Analyse
Actions en flèche, obligations victimes des taux il y a 12 ans - jeudi 10 mars 2005

Ce sont les sicav d’actions exotiques qui se sont le mieux comportées en février. Les sicav obligataires ont souffert de la remontée des taux.

Ce sont les sicav d’actions exotiques (Amérique latine, Europe de l’Est) qui se sont le mieux comportées en février. Les sicav obligataires, elles, ont souffert de la remontée des taux. Les plus mal loties sont celles en dollars et en yens.

· De petits marchés et de grands flux de capitaux : il n’en faut pas plus pour un feu d’artifice boursier. C’est ce qui s’est passé en février avec les sicav d’actions latino-américaines, dont la valeur a progressé de plus de 10 %. Les sicav d’actions d’Europe de l’Est ont fait mieux encore: leur progression moyenne est supérieure à 13 %. Fortis B Equity Eastern Europe se détache du lot avec + 13,8 %.
Attention : tout cela a été trop vite. Si de gros investisseurs devaient se retirer, la chute pourrait être raide. Pour diversifier vos avoirs, si vous ne craignez pas trop les fluctuations de cours, tournez-vous vers le marché asiatique. A leur cours actuel, les “tigres” présentent un potentiel intéressant. Notre préférence va à Axa Rosenberg Pacific Ex-Japan Small Caps (distribuée par Axa Banque) et ING (L) Invest New Asia (*). La composition de leur portefeuille correspond à notre vision des choses.
· Les amateurs de sicav obligataires ne garderont pas un bon souvenir de février 2005. Les taux d’intérêt ont pratiquement grimpé partout, ce qui a pesé sur le cours des obligations, avec pour résultat une baisse des valeurs d’inventaire des sicav. Les sicav d’obligations en euros ont ainsi perdu jusqu’à 1,5 %. Pour rappel, plus la durée des obligations est longue, plus elles sont sensibles aux mouvements de taux.
· Ajoutez-y la faiblesse des dollars américain (- 1,8 %) et canadien (- 0,9 %) ainsi que du yen japonais (- 2,6 %) et vous savez qui est perdant!

Hausse toute !
· Les sicav d’actions internationales reprises dans notre sélection ont en moyenne progressé de 1,9 %.
Fidelity Gestion Dynamique A (distribuée entre autres par la Deutsche Bank, *, voir p. 20) a fait mieux encore: + 3,6 %. Ses choix en faveur d’ING Groep (+ 5,3 %), de l’assureur allemand Allianz (+ 4,1 %) et du conglomérat énergétique italien ENI (+ 5,7 %) lui ont rapporté gros.
Puilaetco Quality Global Equity (*, + 3,3 %) a, elle aussi, bien progressé grâce à son choix en faveur du groupe français Total (+ 9 %), mais aussi d’ENI et d’ING Groep. Cette sicav mise surtout sur les valeurs européennes, qui ont mieux presté que leurs consoeurs américaines en février.
Parvest World (distribuée par Cortal Consors, *, + 0,2 %) a fait moins bien à cause du moins bon comportement de quelques-unes de ses valeurs vedettes: le fabricant informatique Dell (- 5,7 %), Citigroup (- 4,5 %) et la société de biotechnologie Amgen (- 2,8 %).
La seule a avoir réellement perdu des plumes en février est la sicav éthique Triodos Values International Equities (- 0,2 %). C’est dû à la mauvaise influence de Home Depot (- 4,7 %, bricolage), de France Télécom (- 5,3 %) et de Fannie Mae (- 11,1 %, crédit hypothécaire).
· Ces sicav s’adressent à qui veut se constituer en une fois un portefeuille diversifié. Vous pouvez acheter Aphilion Q² Equities (Aphilion, + 1,9 %), Contrarian Equities@Work (Capital@Work, *****, + 2 %) et Dexia Sustainable Accent Social (***, + 1,4 %).

LES MARCHES BOURSIERS EN FEVRIER 2005

Bourse

Evolution (1) sur

1 mois

3 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

3.9%

11.0%

5.0%

Athènes (ASE)

7.7%

18.5%

28.3%

Bruxelles (BEL 20)

3.6%

9.0%

25.1%

Francfort (DAX 30)

2.3%

5.2%

6.0%

Hong Kong (Hang Seng)

1.6%

0.8%

-4.6%

Lisbonne (PSI 20)

-1.5%

5.0%

3.5%

Londres (FTSE 100)

2.7%

6.6%

7.4%

Madrid (IBEX 35)

1.8%

8.0%

13.8%

Milan (MIB 30)

1.2%

7.6%

14.7%

Nasdaq Composite

-2.3%

-2.0%

-5.4%

New York (S&P 500)

