Analyse
Les actions des banques et des assureurs progressent nettement en Bourse il y a 8 mois - mardi 31 octobre 2017
Faut-il prendre le train en marche ?

Depuis quelques mois, les valeurs financières européennes enregistrent une belle progression en Bourse. Sur les 12 derniers mois, les épargnants qui ont conservé leurs fonds investis dans ce secteur ont dégagé un rendement de 20% en euro. Dix ans après le début de la crise financière, faut-il dès lors à nouveau investir dans les actions des sociétés du secteur financier ? Pas encore selon nous. Car la remontée du secteur en Bourse gomme une grande partie des sous-évaluations. Compte tenu du potentiel de croissance des résultats et de l’environnement sectoriel, conservez les fonds investissant sur le secteur financier. Mais il est trop tôt pour acheter.

Un secteur en meilleure santé

Banques et assureurs ne ménagent pas leurs efforts pour améliorer leur rentabilité et leur solidité après les années de crise.

Vous l’avez certainement remarqué, de plus en plus d’opérations bancaires se font maintenant via internet et ne nécessitent plus de se déplacer à un guichet. A l’instar d’ING, BNP Paribas, Barclays ou Santander, les institutions financières réduisent leurs coûts en taillant dans leur réseau, au prix d’une lourde casse sociale. Les activités plus spéculatives comme les opérations sur les Bourses ont également été mises au régime, quand elles n’ont pas été en partie démantelées ou vendues.

Le recentrage sur les activités plus rentables est également en cours à la Société Générale (vente partielle du leasing automobile), chez UBS et au Crédit Suisse (recentrage sur la gestion de fortune), chez Barclays (vente des activités de banque de détail en Europe continentale) et chez Axa (où l’on envisage la sortie de la gestion d’actifs)…

Si beaucoup reste à faire pour nettoyer les comptes (surtout dans le sud de l’Europe), les banques européennes ont réduit et continuent de réduire le volumes de leurs crédits non remboursés par leurs clients. Ces crédits à problèmes conduisent à des manques à gagner et des coûts plus lourds.

Trimestre après trimestre, la hausse des profits permet aux banques et aux assureurs d’afficher une meilleure solidité de leur bilan. Bien qu’imparfaits, les tests de solidité auxquels ces institutions sont soumises indiquent qu’elles sont maintenant plus à même de résister à des chocs économiques et financiers.

Tout n’est pas réglé

Les profits des banques sont et restent fort dépendants du niveau des taux d’intérêt. La différence entre le taux auquel elles prêtent de l’argent (crédits) et le taux auquel elles collectent l’argent (épargne) se contracte, mettant sous pression la rentabilité des activités de crédits. La persistance des taux bas pèse également sur la marge des assureurs. Compte tenu de nos attentes en matière de taux, nos prévisions de croissance bénéficiaire pour 2017 et 2018 demeurent donc prudentes.

La concurrence entre banques et assureurs ainsi que le peu de différences que font les clients des grandes institutions traditionnelles entre les services proposés limitent leur capacité à augmenter les tarifs et donc à augmenter leur rentabilité.

Et maintenant ?

Dix ans après la crise financière, le secteur financier européen nous semble plus solide et plus à même de résister aux chocs. Il s’est restructuré en se concentrant sur ses activités clés, ce qui est une bonne chose pour les actionnaires. De plus, nous sommes relativement confiants dans sa capacité à croître, le contexte économique étant plus favorable dans la zone euro. Cela veut dire plus de crédits octroyés (immobilier, consommation), plus d’investissements de la part des entreprises et moins de (coûteux) défauts pour non-remboursement de crédits. Nous ne tablons toutefois ni sur une accélération durable de la croissance économique de la zone euro, ni sur une hausse des taux d’intérêt à brève échéance. Enfin, le secteur reste sensible aux chocs externes comme une crise politique, une crise financière...

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