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Trackers : quel intermédiaire répond le mieux à vos attentes ? il y a 11 jours - mercredi 6 décembre 2017
La qualité du service varie d’une banque à l’autre.

Où acheter ses trackers ?

Tout dépend de ce que vous attendez de l’intermédiaire : doit-il être le moins cher ? Proposer le plus large choix ? Donner des conseils ? Proposer des aides au choix ? Examinons ensemble ce qu’offrent six intermédiaires chez qui beaucoup d’entre vous sont clients et qui font de nombreux efforts pour mettre à la disposition de leur clientèle un large éventail de trackers et une information détaillée : BinckBank, Bolero, DeGiro, Deutsche Bank, Keytrade Bank et MeDirect.

Avant de commencer, attention aux frais

Faites bien la distinction entre les frais de courtage (à l’achat et à la vente) et les frais de garde annuels (lorsque vous déposez vos trackers sur un compte-titres).
Frais de courtage
Ces frais dépendent à la fois de la taille de votre ordre et du marché sur lequel est coté le tracker convoité. Acheter sur Euronext Paris est moins cher qu’acheter à Londres. L’intermédiaire le moins gourmand est DeGiro. Pour acheter le tracker Lyxor Bel 20 UCITS ETF coté sur Euronext Bruxelles, il vous en coûtera 0,25 euro + 0,04 %. Un ordre de 5 000 euros revient donc à 2,25 euros. Mieux : pour 741 trackers différents, il n’y a pas de frais du tout. Mais vous ne pouvez en bénéficier qu’une fois par mois. Le même ordre chez BNP Paribas Fortis revient à 30 euros (tarif internet), chez Bolero et Keytrade Bank à 15 euros, chez BinckBank à 9,75 euros et chez MeDirect à 7,50 euros.
Frais de garde
Seules les grandes banques et Deutsche Bank (8 euros par tracker) comptent ce type de frais. Les autres intermédiaires cités ici n’en demandent pas.

Une offre fort différente

Le tableau ci-dessous vous indique combien de trackers provenant de combien d’émetteurs vous pouvez acheter auprès des six intermédiaires que nous avons retenus, ainsi que le nombre des marchés sur lesquels ces trackers sont cotés. Exemple : MeDirect propose 214 trackers provenant de 15 émetteurs et cotés sur 6 marchés. L’offre la plus large est le fait de BinckBank, de Bolero, de DeGiro et de Keytrade Bank. Les possibilités s’y comptent en milliers. Les autres intermédiaires sont moins prolifiques. Ils ne font d’ailleurs pas mystère de leur intention de maintenir leur offre dans certaines limites. 

Intermédiaires trackers

BinckBank et Keytrade Bank sont des cas particuliers

En cliquant sur « trackers » sur leur site internet, vous obtiendrez une liste non exhaustive des trackers les plus négociés ainsi que des trackers cotés sur Euronext. Toutefois, en approfondissant vos recherches, vous découvrirez qu’en réalité vous pouvez acheter des milliers de trackers auprès de ces institutions, pour autant qu’ils cotent sur une Bourse pour laquelle le broker auto-rise des transactions. Attention, les trackers appartenant à la liste étendue ne peuvent être sélectionnés que par leur ticker (= leur code boursier), leur code ISIN ou leur nom.

Documentation : peut mieux faire

Cela nous a étonnés : la documentation habituellement requise pour les fonds n’est pas disponible partout : prospectus, rapports (semestriels et annuels) et surtout ce qui constitue l’essentiel de ce dont l’investisseur a besoin, le KIID (pour « Key Investor Information Document », en français « prospectus simplifié »). Ce document de deux pages reprend tout ce qui est important à savoir : objectif de placement, niveau de risque, coûts et des choses aussi pratiques que le marché de cotation ou la banque dépositaire. Ces informations à nos yeux essentielles ne sont disponibles que chez Bolero, MeDirect et Deutsche Bank. Circonstance aggravante : elles ne sont parfois disponibles qu’en anglais.
Cette situation évoluera dès l’an prochain. A ce moment, le KIID devra être disponible partout, notamment sur les sites des intermédiaires financiers.

Qui cherche trouve (en principe)

Nous considérons qu’un moteur de recherche élargie est un plus pour tout le monde. Cela permet à l’investisseur de sélectionner le tracker qu’il recherche au départ du ou des critères à ses yeux les plus importants. Comme vous pouvez le voir dans le tableau, certains intermédiaires sont plus généreux en informations que d’autres.
Tous les sites permettent de faire des recherches au départ du code ISIN ou du ticker (à nos yeux la meilleure méthode) et du nom. Attention : souvent, le nom que vous encodez doit être exactement le même que sur le site ou en reprendre exactement une partie.
Imaginons que vous soyez à la recherche d’un tracker d’obligations d’Etat émis par Amundi, coté sur Euronext Paris et distribuant un dividende : vous pouvez encoder toutes ces exigences chez Bolero, Deutsche Bank et Keytrade Bank (pour les 1 094 trackers dont question plus haut, pas pour les autres). Si en plus vous voulez avoir la certitude que le tracker qui vous est proposé investit physiquement en obligations d’Etat et pas synthétiquement, via des produits dérivés, seuls Bolero et Deutsche Bank vous permettent de trouver cette information. Ces deux intermédiaires sont au top en la matière. MeDirect, qui fait du beau travail en matière d’information officielle, est moins performant lorsque les informations recherchées sont plus spécifiques. Binck-Bank, DeGiro et Keytrade Bank (pour les trackers cotés sur d’autres marchés qu’Euronext) sont carrément décevants sur ce plan.

Quel intermédiaire choisir ?

Si vous mettez surtout l’accent sur les coûts et l’importance de l’offre, ne cherchez plus : DeGiro est incontournable sur ces deux plans. L’offre n’y est nulle part ailleurs aussi large, ni les coûts aussi modestes. C’est l’intermédiaire idéal pour l’investisseur bien informé qui sait exactement ce qu’il veut. N’attendez par contre pas grand-chose du moteur de recherche, il risque de vous décevoir. Un conseil, travaillez avec les codes ISIN ou le ticker pour passer un ordre. DeGiro a en effet la désagréable habitude de proposer des morceaux d’appellation. Les autres intermédiaires font nettement mieux et leur moteur de recherche est nettement mieux outillé. Comme dit plus haut, Bolero et Deutsche Bank sont excellents sur ce plan.
Si vous voulez des conseils personnalisés en agence, seule Deutsche Bank est en mesure de répondre à votre attente. Les autres intermédiaires dont question dans cet article fonctionnent surtout comme des plateformes de transactions.

L’exception Argenta

Certains de nos lecteurs sont clients chez Argenta. Ils nous ont fait savoir qu’ils ont tenté d’y acheter des trackers, sans succès. Argenta offre pourtant une large gamme de produits : actions, obligations, fonds. Mais pas de trackers. Pourquoi ? La réponse d’Argenta tient en quelques mots : « trop complexe ». La banque dit ne pas suivre ce marché. Elle ajoute que ce produit n’est pas indiqué pour tout le monde. En fait, dit-on chez Argenta, le mot « tracker » cache une multitude choses, de la plus simple à la plus complexe sans que ce soit bien clair pour tous. Argenta est la seule banque à avoir cette vision extrêmement stricte. A notre avis, cela revient à priver ses clients d’une alternative intéressante aux produits classiques. 

 

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