Analyse
Selon l’OMC, le boom du commerce mondial est fini ! il y a un an - mardi 19 avril 2016

Cette année, la croissance du commerce mondial sera de 2,8 %, contre une moyenne de 5 % enregistrée depuis 1990.

Quel impact cela peut-il avoir sur nos portefeuilles ?
Les actions chinoises sont incontournables. La zone euro n’offre guère d’opportunités.
Les actions britanniques et américaines peuvent représenter 10 à 15 % de vos avoirs.

 

A peine la croissance du PIB

Selon l’OMC, en 2016, la croissance du commerce mondial sera pour la cinquième année consécutive inférieure à 3 % (à 2,8 %, tout comme en 2015). Depuis 2012, le commerce progresse au même rythme que le PIB, alors qu’il bondissait deux fois plus vite auparavant. Une période aussi longue de faible croissance est inédite. De plus, si le commerce mondial affiche une croissance positive, c’est en volume. En valeur, il a chuté de 13 %, essentiellement suite à l’effondrement du prix des combustibles et des produits miniers. Mais le ralentissement touche aussi les biens manufacturés (machines, biens d’équipement…).

 

Pas partout pareil

Tous les pays exportateurs ne sont pas tous affectés de la même façon. Les premières victimes sont les gros producteurs énergétiques, comme la Russie, qui subit un recul de ses exportations de 31,6 %, les Emirats arabes unis (-29,3 %) ou l’Arabie saoudite (-41,1 %). Championne des biens d’équipement, l’Allemagne souffre aussi (-11 %), comme le Japon (-9,5 %). C’est plutôt la force du dollar qui pénalise les ventes américaines (-7,1 %). Par contre, la Chine conforte sa place de premier exportateur en limitant le recul de ses ventes à l’étranger (-2,9 %).

 

Changements structurels

D’abord perçu comme conjoncturel (conséquence de la crise de 2008-2009), le ralentissement du commerce est aujourd’hui vu comme une réalité structurelle. Car dans le processus de fragmentation de la production mondiale (délocalisations vers les pays émergents…), qui fut à la base du boom des échanges, les opérations les plus faciles ont été réalisées. De plus les salaires ont augmenté dans les pays émergents. Et le retour d’une certaine préférence nationale (avec la volonté politique de la favoriser) débouchent parfois sur des relocalisations. Par ailleurs, l’intégration de nouveaux venus dans le commerce mondial (pays de l’Est, Chine, autres grands pays émergents) est terminée. Depuis le milieu des années 2000, la négociation de nouveaux accords commerciaux marque le pas. Et depuis la crise, un certain protectionnisme est de retour. Enfin, dans le PIB mondial, le poids des services (moins intensifs en échanges), tend à augmenter, au détriment de l’industrie.

 

Conséquences sur vos placements

Jusqu’à la crise de 2009, le commerce international était le moteur de la croissance mondiale et le catalyseur du développement économique. Les pays exportateurs étaient plébiscités par les investisseurs. Aujourd’hui, la croissance mondiale s’appuie davantage sur la consommation, ce qui contraint les grands exportateurs (comme la Chine) à développer leur demande domestique.
La Chine garde cependant tout en mains pour devenir le plus grand marché mondial.
Les actions chinoises sont incontournables dans une optique de long terme.
Allouez-leur 10 % de votre portefeuille via la sicav d’actions Fidelity China Focus A EUR ou Y EUR.
La zone euro, dont l’Allemagne (son champion de l’exportation) n’a pas vraiment amorcé un virage vers davantage de demande domestique.
Certains pays réduisent leurs coûts salariaux, pour renforcer leur compétitivité et redynamiser leurs exportations, souvent au détriment des partenaires européens. D’autres tentent de relancer la demande domestique.
Au final, la zone affiche une faible croissance et n’offre guère d’opportunités d’investissement, hormis quelques actions (utilisez notre sélecteur).
Le Royaume-Uni et les USA ne dépendent plus depuis longtemps du commerce international.
L’industrie est atrophiée dans l’économie britannique, qui puise son dynamisme dans le secteur des services et la consommation domestique.
Les actions britanniques peuvent représenter 15 % de vos avoirs via Invesco UK Equity A.
Aux USA, si les exportations ont permis de surmonter la crise, la consommation a repris son rôle de moteur de l’économie. Les actions américaines peuvent représenter 10 % de vos avoirs, via iShares Core S&P 500 ETF.

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