Analyse
Que retenir de 2015 ? Interview de Pierre Samain. il y a 2 ans - mercredi 16 décembre 2015

Notre expert répond à nos questions sur l’année écoulée, pour vous aider à mieux appréhender l’année qui s’annonce.

Pour en savoir plus sur le bilan de 2015, sur nos attentes et nos conseils pour 2016, consultez le dossier que nous avons réalisé à ce sujet dans notre récente publication mensuelle.

 

Que retenez-vous de l’année qui s’achève ?

Essentiellement la dépendance des marchés financiers aux banques centrales (Fed, BCE). Chaque mot prononcé par ces autorités est décortiqué par les marchés, qui cherchent à anticiper les prochaines annonces. Cela explique les sautes d’humeur des Bourses. Mais au final, même les autorités monétaires ne savent pas toujours clairement où elles vont. Par ailleurs, l’efficacité de leur politique (relance de la croissance, inflation) pose question.

 

Et la situation en Chine ?

La Chine a augmenté la nervosité. Le ralentissement de l’économie chinoise semble plus marqué qu’attendu et a lourdement affecté les marchés cet été. Mais nous ne tablons pas sur une récession. La crise touche d’ailleurs tous les pays émergents, d’autant que la chute du prix des matières premières met à mal leurs finances et que les réformes n’ont pas toutes été faites. La situation est vraiment très difficile au Brésil où s’ajoute une crise politique.

 

Comment abordez-vous 2016 ?

La question numéro un pour 2016, c’est la solidité de la croissance mondiale. Nous tablons sur une croissance ferme aux USA, grâce à la consommation, sur une stagnation en Europe et sur la poursuite des difficultés dans les pays émergents. Notre stratégie ne repose toutefois pas seulement sur nos attentes en 2016 mais aussi à plus long terme.

 

Quels sont alors vos conseils à long terme ?

Vu la faiblesse des taux obligataires, les actions devraient rester l’actif le plus intéressant. Elles comptent encore pour 60 % de notre principal portefeuille. Un chiffre que chaque investisseur doit moduler en fonction du risque qu’il peut prendre. Nous continuons d’investir en actions américaines, bien qu’après leur hausse, nous ayons réduit leur poids à 10 %. Les actions des pays émergents pourraient encore souffrir mais leurs perspectives à long terme les rendent incontournables. Et pour les actions européennes, nous sommes sélectifs. Nous privilégions les entreprises de qualité (croissance des profits, finances solides…), faiblement valorisées en Bourse.

 

Faut-il encore investir en obligations ?

La politique des banques centrales a fait chuter les taux à un niveau historiquement faible. C’est positif pour les entreprises et les Etats, qui se financent à de très bonnes conditions. Mais pas pour l’épargnant. Tant que les taux ne remontent pas, nous déconseillons d’investir en obligations.

 

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