Analyse
Les atouts de l'Australie il y a 13 ans - mercredi 10 novembre 2004
Sicav en obligations ou en actions australiennes : c’était le bon placement ces dernières années. L’est-ce encore aujourd’hui ?

Depuis notre dernière analyse (mars 2003, F&S 105), la Bourse de Sydney a progressé d’un petit 50 %, les sicav obligataires ont dégagé un bénéfice de 13 % environ et la devise a gagné 6 % par rapport à l’euro. Il est donc temps de se poser la question traditionnelle : faut-il vendre et aller chercher son bonheur ailleurs ?

Pas le hasard
· Si la situation économique est bonne en Australie, ce n’est pas le fait du hasard. Le Premier ministre, John Howard, a procédé à toute une série de réformes en matière d’emploi, de sécurité sociale et de fiscalité. Son équipe a assaini les finances publiques, ce qui a permis au pays de gagner en capacité concurrentielle. Tout cela a mis l’Australie sur la bonne voie au bon moment :
– la baisse des taux a permis de ramener le loyer de l’argent à long terme de 6,5 % en 2000 à 4,25 % fin 2001. Les Australiens en ont profité pour investir dans l’immobilier et pour acheter des biens de consommation;
– le développement de l’économie chinoise a permis à l’Australie d’augmenter ses exportations de produits de base : minerai, énergie, produits agricoles. La balance commerciale, qui était lourdement déficitaire, s'est améliorée.
· De ce fait, la croissance économique n’a cessé de s’affirmer. Au 2ème trimestre de cette année, elle était encore de 4,1 %, avec une inflation sous contrôle. Pour l’ensemble de l’année, on s’attend à 3,6 % contre 2,1 % pour la Belgique et 1,9 % pour la zone euro.

Défis nouveaux
· Des atouts comme un marché du travail flexible, un cadre fiscal favorable au développement des entreprises, une population dynamique, une démographie favorable grâce à une politique d’immigration bien pensée et un sous-sol riche en ressources naturelles et agricoles doivent permettre au pays de surmonter bien des défis.
· Attention tout de même à deux choses, et d’abord à la demande intérieure. Pour maintenir la situation sous contrôle, la banque centrale a dû augmenter ses taux d’intérêt à plusieurs reprises. Or, la toute grande majorité des Australiens empruntent à taux variable. Toute hausse décidée au sommet se répercute immédiatement à la base. Comme il y a en ce moment une légère baisse des prix immobiliers, la hausse des taux pourrait entraîner un freinage assez brutal de la demande. Il semble toutefois qu'on s'oriente tout doucement vers la fin du cycle de hausse des taux australiens.
Deuxième chose, la Chine. Elle est en pleine surchauffe économique. Dans le meilleur des cas, l’activité y ralentira en douceur. Mais la demande en produits de base va baisser, ce qui aura un impact sur les prix. L’Australie serait touchée deux fois : sur la baisse de ses exportations et sur la baisse de ses prix. Logiquement, cela devrait entraîner une détérioration de la balance commerciale, ce qui serait néfaste pour la devise. Beaucoup dépend donc de la manière dont ces deux défis seront relevés.
Même après une décennie de croissance, le pays dispose à notre sens de suffisamment d’atouts pour relever les défis qui se présentent à lui. L’Australie reste intéressante pour les investisseurs.

Actions : achetez !
· Depuis le début de cette année, la Bourse de Sydney a gagné 16,4 %. Cette excellente prestation est due en partie à la bonne situation économique du pays et en partie à sa spécificité boursière. Si autrefois la Bourse de Sydney a été pénalisée – comme la Bourse de Bruxelles d’ailleurs – par le fait qu’elle comptait peu de sociétés de la « nouvelle économie », ce désavantage est entre-temps devenu une qualité. Le secteur financier et les services ont largement tiré parti de la hausse des dépenses d’investissement et de consommation des Australiens. Et le secteur des produits de base (minerais en tête) a bénéficié de la hausse des prix des matières premières. Or, ces trois secteurs constituent le gros de la capitalisation boursière de la Bourse de Sydney.
· Une Bourse qui est à un sommet, mais qui reste prometteuse parce que la hausse des cours y a suivi la hausse des attentes bénéficiaires des entreprises. D’ailleurs, lorsqu’on compare la Bourse de Sydney à ses consoeurs occidentales (prix et risque), on constate qu’elle est bon marché. Et son caractère classique en fait un bon outil de diversification.
Notre préférence va à Dexia Equities L Australia, dont les gestionnaires ont réussi à aligner des chiffres aussi bons que réguliers. Vous pouvez acheter.

Obligations… aussi !
Les atouts que présente un placement en obligations australiennes sont d’une part la devise et d’autre part le niveau des taux d’intérêt.
· Cette année, un placement en sicav obligataires australiennes a donné déjà un petit 4 %, malgré que le dollar australien (AUD) ait perdu 1,7 % par rapport à l’euro – ce qui ne fait qu’augmenter sa sous-évaluation. A notre avis, cette sous-évaluation va se résorber tôt ou tard. L’AUD reste donc une devise intéressante.
· L’investisseur belge, friand de coupons généreux, appréciera que les taux des emprunts d’Etat australiens soient supérieurs aux nôtres (2 % environ à moyen terme, 1,5 % environ à long terme).
Les sicav obligataires ING (L) Renta Fund II AUD, KB Lux Bond AUD et KBC Renta AUD-Renta se valent. Vous pouvez acheter à titre de diversification de votre portefeuille obligataire.

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