Analyse
Obligations couvertes : pour institutionnels uniquement ? il y a 4 ans - mercredi 9 janvier 2013

Depuis quelques mois, les obligations couvertes sont cotées sur Euronext Bruxelles. En quoi consistent ces titres ? Sont-ils intéressants pour l’investisseur ? Et leur analogie apparente avec les titres qui ont en partie causé la crise de 2008 n’est-elle pas un danger ?

Les obligations couvertes ou covered bonds, peuvent se négocier sur la Bourse de Bruxelles depuis le mois d’août 2012.

 

Il s’agit d’obligations émises avec une date d’échéance et un coupon fixe, mais aussi un droit supplémentaire : si l’émetteur tombe en faillite, le détenteur en attente du remboursement de son capital ne devrait pas se contenter uniquement des actifs de l’émetteur; il pourrait en plus prétendre aux actifs d’un portefeuille sous-jacent. Celui-ci se compose de prêts hypothécaires, spécialement réservés pour ces émissions, à titre de garantie. L’évaluation du titre ne dépend dès lors pas seulement de la solidité de l’émetteur, mais aussi de la qualité du portefeuille sous-jacent, dont la valeur doit d’ailleurs représenter au moins 105 % du capital de l’obligation (taux de couverture).

Emissions

KBC et Belfius ont déjà émis de telles obligations fin 2012 (à 5 ans; rendement brut de 1,25 % chez KBC, de 1,125 % chez Belfius). Un rendement plutôt faible, mais dont le niveau s’explique par la qualité du rating (AAA). Les portefeuilles sous-jacents de ces émissions sont constitués de prêts hypothécaires de qualité excellente et leur taux de couverture, dépassant les 105 %, est un confortable matelas de sécurité. Chez Belfius, ce taux est de 130 % (le portefeuille sous-jacent devrait donc perdre 30 % de sa valeur pour que cette garantie soit mise en danger, une éventualité supposant une dégringolade du marché immobilier belge).
Les banques sont très friandes de ces émissions, qui leur permettent de se financer à bon marché, de diversifier leurs sources de financement et de répartir les risques.

Et pour l’investisseur ?

Jusqu’ici, ces titres sont réservés aux institutionnels car leur mise minimale de 100 000 euros est généralement trop élevée pour le particulier. Dans un avenir assez proche cependant, des institutions financières devraient émettre des obligations couvertes avec des coupures de 1 000 euros. Elles seraient alors à la portée de tous. Comme tous les autres titres offrant un niveau de solvabilité élevé, elles n’offriront cependant qu’un faible rendement (après déduction du précompte mobilier de 25 %, le rendement actuel des obligations couvertes dépasse à peine 1 %).

Pas de danger

Peut-être la description de ces titres vous a-t-elle fait froncer les sourcils. En effet, la crise financière de 2008 a été provoquée en grande partie par l’effondrement de titres dérivés, qui appuyaient leur couverture sur un portefeuille de prêts hypothécaires : les fameux ABS (Asset Backed Securities) et CDO (collateralized debt obligation). Il existe toutefois une grande différence. A l’époque, bon nombre de ces placements s’appuyaient sur des portefeuilles de prêts octroyés à des débiteurs peu solvables. Ce n’est pas le cas des obligations couvertes émises actuellement chez nous.

 

Partagez cet article