Analyse
Belle année 2015 pour le secteur de l’alimentation et des boissons il y a un an - vendredi 11 décembre 2015

En 2015, le secteur de l’alimentation a gagné 13,1 % et celui des boissons 21,1 %. Sur la même période, la moyenne mondiale des Bourses a gagné 13,5 %.

Si l’année 2015 aura été bonne pour le secteur de l’alimentation, c’est grâce aux bons résultats des sociétés et aux fusions dans le secteur de la bière.
En 2016, l’amélioration économique en Europe stimulera certes encore le secteur. Mais les marchés traditionnels étant saturés et freinés par la pression sur le pouvoir d’achat, les acteurs du secteur y cherchent la croissance dans de nouveaux produits, dans la hausse des prix des marques réputées et dans les acquisitions. Et dans les pays émergents, qui ont assuré la croissance des dernières années, le ralentissement pèse à présent sur les volumes vendus.
Le secteur est certes peu risqué, grâce à la régularité de ses liquidités générées et à la hausse de ses dividendes. Il est donc tout indiqué pour celui qui cherche des valeurs défensives. Mais cela se paie !
Aux cours actuels (et après les belles hausses des grosses capitalisations), nous n’avons aucun conseil d’achat.
Pour les actions à conserver (Bell, Coca-Cola, Diageo, Kraft, Mondelez), veillez à ce qu’elles ne représentent pas une part trop importante de votre portefeuille.

 

Danone
Construit en partie sur une stratégie d’acquisitions, le groupe français reste de taille trop modeste et est trop diversifié pour être performant dans tous ses métiers. Ses objectifs sont trop ambitieux, compte tenu du ralentissement des pays émergents.

 

Nestlé
Le suisse profite de la petite reprise économique en Europe et poursuit son évolution vers des produits plus sains et liés à la santé (acquisitions dans la dermatologie). Mais il se montre aussi trop optimiste.

 

Kraft Heinz
Warren Buffett, en partenariat avec le fonds 3G Capital, a mis le feu aux poudres en mars dernier en initiant la fusion de Heinz avec Kraft Foods. L’opération a créé une entité qui s’est ainsi placée à la 5e place mondiale de son secteur et à la 3e aux USA (derrière Pepsico et Nestlé). Mais le plus dur reste à faire : relancer la croissance, dégager des économies (1,5 milliard de dollars d’ici fin 2017) et maîtriser la dette. Nous sommes cependant confiants dans la capacité du groupe à atteindre ses objectifs. Grâce à l’ancrage international des marques Heinz, il sera moins dépendant du marché américain. En outre, sa rentabilité sera surveillée de près par 3G (toujours très sévère dans la réduction des coûts).

 

Mondelez
L’ancienne division de Kraft a vu son cours s’envoler grâce e.a. à l’entrée dans son capital de l’investisseur activiste William Ackman, qui incite le marché à spéculer sur un nouveau rapprochement dans le secteur. Les rumeurs évoquent un rachat par Pepsico, voire par Kraft Heinz (peu probable car l’intégration de Kraft et Heinz est loin d’être achevée).

 

AB InBev
Le secteur de la bière est en consolidation. Le mouvement est issu du fait que les marchés occidentaux sont à maturité et subissent la concurrence croissante des bières artisanales. AB InBev étant confronté à des marchés américain et brésilien difficiles, il cherche à stimuler sa crois-sance en s’offrant l’américain SABMiller. Ce dernier lui permettra de prendre pied en Afrique et de se renforcer en Amérique latine. Mais il y a peu de synergies à attendre de cette acquisition et AB InBev la paie très cher.

 

Heineken
Le néerlandais a mis la main en 2015 sur des brasseurs slovènes et jamaïcains. Mais, globalement, ces dernières années, il est resté à l’écart des grosses opérations de fusion. Il observe le marché avec une certaine sérénité. Mais il fait mieux que résister, grâce à ses innovations et ses économies de coûts ! Toutefois, certaines marques mises en vente par AB InBev et/ou SABMiller dans le cadre de leur fusion (pour cause de position dominante) pourraient l’intéresser et l’aider à compléter ainsi son maillage industriel.

 

Coca-Cola
La demande de sodas est mitigée sur la plupart des marchés de l’américain. Il tente de relancer ses ventes en s’appuyant sur sa gigantesque force de marketing, sur des économies et sur ses boissons moins caloriques (dont les ventes sont mieux orientées). Il génère cependant toujours de belles liquidités, ce qui lui permet de payer un beau dividende (son principal atout).

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