Analyse
Les actions de mines d’or gardent du potentiel il y a un an - jeudi 27 octobre 2016

Tout indique qu’elles seront les championnes de l’année en cours.

Le secteur reste intéressant pour diversifier un portefeuille de fonds.
Mais ces actions se comportent parfois de manière sportive !
Notre préférence va au fonds
LO World Gold Expertise, au tracker Sprott Gold Miners ETF et à Tocqueville Gold, dont les portefeuilles misent surtout sur le Canada avec en tête des valeurs comme Randgold Resources, Agnico Eagle Mines, Detour Gold et Torex Gold.

 

Tout dépend depuis quand

Ceux parmi vous qui ont investi dans des mines d’or comme Anglogold Ashanti, Barrick Gold, Goldcorp, Newmont Mining, etc, peuvent exulter : du 1er janvier à fin septembre, le secteur a gagné 81 % en moyenne (avec des performances encore meilleures pour certaines actions ; +134 % pour Alamos Gold, +221 % pour Endeavour Mining, +223 % pour Harmony Golds….). C’est d’autant plus remarquable que depuis leur sommet de la mi-août, les cours ont baissé de 16 %. Ce rally est évidemment une excellente nouvelle. Mais cela ne veut pas dire que tous les détenteurs d’actions de mines d’or ont la mine réjouie. Cela dépend du moment auquel ils ont investi. Car le récent sprint du secteur fait suite à un long calvaire : en 2015, -15 % (-7 % pour un panier d’actions internationales); en 2014, -14 % (+18 %); en 2013, -54 % (+16 %); en 2012, -14 % (+16 %).

 

Il faut surtout parler de rattrapage

Précédemment, les actions de mines d’or ont été massacrées. Plus personne ne s’intéressait à leurs chiffres. Qu’elles fussent bénéficiaires ou pas, grandes ou petites, qu’elles produisent de l’or seulement ou de l’or et de l’argent, qu’elles soient situées dans des zones de conflit ou pas, tout le secteur était honni. A cause d’un climat négatif dû lui-même à certains mauvais résultats, à l’évolution hésitante du prix de l’or (en dollar), à des fusions et acquisitions démesurément chères, à des problèmes de rentabilité, à des coûts et un endettement trop élevés, etc. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Certaines actions de mines d’or ont été propulsées vers les cimes sans raison valable. Il est souvent difficile d’expliquer pourquoi la mine A se comporte mieux en Bourse que la mine B, surtout quand la seconde publie de meilleurs résultats que la première. Mais aux yeux des investisseurs, c’est tout le secteur qui est enveloppé d’une aura positive. Il est vrai que les mines d’or ont réduit leurs coûts et leur endettement, vendu certaines activités non cruciales, amélioré leur rentabilité et mis l’accent sur la production et la qualité de celle-ci. Elles ont aussi amélioré leur santé financière et négocié plus adroitement leurs contrats de livraison (en vendant moins d’or à un prix convenu d’avance), ce qui leur permet de profiter davantage de l’évolution du prix du métal jaune. Cette situation permet aux mines d’investir dans les infrastructures et de prospecter davantage. L’évaluation boursière du secteur est aujourd’hui relativement intéressante sur la base des rapports cours/valeur comptable et cours/cashflow. Ajoutez-y une petite dose de spéculation et des rumeurs de fusions et acquisitions, vous avez tous les ingrédients pour attirer de plus en plus d’investisseurs.

 

Pas un must

Fondamentalement tout cela se justifie et on peut même tabler sur une poursuite de la hausse des cours. Mais la hausse récente est à nuancer. Car il faudrait que les cours doublent pour revenir à leur sommet historique de 2010 (alors que pour la moyenne mondiale des actions, il suffirait de 8 % pour retrouver le sommet de 2015).Mais si on considère la santé financière du secteur, les résultats attendus, le prix du métal jaune et le climat économique (taux d’intérêt plancher, voire négatifs, Brexit, élections américaines...), il faut admettre que plusieurs facteurs jouent en faveur des mines d’or. Ces actions peuvent toujours être achetées par ceux qui cherchent à diversifier leur portefeuille à long terme. Le repli constaté depuis la mi-août, est une opportunité. Attention, le secteur des mines d’or n’est pas une réelle composante de notre portefeuille-type. N’envisagez un achat que si votre portefeuille est déjà bien diversifié par ailleurs.

 

Soyez attentifs à certains critères

– La plupart des fonds d’actions de mines d’or tablent sur les grands noms du secteur. Ces mines seniors travaillent en général sur plusieurs sites dans différents pays et leur capitalisation boursière est en général élevée, si bien que leur négociabilité ne pose aucun problème. Cela vaut pour Barrick Gold, Goldcorp, Newcrest Mining et Randgold Resources, des valeurs que l’on retrouve dans les portefeuilles de BlackRock GF World Gold et de Market Access NYSE Arca Gold Bugs.
– Par contre, des fonds comme Placeuro Gold Mines et VanEck Vectors Junior Gold Miners s’intéressent davantage aux mines de plus petit taille, soit des entreprises présentant plus de risque et dont l’activité se limite généralement à un site. Si l’évolution du cours des mines d’or est plutôt sportive, c’est encore plus vrai pour les juniors comme Alamos Gold, Asanko Gold, Guyana Goldfields et Royal Gold.
Nous sommes partisans des fonds combinant à la fois les investissements dans les grands noms du secteur et des placements dans les acteurs de plus petite taille..

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