Analyse
Quels fonds ou actions pour profiter du faible prix du pétrole ? il y a 2 ans - mardi 17 mars 2015

Les cours des actions pétrolières ont chuté de plus de 20 % en six mois. Quelles actions et quels fonds privilégier pour en profiter sans risque excessif ?

Crise de 2008/2009

En 2008, le baril de pétrole a atteint 140 USD. Pour profiter de ces prix permettant à quasi tout champ pétrolier d’être rentable, les sociétés pétrolières ont investi pour augmenter productions et réserves, en se tournant vers les eaux très profondes ou le schiste (coût de production : 70 USD le baril et plus).
Mais de 2008 à 2009, lorsque le prix du baril a chuté à 60 USD en moyenne, la rentabilité de beaucoup de sociétés s’est détériorée, contraignant certaines sociétés à diminuer, voire suspendre leur dividende. Ce ne fut pas le cas des grandes sociétés actives à la fois dans la production et le raffinage et la distribution, qui ont réduit leurs investissements et suspendu les rachats d’actions pour maintenir, voire augmenter le dividende. Certaines ont augmenté temporairement leur dette pour le financer (sans grande répercussion sur leur solidité).

 

2015 : difficile

La rentabilité des entreprises pétrolières souffrira en 2015. Le maintien, voire la hausse du dividende étant prioritaire par la plupart, cela impliquera des efforts : réduire les investissements (ce qui pèsera temporairement sur les prestataires de services du secteur, comme p.ex. Tubacex), accélérer les cessions d’actifs et suspendre ou réduire les rachats d’actions.

 

Quel prix pour le baril ?

C’est surtout le déséquilibre entre offre et demande qui explique la chute du prix, ainsi que la volonté de l’Arabie saoudite d’éliminer des concurrents non rentables en gardant des prix bas. Au fur et à mesure que la demande remontera (avec la croissance mondiale) et que la production s’ajustera (avec la disparition des acteurs moins rentables et le gel des investissements), l’excédent se résorbera. Mais cela prendra plusieurs trimestres. Il est donc peu probable de voir le prix du pétrole remonter rapidement à 100 USD. Nous tablons sur un prix moyen de 60 USD en 2015 et 75 USD en 2016, puis ± 90 USD en 2017 et 2018. Ce scénario pourrait toutefois être perturbé si la production diminuait plus que prévu (suite, p.ex., à des tensions politiques au Moyen Orient) ou si la demande ralentissait (croissance économique plus faible). Mais pour l’heure, le prix du baril ne reflète pas les fondamentaux du marché, à savoir que la production va se réduire (vu l’épuisement de la ressource et le coût d’extraction en hausse) et que la demande va grimper (avec la croissance économique). Le prix du baril est donc appelé à progresser ces prochaines années. Si vous avez un horizon de placement de trois à cinq ans, il peut être intéressant d’investir dans le secteur.

 

Comment investir ?

Evitez les petites sociétés, privilégiez les majors
– Le seuil de rentabilité moyen du pétrole de schiste est aujourd’hui de 60 USD à 80 USD. Pour l’exploration en eaux profondes, il est encore plus élevé. Au cours actuel, nombre de petites sociétés, qui ont misé sur ces technologies et se sont endettées, ne sont plus rentables.
– A l’inverse, les majors restent rentables. La diversité de leurs techniques d’extraction leur permet d’extraire à moindre coût et la chute du prix du baril allège le coût du raffinage, ce qui compense le manque à gagner sur la vente de brut.

 

Achetez :
Chevron
Notre favorite du secteur. La combinaison d’une production à moindre coût et d’une plus grande exposition au pétrole, plus rentable que le gaz, lui offre de meilleures marges que les concurrents. La croissance de sa production est dynamique (+20 % prévus d’ici 2017).

 

Repsol
L’action offre un rendement sur dividende de 6 % brut. Après l’expropriation de sa filiale YPF argentine, le groupe récupère une taille mondiale en rachetant le canadien Talisman Energy (sa stratégie qui vise la croissance dans des zones stables).

 

BP
Malgré les incertitudes sur ses activités en Russie et les amendes pour la marée noire, le titre reste intéressant. Le groupe dispose d’une forte trésorerie, qui lui permet de maintenir son rendement sur dividende à 6 % brut.

 

Encana
Malgré la petite taille de l’entreprise, sa croissance dynamique et son recentrage sur le pétrole méritent qu’on s’y intéresse, à titre de diversification. Le cours a chuté, mais tient compte de la plupart des difficultés.

 

ION Geophysical
La société est touchée par la baisse des investissements mais a un bilan solide et un beau potentiel de rebond.

 

Amundi ETF MSCI World Energy
Un fonds spécialisé dans le secteur et dont les frais annuels sont peu élevés.

 

Effets collatéraux

– La hausse du pouvoir d’achat aux USA suite au recul du baril donnera un coup de pouce à la consommation.
Achetez Wal-Mart et Kraft.
– Le secteur de l’énergie renouvelable souffre à court terme de la chute du pétrole. Mais la remontée progressive du brut le rendra à nouveau compétitif.
Achetez JinkoSolar.
– Les secteurs de la chimie, du pneu et du transport aérien profitent de la baisse de prix du pétrole. Mais la guerre des prix pèse sur la rentabilité des compagnies aériennes. Et ces secteurs ne sont bon marché en Bourse.

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