Analyse
La panique saisit les actions bancaires européennes ! il y a un an - jeudi 11 février 2016

Nos conseils dans le secteur sont dès lors sélectifs.

Les actions bancaires européennes ont perdu 22 % depuis le début de l’année et 36 % par rapport au sommet de juillet 2015. Les investisseurs, qui s’étaient montrés trop confiants, sont déçus des résultats de fin 2015 et des prévisions pour 2016. D’autant que des questions resurgissent sur la solidité de certaines institutions ! Nous avons néanmoins trois conseils d’achat :
Barclays, qui poursuivra ces prochaines années ses baisses de coûts, surtout en banque d’investissement, et se recentrera sur quelques pays (sa restructuration difficile rend néanmoins le titre assez risqué);
BCP, qui a souffert ces derniers mois de la dégradation de son activité en Pologne et au Portugal, mais qui poursuit ses baisses de coûts et dont la chute du cours est exagérée (mais qui reste risqué);
UBS, qui semble avoir trouvé sa voie en se recentrant sur la gestion de fortune et garde de beaux espoirs pour le long terme en Asie (croissance des fortunes).

 

Votre épargne menacée ?

Il n’y a pas lieu de craindre, en Belgique, une crise systémique qui, comme en 2008, menacerait, l’épargne des clients des banques. Car depuis lors, les banques sont plus solides (davantage de fonds propres, moins d’actifs risqués). Et les banques centrales sont mieux préparées à réagir.
Enfin, si jamais une banque devait rencontrer de graves difficultés, les premiers 100 000 euros d’épargne sont toujours couverts par le fonds de garantie des dépôts. Au-delà, un certain nombre de mécanismes ont été mis en place pour n’inquiéter l’épargnant qu’en tout dernier ressort. Quant à vos avoirs en compte-titres (actions, fonds, obligations…), ils ne sont pas la propriété de la banque. En cas de faillite de celle-ci, vous les récupéreriez rapidement.

 

Défiance accrue

L’inquiétude des investisseurs se nourrit notamment de quatre facteurs :
– la piètre santé de Deutsche Bank, qui n’arrive pas à afficher une croissance pérenne et dont la solidité reste inférieure à la moyenne du secteur;
– le frôlement de la faillite par quatre petites banques italiennes fin 2015 et les craintes d’accidents au sein de plus grandes institutions;
– la réduction des prévisions de croissance des résultats (vu la faiblesse des taux);
– le retard dans le nettoyage des bilans (qui alimente la suspicion sur la solidité).

 

Résultats décevants

Au quatrième trimestre 2015, la faiblesse des taux a une nouvelle fois affecté les marges de la banque de détail des grands réseaux (BNP Paribas, Santander, Nordea…) et réduit la rentabilité des activités liées aux taux en banque d’investissement (Barclays, Deutsche Bank, Crédit Suisse…).

 

Déjà foutu pour 2016 ?

Pour le 1er semestre 2016, les banques se montrent prudentes. En cause :
– le maintien prolongé des taux bas;
– le ralentissement de la croissance économique mondiale, qui augmente le risque de crédits non remboursés;
– la plus grande sévérité de la réglementation, qui fait grimper les coûts et limite la croissance (les banques doivent avoir plus de fonds propres et moins de dettes).

 

Ne pas négliger le risque

Actuellement, les actions bancaires européennes que nous suivons se négocient à un cours correspondant en moyenne à 0,7 fois les fonds propres (contre 0,9 fois en moyenne ces 10 dernières années). Cela semble signifier qu’elles incluent le risque de mauvaises nouvelles. Mais ce risque reste suffisant pour nous inciter à rester sélectif dans nos conseils et à vous conseiller de ne pas consacrer plus de 5 à 10 % de votre portefeuille d’actions à chaque valeur bancaire détenue.

 

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