Analyse
Chute du prix des matières premières : des opportunités dans quel pays ? il y a un an - jeudi 17 décembre 2015

Le baril de pétrole et la tonne de minerai de fer se négocient à des niveaux plus vus depuis des années. Quels pays en souffrent ? Lesquels en profitent ? Ou investir en conséquence ?

– Le Brésil est très touché par la chute du prix des matières premières.
Mais le real est sous-évalué et les obligations brésiliennes offrent de bons rendements.
La Bourse de São Paulo est volatile et exposée à un marché intérieur aux abois, mais sous-évaluée.
Achetez des obligations brésiliennes (pour le long terme) et des actions brésiliennes (si vous n’avez pas froid aux yeux).
– La Russie est aussi très touchée.
Restez à l’écart.
– L’Australie a d’abord profité du boom minier puis souffert de la chute des prix, mais sait se réinventer.
Achetez des actions australiennes (dans le cadre d’un portefeuille dynamique à long terme).
– Le Canada a retrouvé la croissance.
Nous n’y investissons pas encore mais le suivons de près.
– La Norvège souffre trop de la méforme du secteur des hydrocarbures.
Restez à l’écart.
Pour les détails, consultez
notre stratégie.

 

Les causes

Le ralentissement de la Chine est souvent montré du doigt pour expliquer la dégringolade des prix des matières premières. Mais le pays est loin d’être seul coupable, car …
– Les années de prix élevés et de crédit bon marché ont mené à un boom des investissements dans le secteur, qui fait qu’on se trouve aujourd’hui face à une offre excédentaire. D’autant que les nouvelles technologies ont changé la donne (les USA sont devenus grands producteurs d’hydrocarbures grâce au gaz de schiste...).
– Le boom chinois avait provoqué l’engouement des investisseurs pour les matières premières et donné naissance à des instruments permettant d’y investir. Mais face à la détérioration des perspectives, les investisseurs se sont rués vers la sortie.
– L’Arabie Saoudite a fait le choix de produire un maximum d’hydrocarbures, pour plomber les prix, pour préserver sa part de marché face aux nouveaux concurrents comme les USA, et nuire à ses rivaux (Iran, Russie).
– Si les cours des matières premières dégringolent, c’est aussi parce que le dollar s’est apprécié. S’ils étaient restés stables (en USD), les matières premières se seraient renchéries pour les consommateurs dont la devise n’est pas le dollar. Le repli des cours est donc aussi une adaptation à la cherté du dollar.

 

Les effets

Pour les pays très exposés aux matières premières, toute baisse de la production, des exportations et des investissements pèse sur le PIB, mais ensuite aussi sur l’emploi et, partant, sur la consommation, et enfin sur les recettes fiscales et donc l’équilibre budgétaire.

 

Ceux qui en souffrent et ceux qui en profitent

– Le Brésil et la Russie, grands gagnants du boom des matières premières, sont les plus grosses victimes de la rechute. Leur PIB devrait chuter respectivement de 3 et 4 %.
– L’Australie était devenue une des économies les plus dynamiques de la planète grâce au boom minier mais le passage à vide de la Chine et l’écroulement des investissements miniers l’obligent à se réinventer. Heureusement, grâce à des taux d’intérêt réduits, au recul du dollar local et à un marché du travail porteur, la demande intérieure, la construction et l’immobilier l’aident à se sortir de ce mauvais pas. Ses finances sont excellentes et la banque centrale dispose d’une large marge de manœuvre pour intervenir.
– Le Canada a retrouvé la croissance, grâce notamment à un marché intérieur en forme et un dollar canadien en recul face à l’euro et au dollar américain (alors que les USA sont son principal marché d’exportation).
– En Norvège, la devise, très liée au pétrole, s’est dépréciée face à l’euro et la solidité financière ne fait aucun doute. Mais il est difficile de déceler des ressorts de croissance susceptibles de pallier la méforme du secteur des hydrocarbures qui domine cette économie.

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