Analyse
L’Inde : dernière grande économie émergente digne d’intérêt ? il y a un an - mercredi 24 février 2016

Le potentiel économique de l’Inde à long terme ne fait certes aucun doute.

Mais il est difficile à exploiter. Inutile de s’extasier sur la croissance des derniers trimestres. Début 2010, elle avait déjà atteint plus de 10 %, avant de retomber deux ans plus tard à moins de 5 %. Les réformes sont dans l’impasse. La roupie est surévaluée par rapport à l’euro. Les actions indiennes ne sont pas intéressantes. Restez à l’écart de l’Inde. Pour équilibrer correctement vos portefeuilles, consultez plutôt notre stratégie. 

 

Peu d’atouts

Longtemps, la performance de la Chine a fait de l’ombre à l’Inde. A présent, avec une croissance de 7,3 % au 4e trimestre 2015, l’économie indienne fait certes mieux que la chinoise (6,8 %). Et en 2015, l’Inde a été la plus dynamique des grandes économies du globe (grâce à sa relative insensibilité à la conjoncture mondiale, vu que le moteur de son économie est la demande domestique). Le ralentissement de la Chine, et la chute du cours des matières premières qui en découle, réduit le coût de ses importations et freine l’inflation. De quoi soutenir le pouvoir d’achat des ménages et réduire le taux directeur. Mais tabler, comme certains, sur une croissance d’au moins 7 % ces dix prochaines années est sans doute aller vite en besogne. Car si l’Inde bénéficie bien d’une population jeune et en croissance, source de main-d’œuvre bon marché, c‘est sans doute là son seul gros atout.

 

Des lacunes

L’Inde est moins développée que le reste de l’Asie émergente. Près de la moitié de la population travaille dans l’agriculture où la productivité est faible et les revenus très bas.
La durée de scolarisation moyenne est de 4,4 ans contre 7,5 en Chine et en Indonésie. Et malgré les investissements des dernières années, les infrastructures restent déficientes. La production d’électricité est insuffisante et les pouvoirs publics n’ont pas les moyens de beaucoup investir. Le gouvernement mise sur le secteur privé et les investisseurs étrangers mais les possibilités de financement sont freinées par la fragilité des banques et la faible accessibilité du marché obligataire. Les investissements étrangers rencontrent de nombreux obstacles réglementaires. Et vu que le premier ministre n’a pas la majorité dans les deux chambres qui doivent approuver les lois, ses propositions de réforme restent bloquées.

 

Un soufflé retombé

La nomination de Modi comme Premier ministre avait suscité de grands espoirs et les premiers mois de son mandat ont été à ce point encourageants (24 réformes en un an contre 6 en 2013) que la Bourse de Bombay s’est envolée (sommet historique le 29/1/2015). Mais très vite, la complexité politique a paralysé le processus et les réformes ont marqué le pas. Malgré la bonne santé du pays, les investisseurs ont perdu patience et la Bourse a perdu plus de 20 %.

 

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