0.1%

2.7%

-1.6%

Paris (CAC 40)

2.9%

7.3%

8.1%

Stockholm (OMX)

4.4%

2.3%

12.6%

Sydney (ASX - AORD)

1.8%

8.0%

18.7%

Tokyo (NIKKEI 225)

0.5%

6.3%

4.3%

Toronto (S&P/TSX Composite)

4.1%

3.7%

12.4%

Zurich (SMI)

3.6%

7.2%

5.0%

(1) en %, après conversion en euro, fin février 2005

La zone euro
· Bravo, la zone euro ! Le mois de février a été faste quasiment partout, sauf à Lisbonne (- 1,1 %) où la Bourse a baissé pour des raisons politiques : dérapage budgétaire et victoire électorale de l’opposition. Tout cela pourrait avoir un impact sur la gestion de certaines sociétés d’utilité publique, disent les gestionnaires d’EMIF Portugal Index Plus (KBC, *U, - 1,7 %), la seule sicav spécialisée en valeurs portugaises commercialisée en Belgique. N'achetez pas.
· Les sicav d’actions belges ont encore réussi à gagner du terrain en février : + 4 %. PAM Equities Belgium (Petercam, ***) caracole toujours en tête (+ 6,3 %). Le “clone” WFS Equity Euroland (Winterthur-Europe, branche 23, ***) en a aussi profité. Leurs gestionnaires ont à bon droit fait confiance à l’armateur CMB (+ 31,1 %), à sa cousine Euronav (+ 28,6 %) et à Quick Restaurants (14,4 %). Les actions à rendement (sur dividende) élevé ont fait moins bien en février : Osiris Equities Belgian High Yield (*****, + 2,9 %) est un peu en retrait. Mais nous lui gardons toute notre confiance.
· La seule sicav d’actions grecques reprise dans nos tableaux, EMIF Greece Index Plus (**, + 7,3 %) a fait quasiment aussi bien que la Bourse d’Athènes en février (+ 7,5 %). Les actions grecques sont chères. Vous pouvez (re)vendre.
· Les sicav d’actions françaises ont gagné 2,8 % en février. ING (F) Actions France CAC 40 (*, + 3,7 %) a fait nettement mieux encore grâce à ses choix judicieux : Total (+ 9 %), le géant pharma Sanofi-Synthelabo (+ 5,5 %), le groupe alimentaire Danone (+ 5,2 %). Dexia Equities L France (+ 2,3 %) a fait moins bien à cause de France Télécom (- 5,3 %) et du groupe bancaire BNP Paribas (- 1 %). Ne pas acheter.
· Pour le moment, nous ne conseillons plus d’investir dans les sicav nationales de la zone euro, sauf en Belgique. L’avantage de diversification que l’on tire de placements répartis sur ces différents pays diminue d’année en année. Et l’offre, qui autrefois était intéressante, l’est moins. Optez plutôt pour une sicav qui investit en même temps dan tous ces pays, comme Dexia Invest EMU Value (****, + 3,5 %). ING (L) Invest Euro High Dividend (*****, + 2,4 %) ne peut plus être achetée: elle a atteint une taille telle que sa gestion risque de devenir problématique. Vous pouvez conserver.

Le chaud et le froid
· Les sicav spécialisées dans le secteur financier ont vu leurs prestations fluctuer entre - 0,1 % et + 3,7 %. ING (L) Invest Banking & Insurance est au bas de l’échelle à cause de la mauvaise tenue des valeurs américaines qu’elle a en portefeuille. Des valeurs qui ont été affectées par la hausse des taux américains. Citigroup (- 4,5 %), JP Morgan Chase & Co (- 3,8 %) et Wells Fargo & Co (- 4,9 %) ont toutes vu leur cours baisser. Par contre, les sicav centrées sur le marché européen ont fait nettement mieux: SGAM Equities Euroland Financial A (+ 3,7 %) doit surtout ses bonnes performances aux groupes financiers français Société Générale (+ 4,5 %) et Axa (+ 9,1 %).
· Dans ce secteur, il faut bien faire la différence entre les sicav diversifiées mondialement et celles misant sur l’Europe seulement. Nous préférons les premières. Les perspectives sont meilleures aujourd’hui aux Etats-Unis, où il y a des milliers de banques qui tôt ou tard se rapprocheront. Nous ne vous conseillons qu’une seule sicav dans ce secteur, Fortis L Equity Finance World (+ 0,8 %), à laquelle nous attribuons entre une et deux étoiles.

