Analyse
Nokia s'offre Alcatel-Lucent il y a 2 ans - vendredi 17 avril 2015

Nokia a signé un accord pour acquérir Alcatel-Lucent.

Un rachat osé, cher payé et difficile à intégrer. Le titre est surévalué et très risqué.
VENDEZ.

 

Moins de deux ans après avoir cédé ses téléphones portables à Microsoft, Nokia fait le pari de doubler de volume en acquérant le français Alcatel-Lucent. Une opération dont la finalisation est prévue au 1er semestre 2016. Si elle aboutit, elle fera du nouveau Nokia un des leaders mondiaux du secteur très concurrentiel des équipements pour réseaux télécom (avec Ericsson et juste devant le redoutable chinois Huawei). L’acquisition se paie en actions et valorise Alcatel à 15,6 milliards, soit une prime de 34 % sur le cours. Trop cher pour une star déchue, au redressement laborieux (marge opérationnelle 2014 de 4,7 % contre 12,8 % pour Nokia). D’autant que le français a exigé d’être repris dans sa globalité, alors que Nokia ne visait au départ que ses équipements pour réseaux sans fil (moins de 40 % de l’activité). En outre l’intégration s’annonce difficile, vu la taille de la cible, les différences de culture et le piètre passé des deux groupes en la matière (coentreprise Nokia-Siemens, fusion d’Alcatel et Lucent). Dans ce contexte, l’objectif de synergies (900 millions d’ici 2019) nous semble peu accessible. Hors acquisition, nous tablons pour Nokia sur un bénéfice par action de 0,30 EUR en 2015 et de 0,33 EUR en 2016.

 

Cours au moment de l'analyse : 7,27 EUR

 

Nokia est le numéro trois du secteur des équipements pour infrastructures de télécommunications (87% de son chiffre d’affaires). Il est également actif dans la cartographie numérique avec Here (8 %) et génère des revenus (5 %) de l’exploitation de brevets issus de son passé dans la téléphonie mobile, une activité dans laquelle il a été leader mondial et qu’il a cédée en avril 2014 à Microsoft.

 

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