Analyse
5 % pendant 4 ans, entre 0 et 6 % ensuite. Intéressant ? il y a 4 ans - mardi 10 septembre 2013

Deutsche Bank commercialise jusqu’au 12 septembre une obligation structurée, Palladium Securities 1 (LU) Italy Interest Linked Bond 2021. Cette obligation, d’une durée de huit ans, offre les quatre premières années un coupon brut de 5 %. Les quatre dernières années, le coupon équivaut à trois fois la différence entre les taux européens (EUR CMS) à 30 ans et à deux ans. Le coupon est néanmoins plafonné à 6 %, et en cas d’écart de taux négatif, il n’y aura pas de coupon. Intéressant ?

Les astuces utilisées pour tenter de doper le rendement potentiel et donner à ce placement des apparences plus séduisantes que ne le sont les taux obligataires actuels ne parviennent pas à nous convaincre. N’achetez pas.

 

Risque italien

Le prix d’émission s’établit à 102 % de la valeur nominale de l’obligation. A l’échéance, celle-ci sera remboursée à 100 %, sous réserve d’un risque de défaut de paiement de l’Italie et/ou de Deutsche Bank AG. De fait, l’obligation structurée est adossée à une obligation émise par l’Italie. Un défaut de paiement de ce pays (pensez aux déboires des obligations grecques) et votre capital pourrait en pâtir.

 

Rendement

Dans le meilleur des cas, dans l’hypothèse où on reçoit le coupon maximum de 6 % brut les quatre dernières années, et en l’absence d’accident de crédit pour l’Italie et Deutsche Bank, le rendement brut s’établira à 5,14 %, soit 3,96 % net après retenue du précompte mobilier de 25 %.

 

Dans le scénario le moins favorable (coupons de 0 % les quatre dernières années) et toujours en l’absence d’accident de crédit pour l’Italie et Deutsche Bank, le rendement brut retombe à 2,34 %, soit 1,67 % net.

 

Notre avis

Pour afficher des coupons de 5 % brut (les premières années seulement), l’émetteur a dû se montrer moins regardant sur le risque de crédit auquel l’investisseur est in fine exposé. Les risques liés à la dette souveraine italienne (rating BBB avec perspective négative) ne peuvent en effet être occultés et sont difficilement assimilables aux garanties recherchées par les investisseurs en quête de sécurité.

 

Par ailleurs, alors que les taux obligataires sont amenés à quitter les niveaux planchers qu’ils ont occupés ces derniers temps, il n’est guère opportun d’immobiliser son argent pour des durées trop longues. En l’occurrence, huit ans, dans le contexte actuel, c’est trop.

 

Enfin, l’écart, d’ici quatre ans, entre les taux à trente ans et à deux ans est déterminant pour le rendement final de cette obligation. Prévoir l’évolution d’un écart de taux est un exercice de haute voltige. On peut bien prendre l’hypothèse que les taux remonteront ces prochaines années. Mais comment la remontée affectera-t-elle les emprunts de longue durée (trente ans) et ceux de plus courte durée (deux ans) ? L’incertitude sur le rendement final n’est pas à négliger. Bref, malgré les apparences, nous ne sommes pas acheteurs.

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