La pharma va mieux
· Février a été de pair avec quelques bonnes nouvelles pour un secteur pharma qui en avait bien besoin. Un groupe d’experts américains de la célèbre Food & Drug Administration (FDA) a estimé que les avantages que le patient pouvait tirer des anti-douleurs Vioxx (Merck & Co) et Celebrex (Pfizer), dont on a beaucoup parlé ces derniers mois, étaient finalement plus importants que le risque de problèmes cardiaques qu’on leur attribuait. Axa B Fund Pharma & Healthcare (**, + 3,8 %) a vu sa valeur s’envoler avec la remontée en force de Merck & Co (+ 11 %) et de Pfizer (+ 6,9 %). KBC Equity Fund Pharma Growth n’a gagné que 0,1 % à cause de Boston Scientific (- 3 %) et de Medtronic (- 2,5 %).
· A notre avis, on peut être optimiste à long terme pour ce secteur. A côté du vieillissement de la population, il y a une constante amélioration des connaissances. La meilleure identification de nouvelles pathologies aboutira à terme à la sortie de nouveaux médicaments. Les amateurs de long terme peuvent acheter Fortis L Equity Pharma Europe et ING (L) Invest European Healthcare (***).

LES SECTEURS EN FEVRIER 2005

Evolution (1) sur

1 mois

3 mois

12 mois

En Europe

Secteur financier

3.4%

10.6%

16.9%

Secteur pharmaceutique

2.7%

6.2%

6.0%

Secteur télécom

-0.8%

4.1%

9.9%

Secteur technologique

3.0%

-1.2%

-14.3%

Secteur de la consommation

2.9%

7.3%

7.6%

Secteur de la distribution

2.2%

9.5%

15.5%

Sociétés d'utilité publique

1.2%

10.8%

27.0%

Dans le monde

Secteur financier

0.9%

6.2%

8.3%

Secteur pharmaceutique

1.5%

4.8%

-6.4%

Secteur télécom

0.2%

3.3%

5.4%

Secteur technologique

-0.5%

0.2%

-9.9%

Secteur de la consommation

1.1%

6.8%

1.1%

Secteur de la distribution

-0.7%

1.3%

1.2%

Sociétés d'utilité publique

1.2%

8.4%

20.7%

(1) en %, après conversion en euro, fin février 2005

Rendements en hausse
· L'actualité obligataire de février a été marquée par la hausse des taux. Le rendement des emprunts de l'Etat belge sur 10 ans est passé en un mois de 3,50 à 3,70 % environ.
Comme d'habitude, tout est venu des Etats-Unis. Les taux obligataires américains sont repartis à la hausse après qu'Alan Greenspan, le patron de la Fed (= la banque centrale américaine) ait déclaré qu'il n'était pas concevable que les taux obligataires (= à long terme) continuent à baisser alors que dans le même temps les taux directeurs de la Fed (= à court terme) étaient revus à la hausse et qu'ils continueraient à l'être au cours des prochains mois, le but étant d'éviter le retour de l'inflation.
· La hausse des taux a provoqué – c’est « mécanique » – une baisse du cours des obligations existantes et donc des sicav qui investissent sur ce marché. Les sicav obligataires ont à peu près toutes reculé. Pas de panique toutefois. Si la hausse des taux se poursuit, elle sera progressive. On ne s'attend d’ailleurs qu'à une remontée modérée. De quoi laisser le temps aux gestionnaires d'adapter leurs portefeuilles.

EVALUATION SECTORIELLE

Nom du secteur

Score

Sicafi

++

Pharma

+

Alimentation et boissons

+

Utilité publique

+

Finances

=

Télécoms

=

Distribution

=

Technologie

--

L’évaluation sectorielle s’attache à la valorisation et au risque des actions d’un secteur particulier. Elle fluctue entre ++ (très bon) et -- (très mauvais). En cas d’évaluation identique, les secteurs sont classés par ordre de préférence, du meilleur au moins bon

Tour du monde
· Les sicav d'obligations internationales ont perdu en moyenne 1 % en février pour les raisons que nous venons de dire. Mais la baisse du dollar américain (- 1,8 %) et du yen japonais (- 2,6 %), deux devises importantes dans les grands portefeuilles (à côté de l'euro), a aussi pesé sur ces sicav.
· Une fois de plus, PAM (L) Bonds Universalis (Petercam, ****) s'en est mieux sortie et a limité les dégâts à - 0,1 %. L'explication de ses gestionnaires tient en plusieurs points:
– la présence en portefeuille de devises exotiques comme le rand sud-africain (+ 1 %), le zloty polonais (+ 4 %) et le forint hongrois (+ 1,6 %);
– l'absence d'obligations en yens japonais;
– la présence d’obligations de sociétés (= « corporate ») à côté des emprunts d'Etat. Les premières ont fait mieux que les secondes;
– des liquidités disponibles en attendant que les taux remontent.
· A l'opposé, Dexia Index International Bonds (***) a perdu 1,8 %. Explication: ses gestionnaires ont investi près de 30 % de leur avoir en yens japonais (- 2,6 %) et cette sicav ne mise que sur les emprunts d'Etat.
· Intéressant si vous souhaitez diversifier en une fois votre portefeuille obligataire. Notre préférence va actuellement à PAM (L) Bonds Universalis (Petercam). Si vous ne trouvez pas cette sicav auprès de votre banque, vous pouvez aussi vous adresser à Keytrade Bank et Rabobank.be.

