Analyse
Quand la dette constitue-t-elle une menace ? il y a un an - jeudi 9 juin 2016

Qu'en est-il de la dette mondiale ? Représente-t-elle une menace pour l'économie ? Et qu'en est-il de la dette des entreprises ?

Nous ne condamnons pas la dette en tant que telle. Raisonnablement employée, elle peut servir le développement des entreprises et l’enrichissement des actionnaires. Mais gare aux excès ! Nous ne tirons certes pas (encore) le signal d’alarme à l’échelle mondiale. Mais les entreprises qui se sont trop endettées, profitant des conditions financières favorables, pourraient le regretter.
C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, nous contrôlons le niveau d’endettement des entreprises avant de vous conseiller leurs actions.

 

Bien évidemment, personne n’a oublié la grande crise financière des années 2007-08. Et ce, pour la bonne raison que nous n’en avons pas encore évacué toutes les conséquences délétères. Mais qu’en est-il de la dette dont les excès à l’époque, en particulier dans le secteur immobilier américain, avaient été le déclencheur de cette crise ?

Force est de constater que rien n’est réglé. Il y a aujourd’hui dans l’économie mondiale plus de dette qu’en 2007 : à l’échelle de la planète, la dette représente ainsi quelque 300 % du PIB (contre 270 % en 2007). Sans surprise, ce sont les Etats qui, pour éviter une grave crise économique, ont le plus participé à cette croissance. Mais les entreprises ont également contribué au phénomène.

Ainsi, aux Etats-Unis, la dette des compagnies non financières a plus que doublé de 2007 à 2015 pour atteindre 6 600 milliards USD. Dans un contexte de taux d’intérêt très bas, les entreprises ont naturellement opté pour ce mode de financement bien accueilli par les investisseurs en quête du moindre rendement. Cet argent a-t-il été bien utilisé ? Certes, il a servi à financer des investissements productifs mais aussi des opérations de fusion et acquisition (souvent peu performantes) et des rachats d’actions (parfois à des niveaux de cours trop élevés).

Il y a pire. Ces dernières années, les prêts à caractère spéculatif, pour des projets de qualité douteuse (notamment dans les secteurs de l’énergie et des mines), se sont multipliés. Si, à l’avenir, la croissance économique reste globalement faible et si des tensions reviennent sur les taux d’intérêt, ce que laissent à penser les dernières déclarations de la direction de la banque centrale américaine, cet amas de dette pourrait poser problème.

 

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