Analyse
Pourquoi pas les obligations d’entreprise ? il y a 5 ans - vendredi 6 juillet 2012

Les obligations d’entreprise, moins risquées que les actions, sont certes plus risquées que les comptes d’épargne, bons de caisse et bons d’Etat. Mais leur rendement est aussi plus élevé.

Bon à savoir

Le premier danger des obligations d’entreprise est que la société ne puisse plus vous rembourser. Si vous êtes totalement allergique au moindre risque, mieux vaut les éviter.
Ne fondez pas votre décision sur la seule base du rendement. Plus il est élevé, plus le risque est élevé (p.ex. EDP Finance offre presque 5 % mais est beaucoup trop endetté pour qu’on lui prête de l’argent).
Ne vous fixez pas sur le coupon (taux annoncé). Tenir compte du prix d’achat, des frais et du précompte mobilier (21 %) permet de calculer le rendement net, qui est parfois bien inférieur et est le seul élément permettant de comparer valablement les obligations entre elles.
Evitez les longues durées. Elles offrent un rendement élevé, mais l’échéance éloignée réduit la visibilité sur les chances de remboursement (nous évitons p.ex. l’obligation de Lafarge malgré le rendement de ±4 %, parce que l’échéance est en 2020).
Répartissez les risques. Chaque émetteur ne doit pas dépasser 5 à 10 % de vos avoirs (nous ne conseillons donc pas les titres dont la coupure minimale est de 50 000 ou 100 000 euros).

 

Nos conseils

En l’absence de nouvelles émissions intéressantes, nous nous tournons vers les obligations émises précédemment et cotées en Bourse.

 

Peugeot : 3,95 % net, échéance en 2017
Le niveau d’endettement du français est raisonnable. Le groupe multiplie en outre les mesures pour renforcer sa solidité (réductions de coûts, fermetures d’usines, vente d’actifs, augmentation de capital…) et compenser ainsi la contre performance de ses ventes. Le coupon tombant le 11/07, acheter après cette date permet d’éviter de payer des intérêts courus élevés.

 

Enel : 3,57 % net, échéance en 2018
L’italien génère suffisamment de liquidités pour compenser le poids de sa dette (dont une grande partie vient à échéance cette année). Et s’il souffre en Italie, il peut compter sur sa présence internationale. Il est par ailleurs peu exposé aux emprunts d’Etat italiens.

 

Alcatel-Lucent : uniquement si le cours baisse
L’équipementier télécom a en caisse de copieuses liquidités qui devraient lui permettre de rembourser sans souci. Nous nous limitons toutefois à l’obligation dont l’échéance est en avril 2014 (les échéances plus longues pourraient être mises en danger par la piètre santé de l’activité du groupe). Toutefois, le cours a trop grimpé. N’achetez que s’il baisse à 102,50 %, ce qui correspond à un rendement net de ±3,3 %.

 

Emetteur
Rating
(1)
Coupon
brut (%)
Echéance
Prix, frais
compris,
en % (2)
Coupure
minimale
(EUR)
Intérêts
courus
Rendement
net (%) (3)
Alcatel-Lucent
FR0010070805
B
6,375
07/04/14
103,35
1 000
16 EUR
2,83
EDP Finance
XS0221295628 
BB+
3,75
22/06/15
96
1 000
2 EUR
4,42
Peugeot
FR0011233451
BB+
5,625
11/07/17
102,20
1 000
0 EUR
3,95
Enel
IT0004794142
BBB+
4,875
20/02/18
101
1 000
19 EUR
3,57
Lafarge
XS0215159731
BB+
4,75
23/03/20
97,75
1 000
14 EUR
4,05

En gras : conseillés, à titre de diversification, si vous en acceptez le risque.
(1) Solvabilité de l’émetteur : BBB+ : qualité moins élevée que les ratings A mais encore correcte ; BB+ et B : risque que l’émetteur ne puisse rembourser et payer les intérêts (pour les obligations que nous conseillons, ce risque reste néanmoins acceptable).
(2) Prix maximum conseillé, frais compris.
(3) Rendement net après précompte mobilier belge (21 %).

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