Analyse
Les obligations de Sa très gracieuse Majesté il y a 12 ans - jeudi 14 avril 2005

Rendement attractif,  devise correctement évaluée par rapport à l'euro, placement pas trop risqué, diversification intéressante ...

Le graphique 1 le montre clairement, les rendements obligataires sont plus élevés en Grande-Bretagne que dans la zone euro depuis 2003. Vous aussi, vous pouvez en profiter.

GRAPH. 1 - LES TAUX D’INTERET A LONG TERME (en %) AU ROYAUME-UNI (gras) ET DANS LA ZONE EURO

Du fait des meilleures performances économiques et des hausses successives des taux directeurs britanniques, l’écart se creuse depuis deux ans, et c’est tout profit pour les obligations en livres sterling.

Surchauffe immobilière
La remontée des taux obligataires britanniques est la conséquence du relèvement des taux directeurs (= taux à court terme) opéré à partir de novembre 2003 par la Banque d'Angleterre (l'équivalent de la Banque centrale européenne) afin de ralentir la progression des prix de l'immobilier.
· Les dirigeants de la Banque d’Angleterre craignaient que se forme une bulle immobilière et qu’elle explose, ce qui aurait entraîné un effondrement des prix, la ruine de nombreux ménages, la chute de la confiance et finalement un tassement de la croissance économique.
· Cette hausse des taux à court terme devait, par ricochet, provoquer celle des taux à long terme, donc des taux obligataires et des taux hypothécaires, de manière à freiner la demande sur le marché immobilier.
· Mais la Banque d’Angleterre a dû jouer serré. La précédente opération du même genre, en 1989, avait laissé un mauvais souvenir. Les taux directeurs avaient été relevés trop vite, les ménages, lourdement endettés, n'avaient pu suivre, ce qui avait provoqué un krach immobilier et précipité l’économie dans la récession.
· Elle a donc agi cette fois avec parcimonie, n'augmentant que progressivement ses taux directeurs : de 3,5 % en novembre 2003 à 4,75 % en août 2004. Opération réussie puisqu’un atterrissage en douceur des prix de l’immobilier se dessine. Ils ont baissé de 0,6 % en mars par rapport à février.

Economie en forme
· Si les rendements obligataires sont plus élevés en Grande-Bretagne, c'est aussi parce que l'économie britannique peut se le permettre : après avoir crû de 3,3 % en 2004, l'activité économique devrait un peu ralentir cette année mais rester supérieure à ce qui est prévu dans la zone euro.
· La hausse des prix, typique lorsqu’il y a croissance forte, devrait rester limitée. Nous prévoyons une inflation de 1,8 % cette année, soit moins que dans la zone euro (2 %).
· La hausse des taux britanniques n’a donc pas nui à l’activité économique. La consommation reste soutenue par la hausse des salaires qui, tout en restant contenue, améliore le pouvoir d'achat. Une nouvelle hausse des taux n'est pas exclue, mais à notre avis il n’y aura pas de relèvement sérieux dans les prochains mois.

GRAPH. 2 - EVOLUTION DE LA LIVRE STERLING (en euros)

Autrefois chère, la livre sterling est aujourd'hui correctement évaluée par rapport à l'euro. Des taux d’intérêt plus élevés que chez nous, une croissance économique supérieure à la moyenne européenne et des actions bon marché devraient soutenir son cours à l’avenir, même si de petites baisses passagères ne peuvent être exclues entre-temps.

Profitez-en
· La hausse des taux obligataires en Grande-Bretagne et la baisse de la livre sterling par rapport à l'euro font que les obligations en livres sterling sont à nouveau intéressantes à acheter. Il n'est pas exclu que la livre connaisse encore quelques soubresauts, mais ce risque est compensé par un supplément de rendement appréciable.
· Les obligations en livres sterling ne s’adressent toutefois pas à tous les investisseurs. Elles ne valent qu’à titre de diversification (à concurrence de 5 % de votre portefeuille environ) et uniquement pour ceux qui ne souhaitent pas prendre trop de risques, c’est-à-dire ceux qui gèrent leurs avoirs de manière défensive (beaucoup d'obligations, peu d'actions). L’horizon de placement (5, 10 ou 20 ans) n’a pas d’importance.

Choisir une sicav
· Dans nos tableaux, vous trouverez une sélection de quatre sicav : Fidelity Sterling Bond Fund, ING (L) Renta Fund II GBP, KB Lux Bond GBP et KBC Renta Sterlingrenta.
· Ces sicav existent depuis cinq ans au moins, nous avons donc pu confronter leurs performances à celles de leur marché de référence (c'est-à-dire le marché obligataire en livres sterling). Nous avons comparé le rendement, le risque, la régularité des prestations et synthétisé le tout dans notre indicateur de performances, lequel attribue *** à Fidelity Sterling Bond Fund. C’est la sicav la mieux gérée de sa catégorie. Mais attention : il s’agit d’une sicav de distribution qui verse tous les trois mois un dividende soumis au précompte mobilier de 25 %, ce qui est un désavantage par rapport aux sicav de capitalisation, non soumises au précompte. De plus, il y a des frais que réclament certaines banques lors du versement de dividendes. Bref, l’avantage qu’apporte la bonne gestion de cette sicav risque d’être mangé par le précompte et les frais.
· Au final, nous préférons KBC Renta Sterlingrenta (CBC-KBC), qui n’a que ** mais dont les performances (rendement, risque) sont les plus proches de Fidelity.

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