Analyse
Prévisions bénéficiaires: pertinentes ou non ? il y a 2 ans - jeudi 26 février 2015

De nombreuses sociétés publient, avec leurs résultats, des objectifs bénéficiaires pour la période en cours. Quelle importance leur accorder ?

Ces prévisions sont à considérer avec prudence, pour diverses raisons.

 

Primo, les bénéfices peuvent varier fortement d’un trimestre ou d’une année à l’autre, ce qui limite la portée prédictive d’une prévision.

 

Deuzio, les dirigeants ont pour habitude d’user d’artifices comptables pour embellir leurs bénéfices. Ils les présentent généralement « hors éléments non récurrents » (c'est-à-dire en ne tenant pas compte de charges de restructuration, d’amortissements divers, de variations de change et de périmètre). Or que ces éléments ont la plupart du temps un impact négatif sur les bénéfices. Et de façon récurrente ! Une étude a ainsi montré que 25 ans, les sociétés américaines composant l’indice S&P 500 ont chaque année publié un bénéfice total en moyenne de 10 % inférieur au bénéfice hors éléments non récurrents.

 

Tertio, les prévisions bénéficiaires, surtout à court terme, ne sont pas l’élément déterminant pour voir s’il y a lieu ou non d’acheter une action. Et si nous-mêmes publions systématiquement nos propres prévisions à un et deux ans, notre évaluation des actions repose aussi sur des éléments de plus long terme (comme le taux de croissance attendu des bénéfices) ou moins comptables (la pertinence de la stratégie menée, la position concurrentielle de l’entreprise, son historique de résultats, la qualité du management et de la gouvernance ou encore le potentiel d’innovation).


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