Analyse
Peugeot et Renault face au Brexit il y a un an - jeudi 30 juin 2016

Ces deux constructeurs auto français réalisant une part importante de leur activité outre-Manche, ils figurent parmi les principales victimes potentielles du Brexit.

Nous réduisons nos prévisions de bénéfice par action pour Peugeot et Renault.
Et bien que leur cours ait baissé ces derniers mois, compte tenu de l’incertitude liée au Brexit, nous n’en conseillons pas l’achat.
Mais vous pouvez conserver les deux titres.

 

Moins de ventes

En décidant de quitter l’Union européenne, le Royaume-Uni se dirige vers une récession, ou du moins un ralentissement de son activité économique. Cela va déboucher, entre autres, sur un recul des achats de voitures. Selon l’estimation du cabinet de recherche IHS Automotive, en 2017, les ventes de voitures au Royaume-Uni devraient reculer de ±8 %. Un coup dur pour Peugeot (PSA) qui occupe au Royaume-Uni une part de marché de 8,5 %, et pour Renault dont la part de marché est de 10 % (ventes de son allié Nissan incluses).

 

Effet de change négatif

Les constructeurs auto vont aussi pâtir de la chute de la livre sterling induite par le résultat du vote sur le Brexit. PSA ne produisant pas localement (et ne bénéficiant donc pas d’une baisse de ses coûts, une fois convertis en euro), il subit de plein fouet la chute de la livre, qui réduit son résultat (en euro). Cela pourrait le forcer à relever ses prix de vente, pour préserver sa rentabilité. Mais avec le risque de voir se réduire ses volumes vendus et sa part de marché, compte tenu de la forte concurrence. Renault est moins exposé à l’effet de change grâce à l’implantation de sa filiale Nissan, à Sunderland. Mais, selon nous, son résultat opérationnel 2017 pourrait malgré tout reculer de 10 % (par rapport à notre prévision actuelle pour 2016).

 

Incertitude

Certes, l’impact réel du Brexit sur le résultat des constructeurs auto dépendra des négociations de nouvel accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (droits de douane ?...). Mais cet accord n’est pas pour demain. Dans l’attente, l’incertitude qui régnera sera néfaste aux résultats des constructeurs français.

 

Cours au moment de l'analyse :
Peugeot : 11,07 EUR
Renault : 68,33 EUR

 

Le français PSA Peugeot Citroën est le deuxième constructeur européen. Au niveau mondial, sa part de marché est proche de 4 %. Ses ventes en dehors de l’Europe ont représenté en 2015 37% de ses ventes totales.

 

Le constructeur automobile français Renault vend 2/3 de ses voitures en Europe et 45 % en France. Sa part de marché est de 9 % en Europe et de 3,7 % au niveau mondial. Il est le premier actionnaire du japonais Nissan avec 44,4 % du capital, lequel détient lui-même 15 % du français.

 

Partagez cet article