Analyse
Bientôt des "hedge funds" belges grâce à un projet de loi il y a 13 ans - mercredi 14 juillet 2004

Jusqu’ici, ces fonds alternatifs n’étaient accessibles que via un contrat d’assurance de la “branche 23”. Un projet de loi élargit l’horizon, mais il est encore restrictif. Ce n'est qu'un premier pas…

Les "hedge funds" sont très connus, mais pas toujours compris. Leur but ? Donner à l’investisseur le "rendement absolu" – ce qu’il y a de mieux en toutes circonstances, que les cours montent ou descendent, sur le marché des actions comme sur celui des obligations. Pour y arriver, les gestionnaires peuvent quasiment tout faire : investir avec de l’argent emprunté, vendre des positions sans les avoir achetées, etc.

On en parle

· Les "hedge funds" font l’objet de davantage de conversations que d’opérations concrètes à cause de certains préjugés – parfois légitimes, parfois pas – et d’un trou grand comme ça dans la législation !

· Cela n’a pas empêché cette forme de placement de connaître un développement spectaculaire : au cours des 10 dernières années, 24 % par an en moyenne ! Au 1er trimestre de cette année, le montant investi dans ces fonds a dépassé pour la première fois le montant investi dans les fonds ou les sicav traditionnelles. Tout indique que le mouvement va se poursuivre. Il est porté par les investisseurs institutionnels (compagnies d’assurance, fonds et sicav) et les particuliers fortunés. Il y a déjà 6.000 "hedge funds" dans le monde !

Préjugés ?

· Les particuliers n’ont pas une bonne image des "hedge funds". Ils les associent à des scandales et pensent – parfois à bon droit – qu'il s’agit d’un placement risqué. De ce fait, tout le secteur est mis dans le même sac.

· C’est une erreur. Les "hedge funds" peuvent être rangés en une dizaine de catégories qui, chacune, ont leurs caractéristiques propres en matière de risque, de la plus conservatrice à la plus agressive. Il faut bien se pénétrer de ces différences avant même de songer à investir via ce type d’instrument. C’est loin d’être évident. C'est la raison pour laquelle le législateur belge a décidé d’y mettre du sien.

Projet de loi

· Si, aujourd’hui, vous voulez investir en "hedge funds", vous ne pouvez le faire que par l’intermédiaire d’un contrat d’assurance de la branche 23 (2 à la Deutsche Bank, la pionnière, et 2 chez CBC-KBC) ou dans le cadre d’un contrat de gestion discrétionnaire de votre portefeuille (chez un "private banker"). Fortis Banque propose une alternative, fondée sur des instruments qui ressemblent à des "hedge funds" mais sans en être vraiment.

· Un projet de loi vient tout bousculer. Il ouvre la porte à la création de "hedge funds" de droit belge. Mais il faut pour cela que deux conditions soient remplies : le client doit bénéficier d’un capital garanti et les gestionnaires ne peuvent investir que dans d’autres "hedge funds" (= fonds de fonds). Ces deux mesures ont pour but de répartir le risque, ce qui n’est pas inintéressant pour qui sait qu’en 2003 un tiers environ des nouveaux "hedge funds" ont disparu. La loi pourrait entrer en application cette année encore. Qui lancera le gant et, de ce fait, le premier "hedge fund" de fabrication belge ?

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