Analyse
Après une forte internationalisation, l’économie est entrée dans une nouvelle ère, moins favorable aux échanges. il y a 10 mois - mercredi 8 février 2017
Avec quel impact pour vos placements?
Après une forte internationalisation, l’économie est entrée dans une nouvelle ère, moins favorable aux échanges.

Après une forte internationalisation, l’économie est entrée dans une nouvelle ère, moins favorable aux échanges.

Des échanges en berne

L’âge d’or du commerce mondial est fini. Moins dynamique depuis la crise de 2008, le commerce mondial est aujourd’hui menacé par la montée du protectionnisme.
Selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le rythme de croissance du commerce international a été, en 2016, le plus faible depuis la récession mondiale de 2009. Pour la première fois en 15 ans et seulement la deuxième depuis 1983, le volume du commerce de marchandises a progressé moins vite que le PIB mondial. Historiquement, le commerce avait toujours augmenté 1,5 fois plus vite que le PIB, et même deux fois plus vite durant les années 90. Pour expliquer cette évolution, l’OMC pointe du doigt les mesures protectionnistes. Depuis 2008, les 164 membres de l’organisation ont introduit 2 978 mesures restrictives au commerce. Aucun accord multilatéral n’a vu le jour. Les accords passés sont, au contraire, de plus en plus contestés. Donald Trump a ainsi retiré les Etats-Unis du partenariat transpacifique, conclu il y a moins d’an an. Il veut aussi renégocier le traité de libre-échange qui lie les Etats-Unis, le Canada et le Mexique depuis 1994. Néanmoins, la montée du protectionnisme n’explique pas tout. Le ralentissement du commerce mondial s’inscrit dans un contexte plus global, tout autant structurel que conjoncturel.

Au-delà du protectionnisme

Possible grâce à l’ouverture des frontières et au recul des coûts de transport, la fragmentation géographique de la production a été poussée à son paroxysme pour profiter des salaires bas et échapper à certaines réglementations. Mais aujourd’hui, ce mouvement de délocalisations massives, qui a fait exploser les échanges internationaux dans les années 90, est fini. La première raison est que le processus est arrivé à son terme. Ce qui était avantageux et facile à délocaliser est déjà réalisé. De plus, la hausse rapide des salaires, e.a. en Chine, et l’instauration de normes environnementales, même dans les pays les plus pauvres, ont rendu moins intéressante la production hors économies développées. Le développement des économies émergentes ralentit aussi les échanges, la production domestique remplaçant certaines importations. Enfin, le changement des habitudes de consommation (demande croissante pour les services au détriment des biens) freine le commerce international. Les exigences des consommateurs poussent aussi les sociétés à privilégier une production plus locale, notamment pour pouvoir répondre rapidement à la demande.

S’adapter à la nouvelle réalité

A l’œuvre depuis plus de 10 ans, le ralentissement du commerce mondial s’accélère avec la montée du protectionnisme. Cela a d’importantes conséquences économiques et inquiète les champions des exportations. Lors du dernier Forum économique mondial à Davos, le président chinois Xi Jinping a ainsi fait un vibrant plaidoyer pour le libre-échange. Premier exportateur mondial, la Chine est le pays qui a le plus profité de l’ouverture des frontières. La chancelière allemande A. Merkel monte aussi régulièrement au créneau pour dénoncer le discours protectionniste. Il est vrai que la prospérité de l’Allemagne ne résisterait pas à la fermeture des frontières. Et pourtant, il faut se préparer à la poursuite de la mutation mondiale.

Nos conseils pour vos placements : consultez notre portefeuille de fonds

Restez à l’écart des économies fort orientées à l’exportation et avec une demande domestique atone, comme la zone euro, le Japon ou la Corée du Sud. Elles souffriront plus du ralentissement des échanges.

Privilégiez les économies où la demande domestique est ou deviendra le moteur de l’activité économique.
– Les Etats-Unis, où la consommation des ménages représente près de 70% du PIB, sont les champions de cette catégorie. Cela explique d’ailleurs le discours protectionniste de Washington. Achetez des actions américaines.
– La Chine, qui tente de réorienter son économie vers son immense marché intérieur. Cette mutation a pris du retard, d’où le discours pro libre-échange des autorités qui redoutent une guerre commerciale. Mais à terme, la demande domestique sera bel et bien le moteur de l’économie. Certes plus risquées, les actions chinoises restent intéressantes.
– L’Indonésie, qui est un peu dans la même situation. C’est une économie ouverte, mais la demande domestique est appelée à jouer un rôle majeur.
Achetez les actions indonésiennes.
– L’Afrique du Sud et le Brésil qui sont des pays exportateurs, mais surtout de matières premières, moins impactées par le ralentissement des échanges. Même si ces pays bénéficient d’un grand marché domestique, ils traversent actuellement une période économique, politique et financière difficile.
Achetez des actions brésiliennes et sud-africaines dans une optique de long terme.

Partagez cet article