Analyse
Obligation Depfa Funding : vente à perte ? il y a 3 ans - mercredi 2 octobre 2013

Le cours de l’obligation Depfa Funding Trust II 2003-perpetual, qui avait chuté jusqu’à 28 %, est remonté à 54 %.
Est-ce le moment de s’en défaire ?

L’investisseur qui a acheté l’obligation au départ et revend aujourd’hui perd un peu moins de la moitié de son capital. Mais une bonne moitié lui est acquise. S’il attend, il pourrait récupérer un peu plus… ou beaucoup moins.
S’il est prudent (ou s’il a investi une grosse somme), il profitera de la récente remontée pour vendre.
Si l’obligation représente moins de 5 % de son patrimoine, il peut conserver à titre spéculatif.

 

Passé tumultueux

L’émetteur de cette obligation (code ISIN XS0178243332) en a vu de toutes les couleurs. Il s‘agit d’une banque allemande spécialisée dans le crédit immobilier, passée en 2007 aux mains de Hypo Real Estate Holding. Lors de la crise financière, ce holding a fort souffert et les autorités allemandes ont dû intervenir pour le sauver. Il bénéficie à présent de la garantie de l’Etat allemand. Depuis ce sauvetage, cette obligation perpétuelle ne paie plus son coupon de 6,5 %. Et ses conditions prévoient que ces coupons non payés ne seront pas restitués par la suite, même si les paiements reprennent à l’avenir. En outre, bien que, depuis le 30/10/2008, l’émetteur ait la possibilité de reprendre ses titres chaque année, le 30/10, à 100 % de leur valeur, il ne fait pas usage de cette option, qui aggraverait encore ses difficultés financières.

Reprise des paiements ?

Peut-on compter sur une reprise du paiement des coupons ? Peut-être, selon l’agence Fitch, une fois que la banque sera privatisée. Et un processus de privatisation a été entamé en août dernier. C’est d’ailleurs ce qui a permis au cours de passer de 28 % à 54 %.

Compliqué

Si la privatisation a bien lieu, le paiement des coupons pourra reprendre. Le cours pourrait alors remonter vers 70 %, voire 100 %. Mais le processus de privatisation et d’abandon de la garantie de l’Etat allemand ne se fera pas nécessairement sans anicroche et pourrait même menacer le remboursement de l’obligation. De plus, il existe de nombreuses incertitudes. A certaines conditions, les obligations pourraient être converties en actions Depfa. Et en cas de privatisation (en 2013, en 2014 ?) qui rembourserait, le cas échéant ? Depfa ? Hypo Real Estate Holding ? Un éventuel repreneur ? Enfin, la structure juridique de l’ensemble est très complexe.

 

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