Analyse
Entreprises : vers un monde plus vert il y a un an - mardi 17 novembre 2015

A quelques semaines du Forum sur l’innovation durable qui se tiendra à Paris dans le cadre de la Conférence sur le climat (COP21), nous faisons le point sur les actions de notre sélection bien placées pour relever les défis environnementaux de demain.

Réglementation : ennemie mais aussi alliée

Si les déboires de Volkswagen nous rappellent les rapports parfois tendus entre environnement et entreprises, ils ne doivent pas faire oublier les progrès de bon nombre d’entreprises en matière de respect de l’environnement.

 

La principale raison de cette évolution est à chercher dans une réglementation de plus en plus contraignante et exigeante à l’égard des produits et entreprises. Bien sûr, bon nombre d’entre elles y voient une menace pour leur chiffre d’affaires (les normes plus strictes représentent un coût non négligeable). Néanmoins, d’autres estiment aussi que ces normes peuvent leur être bénéfiques en ce sens qu’elles découragent les concurrents et donnent un avantage compétitif aux secteurs et entreprises qui s’y conforment.

 

C’est le cas par exemple du secteur chimique européen qui, en se pliant aux nouvelles exigences environnementales, s’est spécialisé davantage, trouvant là un moyen de rester compétitif face à l’Asie (normes moins strictes, main-d’œuvre moins chère) et aux acteurs américains (avantage très important au niveau du coût de l’énergie). Le secteur de la chimie n’est toutefois pas le seul à avoir adopté des normes plus strictes pour rester compétitif. Malgré le mauvais exemple montré récemment par VW, le secteur automobile européen a lui aussi bénéficié de la spécificité des normes imposées sur les moteurs (et la sécurité) pour faire face à une concurrence japonaise jadis féroce.

 

Le rôle des consommateurs et actionnaires

Si le rôle du législateur est important, celui du consommateur n’est pas non plus à négliger. Le critère environnemental est en effet entré dans les mœurs pour ce dernier, d’autant qu’il rime souvent avec économies d’énergie et donc d’argent. L’affichage plus clair des caractéristiques techniques de certains produits (comme la classe énergétique de l’électroménager) permet ainsi au consommateur de choisir le meilleur pour la planète mais aussi son portefeuille.

 

Enfin, il convient aussi d’évoquer la pression d’un actionnariat de plus en plus conscient qu’une entreprise qui optimise et rend durables ses processus de production bénéficie par ce biais d’un avantage compétitif important.

 

Entreprises innovantes en sélection

Notre sélection comprend des entreprises montrées en exemple de ce que doit être l’innovation durable ou qui ont résolument choisi cette voie :

 

Dans le secteur de l’environnement proprement dit, Veolia Environnement, n° 1 mondial des services liés à l'eau et n° 2 du traitement des déchets, s’est positionné dernièrement sur les activités à plus forte valeur ajoutée – et encore peu concurrencées – comme l’assainissement des eaux usées.

 

Dans la chimie, Solvay est un des plus actifs avec le développement de polymères spéciaux destinés à alléger les voitures ou les avions et ainsi réduire la consommation, ou encore à améliorer la capacité des batteries et des cellules photovoltaïques.

 

Dans l’automobile, l’équipementier Valeo a intégré la réduction des émissions de CO2 au cœur de sa stratégie. Son pôle systèmes de propulsion (26 % du chiffre d’affaires) a ainsi pour objectif de développer des solutions innovantes visant à réduire la consommation. Hélas, malgré de bonnes perspectives de croissance, l’action est chère. Vendez.
De son côté, le belge Melexis produit des semi-conducteurs rendant les véhicules plus propres et moins gourmands en carburant.

 

Dans le secteur bancaire, de plus en plus de banques annoncent intégrer la composante environnementale dans leur politique d’investissement directe mais aussi de financement de projets d’investissements. Certains assureurs en font de même, Axa ayant annoncé vouloir se désinvestir du charbon d’ici fin 2015 et tripler ses investissements verts d’ici 2020.

 

Enfin, d’une manière plus générale, le géant Coca-Cola et le conglomérat industriel General Electric se sont engagés à réduire leur empreinte carbone de respectivement 25 et 20 % d’ici 2020, tandis qu’Apple se targue déjà d’utiliser 100 % d’énergies renouvelables pour ses activités aux Etats-Unis. De son côté, Cisco  compte parmi les plus agressifs dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de sa chaîne logistique et près de 100 % de ses produits sont déjà recyclés.

 

Pas qu’un discours

Reste à voir maintenant si ces engagements dépasseront le stade de l’argument marketing pour se transformer en actes concrets. Certaines entreprises, certaines banques, n’hésitent pas à se donner une image plus écologique qu’elles n’ont en réalité. Si le sujet vous intéresse, vous trouverez encore de nombreuses informations utiles sur le site www.financite.be.

 

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