marges bénéficiaires, grâce aux réductions de coûts.
Mais à présent, les marchés font face aux limites de ces stimulants. La Réserve fédérale américaine réduit son programme d’injection de liquidités et procédera, à terme, à une première hausse des taux directeurs. Et s’il est vrai que d’autres banques centrales (Europe, Japon) offriront encore des liquidités abondantes, c’est la Fed qui concentre l’attention.
Ensuite, après des années de réductions de coûts et de retenue dans les investissements, les entreprises en sont arrivées à un point auquel la marge de manœuvre pour poursuivre cette stratégie est réduite. Bref, pour que les entreprises soient en mesure de croître, il faut que l’économie reparte, pour relancer les ventes. Or, sur ce front, les nouvelles sont plutôt décevantes.

 

Zone euro : stagnation

La zone euro continue de faire la part belle à l’austérité, poussée dans cette voie par l’Allemagne. Elle se trouve dans une période de stagnation dont l’Allemagne elle-même ne sort pas indemne. La production industrielle et les exportations allemandes ont chuté lourdement en août. Une nouvelle récession semble probable. Malgré cela, les autorités allemandes poussent l’assainissement des comptes publics à l’extrême. Cette même austérité est imposée à l’ensemble de la zone euro. Et les résultats sont loin d’être probants : la France stagne depuis des années, l’Italie est en récession, en Espagne, en Belgique et dans la plupart des autres pays, la croissance reste insuffisante pour compenser les méfaits d’années de crise ou pour relancer l’emploi. En outre, le système financier européen est très affaibli. Selon le FMI, 70 % des grandes banques de la zone euro ne disposent pas d’un muscle financier suffisant pour fournir à l’économie le crédit nécessaire à la reprise. La BCE fait ce qu’elle peut, en inondant les banques de crédit. Mais, face au piètre état de santé du secteur et au manque de confiance des ménages, l’impact sur l’économie réelle reste limité. Malgré les efforts de la BCE, la zone euro reste condamnée à des années de faible croissance. De quoi nous inciter à rester à l’écart des Bourses européennes. Y compris d’ailleurs pour la Bourse belge, certes en légère baisse depuis le début de l’année, mais dont la plupart des critères d’évaluation (rapport cours / bénéfice, rapport cours / valeur comptable) révèlent qu’elle est plus chère que ses consoeurs européennes. Seules quelques valeurs trouvent grâce à nos yeux (Axa, GTT, Melexis…). Il s’agit souvent d’entreprises bénéficiant d’une belle diversification géographique ou présentes sur des marchés plus dynamiques.

 

Pays émergents : fin d’une époque

Les pays émergents n’assument plus le rôle de moteur. Certes en Chine et en Inde, la croissance reste élevée. Mais en Chine, le boom du crédit et les signes de faiblesse inquiètent les marchés. En Inde, tous les espoirs reposent sur le nouveau premier ministre et sa capacité à réformer le pays, mais cette tâche n’aura rien d’évident. En outre, le ralentissement de la demande chinoise pour les matières premières pèse sur les cours de ces dernières, ainsi que sur la croissance de bien d’autres pays : le Brésil est entré en récession, la Russie, le Mexique et l’Afrique du Sud affichent des taux de croissance décevants. Le ralentissement de la demande asiatique touche aussi le secteur du luxe (LVMH, Burberry….). Toutefois, si la plupart des pays émergents ne retrouveront pas les beaux chiffres de croissance d’un passé récent, bon nombre d’entre eux restent dynamiques, gardent un bon potentiel et demeurent présents dans nos portefeuilles.

 

USA : croissance importante, mais fragile

Les USA semblent faire plutôt belle figure : au deuxième trimestre, la croissance économique y a atteint 4,6 % et le taux de chômage est tombé à 5,9 %. Mais ces bons chiffres, réalisés dans le cadre une politique monétaire expansionniste et de déficits budgétaires de plus de 5 % du PIB, en cachent d’autres, plus inquiétants. Si l’emploi a repris, le taux de participation est au plus bas depuis 1978 (62,7 % seulement). Quant au revenu du ménage moyen, il est au même au niveau qu’il y a 20 ans et en recul de près de 8 % par rapport à 2007. Autant dire que la capacité des ménages américains à consommer toujours davantage semble compromise. Néanmoins, bien que des doutes persistent sur la vitalité de la reprise, l’économie américaine reste la plus dynamique des pays industrialisés. Et si nous avons réduit notre exposition à ce marché (encore en septembre dernier), c’est en maintenant en portefeuille des actions américaines et des obligations en dollar.

 

Krach ?

Selon nous, le scénario du gros krach boursier n’est pas inéluctable. Car la valorisation des marchés n’est pas excessive et parce que les entreprises, restructurées, dégagent une forte rentabilité et continueront à rémunérer leurs actionnaires via des dividendes et des rachats d’actions (qui offrent des rendements largement supérieurs aux placements à taux fixes)
Néanmoins, le rapport cours / bénéfice est de 15 pour le marché européen et de 18 aux USA, alors que leur moyenne historique est respectivement de 13 et 16. Si ces niveaux ne sont pas excessifs, ils sont suffisants pour que l’une ou l’autre mauvaise nouvelle fasse surréagir les Bourses. Pour l’heure, nous tablons donc sur une fin d’année plus volatile, avec un danger plus grand pour les plus petites capitalisations.

 

Opportunités

Compte tenu du faible niveau des taux d’intérêt, nous pensons que les investisseurs continueront de considérer les moments de correction comme des opportunités.
Dans cette optique, privilégiez les valeurs de qualité, trop sanctionnées en Bourse : Intel, Axa, General Electric, AT&T, Vodafone, Gimv, Melexis
A contrario, restez à l’écart des titres et secteurs à la mode dont les cours sont souvent trop élevés : Facebook, Alibaba.

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