Obligations en euros
· Les sicav d'obligations en euros investissant à court terme ont moins souffert de la hausse des taux : elles ont fait du sur place. Celles investissant à moyen terme ont par contre reculé de 0,5 % et celles investissant à long terme de 1 %.
· Les sicav investissant en obligations « corporate » (= de sociétés privées) ont fait un peu mieux ou un peu moins mal que les autres. Elles ne se sont dépréciées que de 0,2 %. PAM (L) Bonds EUR Quality (Petercam, ***) s'en est un tout petit mieux sortie : - 0,1 %. Ses gestionnaires ont beaucoup investi en obligations à… 30 ans. Une durée qu'affectionnent particulièrement les fonds de pension. Par nature, leurs gestionnaires prennent des engagements à long terme, ce qui soutient le cours de ces obligations.
ING (L) Renta Fund Eurocredit s'est aussi bien comportée (- 0,1 %). Ses gestionnaires ont fait exactement l'inverse : ils viennent d'abaisser la durée moyenne de leurs obligations en portefeuille, ce qui a réduit d’autant l’effet négatif de la hausse des taux.
Pour être clair, les taux à court et à très long terme n'ont pas (ou peu) grimpé, contrairement aux taux à moyen et long termes. Cela explique que ces deux sicav aient pu en même temps bien se comporter.
· Nous vous conseillons les sicav d'obligations à moyen terme. Elles offrent le meilleur compromis entre rendement et risque (de hausse des taux).
Si vous détenez des sicav d'obligations « corporate », vous pouvez les conserver, mais n’achetez plus. L'écart de rendement avec les obligations d'Etat s'est encore réduit.

Zone dollar
· Les sicav d'obligations en dollars américains ont en moyenne perdu 2,5 %, et ce pour deux raisons : baisse du dollar (- 1,8 %) et hausse des taux obligataires aux Etats-Unis. Elles restent néanmoins intéressantes du fait essentiellement du potentiel de hausse du billet vert. Vous pouvez acheter Dewaay American Bonds (HSBC Dewaay, ***) et ING L Renta Fund Dollar (***).
· Les sicav d'obligations en dollars canadiens ont perdu 0,9 % en moyenne à cause de la baisse de la devise (- 0,9 % également). Mais ces sicav restent intéressantes du fait aussi de la sous-évaluation du dollar canadien par rapport à l’euro. Nous vous conseillons Dewaay Canadian Bonds (HSBC Dewaay, ***).
· Les sicav d'obligations en dollars australiens ont fait du sur place. Le dollar australien a pourtant progressé de 0,6 % en février. Mais les taux australiens ont aussi progressé, ce qui a pesé sur les cours des sicav. Les taux australiens sont un peu plus élevés encore que ce qu'ils étaient déjà. Intéressant pour ceux qui veulent investir.

LES DEVISES EN FEVRIER 2005

Code

ISO

Devise

Cours (1)

(en euro)

Evolution (2)

Persp. (3)

1 mois

1 an

1 an

LT

DKK

Couronne danoise

0,1344

0.0%

0.1%

=

=

SEK

Couronne suédoise

0,1104

0.6%

2.1%

+

++

NOK

Couronne norvégienne

0,1217

0.8%

6.4%

=

-

CHF

Franc suisse

0,6506

0.8%

2.7%

=

+

GBP

Livre sterling

1,4509

0.3%

-2.9%

-

=

USD

Dollar américain

0,7534

-1.8%

-6.4%

+

++

CAD

Dollar canadien

0,6129

-0.9%

2.2%

+

++

AUD

Dollar australien

0,5981

0.6%

-3.7%

+

+

NZD

Dollar néo-zélandais

0,5494

0.7%

-0.4%

-

--

JPY

Yen japonais (100)

0,7225

-2.6%

-1.9%

=

++

(1) fin février 2005 ; p.ex. 1 USD vaut x euros; (2) en %, par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à long terme.

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