Analyse
Investir au Danemark il y a 12 ans - jeudi 10 mars 2005

Le bilan plutôt positif de l’économie danoise est tentant. Pourtant, l’investisseur trouvera de meilleures opportunités ailleurs en Scandinavie. 

Le bilan plutôt positif de l’économie danoise est tentant. Pourtant, l’investisseur trouvera de meilleures opportunités de placement ailleurs en Scandinavie. Voici pourquoi.

Le premier ministre danois Rasmussen a entamé son deuxième mandat le mois dernier. La victoire de sa coalition de centre-droit aux élections est due notamment aux bonnes performances économiques de son pays. Le Danemark est en effet un des meilleurs élèves de la classe européenne sur le plan de la croissance économique et de la maîtrise de ses finances publiques. En même temps, le Danemark est, après la Suède, le pays où la pression fiscale est la plus forte. Voyons tout cela de plus près.

Economie assainie
· Après une récession en 2003, l’économie danoise a profité de la reprise mondiale pour assainir ses finances publiques. La dette publique a été ramenée de 49,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2001 à 42 % aujourd’hui. A titre de comparaison, nous sommes très fiers en Belgique d’avoir pu l’an dernier ramener notre dette publique à moins de 100 % du PIB.
· Cette opération a été menée sans toucher au (généreux) système de sécurité sociale et… en réduisant les taxes. La population a vu son pouvoir d’achat grimper de 4 % et elle s’est mise à consommer, ce qui, combiné à la baisse des taux et à la bonne conjoncture, a entraîné une croissance économique de 2,2 % en 2004 (estimation) qui devrait même passer à 2,5 % cette année. C’est plus que la moyenne attendue dans la zone euro (2,1 %), dont le Danemark ne fait pas partie.

Double défi
· Le deuxième mandat de M. Rasmussen risque d’être plus difficile. Le gouvernement devra procéder à une coûteuse réforme des institutions régionales. Le premier ministre veut que les pouvoirs locaux prennent davantage de responsabilités et donc de compétences.
· Le Gouvernement veut aussi organiser un référendum sur la Constitution européenne. Ce ne sera pas une sinécure dans un pays où une bonne partie de l’opinion est eurosceptique. La situation y est comparable à celle du Royaume-Uni.
· Ce n’est pas tout. Comme écrit plus haut, le Danemark ne fait pas partie de la zone euro . Mais, que les épargnants se rassurent, la différence n’est que symbolique puisque la couronne danoise (DKK) est “arrimée”, comme on dit, à l’euro. Concrètement, son cours évolue exactement comme celui de la monnaie unique. Les obligations en couronnes danoises ne sont donc soumises qu’à un petit risque de change et elles donnent un rendement équivalent aux obligations en euros.

Obligations, actions
· Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas très chauds pour les sicav d’obligations en couronnes danoises. L’écart est infime par rapport aux sicav obligataires en euros, si bien qu’il n’y a même pas d’avantage au niveau de la diversification. Toutefois, si vous possédez des parts de ING (L) Renta Fund II DKK ou de KBC Renta Decarenta, vous pouvez les conserver.
· En ce qui concerne la Bourse danoise, riche en sociétés des secteurs de la santé et de la finance, nous ne sommes pas plus chauds. La Bourse de Copenhague est chère. Les dividendes y sont maigres et les rapports cours/bénéfice plus élevés que la moyenne européenne. De plus, nous trouvons moyennes les prestations de la seule sicav spécialisée dans ce type de placement, EMIF Denmark Index Plus (CBC-KBC, *).
· Il y a aussi moyen d’acheter des sicav d'actions investissant à la fois au Danemark (en moyenne 15 % du portefeuille), en Suède (50 %), en Norvège (15 %) et en Finlande (20 %). Mais la Bourse norvégienne est trop chère et les actions finlandaises trop chères aussi et trop peu diversifiées. Nous ne conseillons donc pas cette formule. Idem pour les sicav obligataires, les emprunts en couronne norvégienne (10 à 15 % des portefeuilles) pouvant souffrir d'une baisse de la devise.
· Si vous voulez diversifier votre portefeuille obligataire, achetez plutôt une sicav obligataire en couronne suédoise. Vous avez le choix entre ING (L) Renta Fund II SEK et KBC Renta Sekarenta. Cela vous permettra de tirer parti, tôt ou tard, de la remontée d’une couronne suédoise (SEK) insuffisamment valorisée par rapport à l’euro.
· Si vous avez des parts de la sicav d’actions suédoises EMIF Sweden Index Plus (CBC-KBC) en portefeuille, vous pouvez conserver.

 

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