Analyse
La Bourse de Bruxelles face au Brexit il y a un an - vendredi 24 juin 2016

Le marché belge n’a évidemment pas échappé à la panique boursière issue de l’annonce du Brexit.

Certes, comme le Bel 20 avait bondi en début de semaine, son recul hebdomadaire est relativement limité. Mais c’est néanmoins la panique et il faudra probablement plusieurs semaines avant de voir les cours se stabiliser. Quant aux conséquences réelles et précises du Brexit sur les actions belges, elles sont difficiles à déterminer. Dans l’attente d’y voir plus clair, nous vous fournissons néanmoins quelques indications, sur base de ce qui est connu jusqu’ici.

– Les SIR vont probablement encore profiter d’un effet « valeur refuge ».
Achetez Ascencio, Befimmo et VastNed Retail Belgium.

– Au niveau des effets de change, mis à part les banques et les assureurs, les valeurs belges sont globalement peu exposées à la livre sterling.
Certes, certaines réalisent une part significative (plus de 5 à 10 %) de leur chiffre d’affaires au Royaume-Uni. C’est le cas de :
Ontex (conservez), Van de Velde (achetez), Agfa-Gevaert (achetez), Ageas (conservez), Recticel (vendez) et Lotus Bakeries (vendez).
Mais elles sont relativement protégées de l’effet de change négatif, soit parce que leurs coûts opérationnels locaux deviendront ainsi moins lourds une fois convertis en euro, soit parce qu’elles ont prévu des instruments de couverture dérivés. Aussi mis à part Recticel, l’impact sur le bénéfice devrait resté très limité (tout au plus 2 ou 3 %). D’autant plus que le Brexit entraine aussi l’euro vers le bas face au yen et au dollar. Ce qui, dans ce cas, est de nature à favoriser la compétitivité de leurs produits exportés.

–  Dans le secteur bancaire, l’impact réel à prévoir reste à mesurer.
Mais outre l’exposition directe des banques via leurs activités au Royaume-Uni, la grande question est la solvabilité. Outre l’effet devise, l’arrivée à la rescousse des banques centrales (pour stimuler les marchés) pourrait encore un peu plus plomber les taux, avec des conséquences négatives sur les rentabilités.
Même si la solidité d’Ageas et KBC est assez rassurante, ne conservez que si vous êtes conscient du risque (4 depuis le début de la crise en 2008).
Ageas (conservez) a retiré (au 1er trimestre) du Royaume-Uni 15 % de ses primes et 12 % de son bénéfice des assurances ; environ 10 % de ses fonds propres sont liés aux activités britanniques ; l’impact du Brexit sera donc réel, même s’il ne doit pas être exagéré. Car l’assureur est bien capitalisé et est assis sur une montagne de cash.
KBC (conservez) a une importante division en Irlande ; au 1er trimestre 2016, elle comptait pour 5 % des revenus nets d’intérêts et pour un petit 6 % du bénéfice du groupe ; les actifs irlandais comptent pour presque 9 % des actifs totaux (pondérés par le risque) et presque 8 % du capital sont consacrés aux activités irlandaises ; ici aussi donc, le Brexit se fera sentir, mais sans qu’il faille pour autant paniquer. Car la KBC reste une des banques les mieux capitalisées d’Europe.

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