Analyse
Dévaluation du yuan chinois : les conséquences il y a 2 ans - mardi 18 août 2015

Quelles actions de quels secteurs sont affectées ?

La semaine passée, la banque centrale chinoise a baissé le cours du yuan face au dollar de près de 4 %. Objectif : faire du yuan une devise de référence, aider les exportateurs chinois et répondre au recul des autres devises asiatiques.
Mais
les implications pourraient dépasser les frontières de l’Empire du milieu et toucher plus particulièrement certains secteurs.
Pour vos placements, limitez votre exposition à 10 % de votre avoir total.

 

LES SECTEURS LES PLUS AFFECTÉS

Le luxe

Du fait de leurs achats en Chine et à l’étranger, les Chinois représentent quelque 45 % des achats au niveau mondial du secteur du luxe. En Europe, où ils échappent à une forte taxe appliquée en Chine, ils représentent jusqu’à un tiers des achats du secteur. Pour un groupe comme LVMH, l’exposition directe à la Chine (27 % du chiffre d’affaires) sous-estime donc l’importance du pays. Dès lors, la dévaluation du yuan réduit le pouvoir d’achat des Chinois à l’étranger et donc, potentiellement, les ventes du secteur. Si la baisse du yuan s’accentue, l’effet serait sans doute sensible. Certes, pour compenser, les grands groupes de luxe peuvent envisager de réduire leurs prix sur le sol chinois pour y relancer les ventes, mais cela pèserait sur leurs résultats. Malgré la récente baisse des cours des actions, nous restons prudents : outre LVMH, vendez aussi aussi Swatch Group, Richemont et Hermès.

 

L’automobile

Devenue en quelques années le premier marché mondial, la Chine est le principal débouché de nombreux constructeurs européens, à l’instar de VW, Peugeot et BMW. Ces groupes sont donc sur la ligne de front lorsque les ventes s’essoufflent en Chine. Volkswagen a récemment revu à la baisse ses ambitions en termes de livraisons mondiales pour cette année, notamment en raison du ralentissement chinois. BMW n’exclut pas un réajustement de ses prévisions si le « défi chinois » continue de s’amplifier. Peugeot s’attendait en début d’année à une croissance de 7 % ; désormais il ne prévoit plus qu’une hausse de 3 % pour le marché chinois. En clair, même si la Chine garde un potentiel important, les années de croissance à deux chiffres semblent révolues. Quant à la dévaluation du yuan, à court terme, elle n’aura qu’un impact limité sur les résultats des constructeurs européens, ceux-ci étant généralement couverts contre les variations de change. Pour l’heure, nous maintenons nos prévisions bénéficiaires. Le secteur a fort reculé ces derniers jours, mais pas assez que pour l’acheter.

 

Matières premières

Déjà affaibli par les surcapacités, le secteur des matières premières a lui aussi été fort affecté. La crainte d’une nouvelle baisse de la demande en Chine en minerai de fer, cuivre… a fait chuter les cours. Les lourds investissements des années passées et l’incertitude actuelle ne plaident pas pour un redressement rapide des prix. Ils pourraient même encore baisser. A moyen terme toutefois, la demande restera soutenue et les restrictions de production feront rebondir les prix. Les acteurs du secteur l’ont vite compris et suspendent des projets d’exploration. Rio Tinto a chuté de 4,8 %, mais est bien placé pour rebondir. Par ricochet, les prix de l’acier ont fondu et ont entraîné dans leur chute le secteur. Arcelor Mittal (-8,5 %, conservez) tente certes d’en limiter l’impact, mais sa rentabilité continue de plonger. Quant à Schnitzer Steel (+2,2 %, achetez), ses précédentes restructurations lui permettront de rebondir une fois la reprise de la demande amorcée.

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