Analyse
Deutsche Bank : la crise persiste il y a un an - jeudi 26 mai 2016

La banque allemande poursuit sa restructuration. Mais le succès de son exécution est menacé, notamment par des facteurs externes au groupe.

La déprime du cours démontre à quel point les marchés doutent de la capacité du groupe à se redresser et à atteindre ses objectifs. Nous partageons ces interrogations et tablons pour 2016 sur une perte de 0,50 EUR par action.
VENDEZ CETTE ACTION. NOUS NE LA SUIVRONS PLUS.

 

Pessimisme justifié

La Deutsche Bank a beau tenter de se restructurer, les marchés n’y croient pas : sur ces 12 derniers mois, le cours a chuté de 46 %, alors que le secteur bancaire européen ne perdait que 30 %. L’action se négocie à ±0,5 fois les fonds propres (contre 0,8 fois pour le secteur européen).

 

Panne de croissance

Pour tenter de trouver la croissance, Deutsche Bank se focalise sur la banque d’investissement. Or, celle-ci perd des parts de marché (au profit de banques américaines) et est freinée dans son essor et sa rentabilité par la sévérité croissante de la régulation. De quoi creuser la différence avec les concurrents UBS et Crédit Suisse (qui ont de fortes positions en banque privée) ou BNP Paribas, Santander et KBC, bien positionnés en banque de détail.

 

Charges en hausse

Pour d’incessants litiges, la banque subit de lourdes charges (encore appelées à croître). Et elle devra aussi de plus en plus supporter le coût élevé de sa restructuration en cours (cessions d’actifs, réductions d’effectifs…).

 

Fragilité

Le manque de croissance des revenus et le poids élevé des coûts fragilisent la structure financière. Le core tier 1 (rapport entre les fonds propres et les actifs, pondéré par le risqué) se limite à 10,7 %, alors que la moyenne du secteur bancaire européen est de 12 % et devrait atteindre 12,25 % d’ici 2019.
Si l’activité se dégrade encore, le groupe pourrait à nouveau devoir renforcer ses fonds propres, par une augmentation de capital.

 

Cours au moment de l’analyse : 16,10 EUR

 

Deutsche Bank est la première banque privée allemande. Elle est principalement présente en banque d’investissement (conseils aux entreprises, trading…), mais aussi en banque de détail et en gestion de patrimoine.

 

Partagez cet article