Analyse
Augmentations de capital : actionnaire parfois lésé, parfois pas il y a un an - mercredi 9 décembre 2015

Tout dépend de la manière dont l’opération est organisée et s’il y a ou non une émission de droits préférentiels.

Vague de rachats… besoin d’argent…

Récemment, Air Liquide a annoncé le rachat de son concurrent américain Airgas.
Cet été, Solvay cassait sa tirelire pour s’offrir Cytec, le spécialiste américain des matériaux composites pour l’aéronautique.
Au printemps, Telefónica se laissait tenter par l’opérateur brésilien GVT.
Puis Capgemini annonçait le rachat de la société de service informatique américain Igate. Point commun de ces gros rachats : ils sont financés en partie par une augmentation de capital.

 

L’augmentation de capital permet certes d’accroître les garanties pour les créanciers.

Elle augmente la solvabilité de l’entreprise (sa capacité à rembourser ses dettes) et elle rend les banques et les marchés financiers moins réticents à l’idée d’accorder de nouveaux prêts pour financer de nouveaux projets.

 

Mais l’augmentation de capital n’est pas sans risque.

Pour l’entreprise

Il y a d’abord un risque de non-souscription (pour les sociétés en difficulté financière).
Ensuite, il y a le risque de voir le cours de Bourse passer sous le prix des nouvelles actions durant la période de souscription, auquel cas souscrire n’a plus d’intérêt (c’est pourquoi les nouvelles actions sont offertes avec une décote).

Pour l’actionnaire

Iil existe un risque de dilution (vu que le nombre d’actions augmente, la part de chaque actionnaire est moins élevée). Certes, l’émission d’un droit préférentiel de souscription permet à l’actionnaire de conserver le même pourcentage du capital. Et s’il ne le souhaite pas, il peut vendre ses droits et retirer ainsi une compensation en cash. Mais dans le cas du rachat d’Igate, Capgemini a placé ses nouvelles actions uniquement auprès d’institutionnels et sans droit préférentiel. L’actionnaire de Capgemini est donc clairement pénalisé ! En revanche, Telefónica et Solvay ont bien émis un droit préférentiel et Air Liquide fera de même, de sorte que leurs actionnaires ne soient pas lésés.

 

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