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Tracker physique ou tracker synthétique ? il y a 3 mois - mercredi 26 juillet 2017
Certains trackers n’investissent pas directement dans les actifs composant leur indice de référence.

De quoi est composé le portefeuille de Lyxor MSCI Indonesia UCITS ETF, le tracker que nous conseillons aux fans de la Bourse de Djakarta ? Non pas d’actions indonésiennes comme on pourrait le croire. Mais essentiellement d’actions de la zone euro comme Ahold Delhaize, Banco Santander, Daimler, Siemens, etc. Pourquoi ? Parce que cet investissement sert de garantie et de moyen de paiement au produit dérivé qui doit à son tour faire en sorte que le tracker suive de près l’indice MSCI Indonesia.

Au plus près d’un indice

La quasi-totalité des gestionnaires de trackers a pour objectif de refléter au plus près l’évolution de leur indice de référence. Ni plus, ni moins. Les gestionnaires d’iShares Core S&P 500 UCITS ETF visent à reproduire l’évolution de l’indice des 500 principales actions américaines, le S&P 500; ceux de XACT OMXS30 celle de l’indice des 30 principales actions suédoises, l’OMX Stockholm 30. Cette manière d’investir, dont le but est seulement d’égaler la prestation d’un indice, est dite passive (alors que les autres fonds travaillent de manière active dans le but de faire mieux que leur indice de référence, mais sans toujours y parvenir). Dans les procédés utilisés par les gestionnaires de trackers pour refléter leur indice de référence, il faut faire la différence entre deux approches, la réplique physique et la réplique synthétique. Pour savoir si un tracker est du premier ou du second type, consultez le prospectus ou la fiche technique du produit.

TRACKER PHYSIQUE
C’est la méthode la plus simple : pour coller autant que possible à un indice de référence, le gestionnaire du tracker en achète (presque) toutes les composantes.

Portefeuille
Prenons l’exemple de SPDR MSCI Europe Utilities UCITS ETF. Le portefeuille de ce tracker comprend les 21 actions qui composent l’indice MSCI Europe Utilities, en ce compris le top 3 : National Grid (15% de l’indice), Iberdrola (14%) et Enel (13%). Ce n’est évidemment pas le fait du hasard. Chaque fois que la composition de l’indice change, les gestionnaires s’alignent, en plus de leur travail habituel : gérer les flux financiers du portefeuille (dividendes, coupons, intérêts…) et les mouvements de caisse (entrées et sorties de capitaux).

Transparence
La composition exacte du portefeuille du tracker est publiée sur le site de chaque gestionnaire.

Risque de contrepartie
Le risque de voir défaillir une contrepartie financière avec laquelle un contrat est en cours est minime. Ce genre de chose peut se produire lorsque des titres sont prêtés à un tiers et qu’ils ne sont pas restitués dans le délai prévu. Mais même dans un tel cas il y a des mécanismes de sécurité. Tous les gestionnaires de trackers ne se livrent pas à de telles pratiques.

Frais
A côté des frais courants (gestion, administration), déduits de la valeur d’inventaire du tracker, il faut tenir compte des frais liés aux opérations d’achat et de vente de titres au sein du portefeuille du tracker.

TRACKER SYNTHÉTIQUE
Le gestionnaire d’un tracker synthétique réplique l’évolution de l’indice de référence sans investir directement dans les composantes de cet indice.

Portefeuille
Au lieu d’acheter les titres composant leur indice de référence, les gestionnaires se constituent un portefeuille d’actions et d’obligations de qualité destiné à servir de garantie pour une opération de swap avec une banque d’investissement. Un swap (de l’anglais « to swap », échanger) est un contrat dans lequel deux parties s’échangent des flux financiers. Concrètement, les revenus que procure le portefeuille de titres du tracker (dividendes, coupons, intérêts, plus-values) sont échangés contre ceux de l’indice de référence. Par ce tour de passe-passe, le rendement du tracker reflète celui de son indice de référence.

Transparence
Vous avez lu plus haut que le portefeuille du tracker Lyxor Indonesia était surtout constitué d’actions de la zone euro. Celui d’un autre tracker, Amundi ETF BBB Corporate UCITS ETF, est surtout constitué d’obligations d’Etat en euro alors que son objectif est de s’aligner sur un indice d’obligations… d’entreprises ! On y perdrait son latin. Pourtant, la transparence est en progrès. Les sites des principaux gestionnaires de trackers donnent des informations sur leur portefeuille, celui de leur indice de référence et la ou les contreparties avec lesquelles ils travaillent.

Risque de contrepartie
Beaucoup d’investisseurs ne veulent pas de l’approche synthétique parce que, disent-ils, qu’adviendrait-il si la ou les contreparties faisaient défaut ? L’évolution du tracker ne suivrait plus dans ce cas celle de l’indice de référence. C’est une chose dont le législateur est conscient, de même que les émetteurs de trackers. Tout est fait pour limiter le risque de perte, par exemple travailler avec plusieurs contreparties (pour répartir le risque), n’offrir comme garantie que des actifs de toute première qualité (les obligations d’Etat du tracker d’Amundi), se constituer des garanties dont la valeur est plus élevée que celle des actifs du tracker, limiter le risque de contrepartie à seulement 10% du portefeuille (indispensable pour bénéficier du label qualitatif européen UCITS), etc.

Frais
A côté des frais courants (gestion, administration), les frais liés au contrat de swap sont aussi déduits de la valeur d’inventaire du tracker. Ils sont peu élevés, si bien que le montant total des frais occasionnés par l’approche synthétique est en général moins élevé que celui de l’approche physique. Certains y voient une sorte de prime de risque.

Vaut-il mieux opter pour un tracker physique ou un tracker synthétique ?

Le risque de contrepartie que présentent les trackers synthétiques est encadré. Les mécanismes de sécurité mis en place font qu’il faudrait vraiment beaucoup pour qu’un vrai problème surgisse. Nous ne connaissons d’ailleurs pas de cas où cela se serait produit.

Au moment de choisir, intéressez-vous d’abord au produit et au marché dans lequel vous voulez investir, puis à certains facteurs techniques comme la fiscalité et enfin à l’approche utilisée (physique ou synthétique). Dans certains cas l’approche physique sera plus indiquée, dans d’autres pas. En plus, pour les trackers de matières premières, la réplique synthétique est souvent la seule possible.

Nos portefeuilles comptent de nombreux trackers gérés quasi tous par approche physique. En fait, dans nos portefeuilles types, seuls les trackers d’actions indonésiennes db x-trackers MSCI Indonesia Index UCITS ETF et Lyxor MSCI Indonesia UCITS ETF sont gérés par approche synthétique.

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