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BinckBank récompense le prêt de titres il y a un mois - mardi 17 octobre 2017
Est-ce intéressant ? Et quel est le risque encouru ?

Il s’agit d’une opération complexe. Pour l’investisseur particulier, il est bien difficile d’en maîtriser les rouages. Nous sommes dès lors très réservés.

Prêter ses titres?

Lorsque vous achetez des actions en Bourse, votre banque les place sur un compte-titres. Certaines banques proposent à leurs clients de prêter ensuite ces actions à d’autres investisseurs. Généralement, ces derniers pratiquent ce qu’on appelle la « vente à découvert ». Ils vendent au cours du moment (100 euros par exemple) une action dont ils ne sont pas encore propriétaires dans l’espoir de pouvoir l’acheter un peu plus tard à un cours plus faible (80 euros par exemple) et réaliser ainsi un gain (qui serait ici de 20 euros, soit 100 euros - 80 euros). Mais pour pouvoir réaliser ce type de transaction, les vendeurs à découvert doivent d’abord emprunter – par exemple chez vous – les actions qu’ils vont vendre. Ils les restitueront le jour où ils les rachèteront.

Compensation

Les investisseurs qui acceptent de prêter ainsi leurs titres reçoivent en compensation un rendement complémentaire. Les courtiers, les fonds de pension ou les trackers procèdent de cette manière depuis des années. Le courtier en ligne néerlandais DeGiro, également actif en Belgique, emprunte lui aussi des titres à ses clients. Mais ces derniers ne reçoivent qu’une maigre compensation, à savoir qu’ils sont soumis à un tarif un peu moins élevé que les clients refusant le prêt de leurs titres. BinckBank propose désormais à son tour aux clients qui le souhaitent de prêter leurs titres.

Une fois les frais administratifs déduits, les revenus seront partagés en deux, entre BinckBank et son client. Ce qui sera versé au client devra toutefois encore être soumis à un précompte mobilier de 30%.

Dans la foulée de BinckBank, DeGiro a aussi annoncé qu’il partagerait dans le courant de 2018 les revenus des prêts de titres avec ses clients.

Combien cela rapporte-t-il ?

Les actions fort demandées sur le marché du prêt rapportent de fortes compensations, alors que les actions peu courues ne rapportent (quasi) rien.

Parmi les actions les plus demandées figurent les actions du secteur biotech, mais aussi d’autres actions spéculatives. Quoi de plus logique ? Il s’agit en effet des actions les plus soumises à de fortes fluctuations de cours et qui peuvent, dès lors, procurer les plus gros gains aux shorters.

 

Pas sans risque

Prêter des titres peut augmenter votre rendement. Mais ce rendement supplémentaire n’est pas gratuit. En prêtant vos titres, vous encourez un risque accru, appelé risque de contrepartie. C’est le risque de ne pas revoir la couleur de vos titres si l’emprunteur n’est plus en état de vous les restituer. En l’occurrence, BinckBank va servir de tampon entre l’emprunteur et vous-même. Vous prêtez à BinckBank et ce dernier prête à son tour vos titres à des emprunteurs. La restitution de vos titres dépend donc de la capacité de la banque à le faire.

Comme d’habitude dans ce genre d’opération, le risque est tempéré par les titres donnés en garantie par les emprunteurs. BinckBank prévoit une garantie d’une valeur de 105% des titres prêtés. C’est seulement si BinckBank fait faillite, et que le montant offert en contrepartie est insuffisant, que vous risquez de ne pas récupérer (toutes) vos billes.

Obtenir un rendement supplémentaire, sans beaucoup d’effort, est évidemment tentant pour n’importe quel investisseur. Mais ce rendement, dont on ne sait pas trop à ce stade combien il restera après les frais prélevés par tous les intermédiaires, le partage en deux et la retenue du précompte mobilier, est-il vraiment suffisant pour compenser le risque ? 

Si BinckBank (et DeGiro) met(tent) tout en œuvre pour limiter ce risque autant que possible, quelles seront malgré tout les conséquences pour vous le jour où il se concrétisera ? Perdrez-vous un peu, beaucoup, voire l’entièreté de votre mise ?

 

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