Analyse
Les temps sont durs pour les amateurs d'actions il y a 12 ans - vendredi 13 mai 2005
Temps pourri en avril, en Bourse aussi, à quelques exceptions près. Heureusement, les investisseurs ont pu se consoler avec les sicav obligataires, qui ont bien marché, elles.

· Avril aura été la confirmation de mars sur le front boursier. La baisse était générale alors que les mois précédent les marchés avaient aligné les bonnes prestations de manière quasi ininterrompue. Le fait que les perspectives économiques s’assombrissent en Europe y est évidemment pour beaucoup, de même que les résultats décevants de quelques grands noms de la cote comme Apple, IBM ou Philips. Rien de tout cela n’allait rallumer les ardeurs des investisseurs. Si l’on se concentre sur ce qui est positif, la récolte est maigre : en Europe, seule la Bourse d’Athènes a progressé (+ 0,5 %), mais elle avait sévèrement reculé auparavant. A l’échelon mondial, seule la Bourse de Hong Kong a étonné (+ 3,6 %). Du coup, seules les sicav concernées se sont bien comportées, avec tout de même un autre point positif, sectoriel celui-là, les sicav « pharma ». CitiEquity Global Healthcare A (Citibank, + 4,9 %) est même la championne du mois dans nos tableaux.

LES MARCHES BOURSIERS EN AVRIL 2005

Bourse

Evolution (1) sur

1 mois

3 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

-5.8%

-3.4%

2.0%

Athènes (ASE)

0.5%

-1.8%

13.9%

Bruxelles (BEL 20)

-2.8%

1.4%

24.6%

Francfort (DAX 30)

-5.2%

-3.1%

2.3%

Hong Kong (Hang Seng)

3.6%

2.4%

8.2%

Lisbonne (PSI 20)

-2.3%

-5.1%

1.4%

Londres (FTSE 100)

-0.2%

1.2%

7.0%

Madrid (IBEX 35)

-2.8%

-2.4%

11.0%

Milan (MIB 30)

-4.7%

-2.2%

10.1%

Nasdaq Composite

-3.2%

-5.9%

-7.1%

New York (S&P 500)

-1.4%

-1.1%

-3.0%

Paris (CAC 40)

-3.8%

-0.1%

6.5%

Stockholm (OMX)

-3.2%

0.1%

8.9%

Sydney (ASX - AORD)

-2.3%

-2.3%

16.2%

Tokyo (NIKKEI 225)

-3.2%

-3.7%

-8.6%

Toronto (S&P/TSX Composite)

-5.4%

1.6%

15.7%

Zurich (SMI)

-0.2%

2.5%

2.8%

(1) en %, après conversion en euro, fin avril 2005

 

· Sur le marché obligataire, c’est l’inverse. Les investisseurs, par l’odeur alléchés, se sont rués sur ce type de placement, ce qui a fait monter les cours et baisser les rendements, donc les taux d’intérêt. Une excellente chose pour les sicav obligataires évidemment. Une fois encore, ce sont les sicav investissant sur les périodes les plus longues qui ont donné les meilleurs résultats.

· Sur le marché des changes, on note les performances musclées du dollar néo-zélandais (NZD, + 3,4 %), si bien que KBC Renta NZD-Renta (+ 5,5 %) décroche la palme. Même chose pour les sicav obligataires en yens, (JPY, + 2,6 %), en livres sterling (GBP, + 1,8 %) et en dollar australien (AUD, + 1,6 %).

Malaise mondial

· Du côté sicav d’actions diversifiées internationalement, seule Axa B Fund International Equities (+ 0,2 %, *) a réussi à terminer avril dans le vert. La raison n’est pas tellement dans la bonne sélection des actions de son portefeuille, mais dans… le calcul de sa valeur d’inventaire ! Ce calcul n’intervient qu’une fois par semaine (le mercredi), si bien que la sicav a clôturé le mois sans tenir compte des deux derniers (et très mauvais) jours du mois. Evidemment, le balancier jouera dans l’autre sens le mois prochain. C’est Contrarian Equities@Work (Capital@Work, *****V) qui a reçu les coups les plus sévères (- 4,7 %) à cause essentiellement des actions françaises que cette sicav détient : Lafarge (construction; - 6 %), Axa (bancassurance ; - 7,6 %) et Saint-Gobain (verre ; - 7,2 %).

· Si vous êtes de ceux qui ne souhaitent pas se constituer eux-mêmes un portefeuille d’actions, les sicav diversifiées internationalement offrent une bonne alternative. En une fois, vous vous appropriez un avoir diversifié. Mais attention : nos choix (en gras dans nos tableaux) sont un peu spéciaux, les sicav concernées aussi. Contrarian Equities@Work par exemple investit en actions qui ne sont pas très populaires. Aphilion Q² opte pour des actions peu connues, mais ses gestionnaires ont déjà fait montre de leurs qualités de stock pickers (= sélectionneurs de titres).

· Il y a encore une alternative à cette alternative, le tracker EasyETF Global Titans 50, qui est coté sur Euronext. Cette sicav gérée passivement investit dans les 50 plus grandes sociétés du monde. Préférez-le à Lyxor ETF DJ Global Titans 50, autrefois DJ Global Titans 50 Master Unit.

EVOL. DE APHILION Q² (en gras) ET DE L’INDICE MONDIAL DES ACTIONS (depuis le lancement de la sicav, base 100)

Depuis son lancement, Aphilion Q² n’a cessé de prendre de l’avance par rapport à l’indice mondial des actions. Une prestation dont ses gestionnaires peuvent être fiers. Vous pouvez encore acheter.

Une pause?

· Cela nous pendait sous le nez : pour la première fois depuis mars 2004, la Bourse de Bruxelles termine un mois en perte. Est-ce une pause ?

En moyenne, les sicav d’actions belges de notre sélection ont perdu 2,3 %. Une fois de plus, cette moyenne cache des différences importantes. Argenta Fund Actions Belges (*) par exemple n’a perdu que 0,3 %. Mais ici aussi le calcul de la valeur d’inventaire a joué un rôle positif. KBC Equity Flanders (*, - 3 %) par contre est celle qui a le plus reculé. Certaines petites valeurs de son portefeuillle, comme Kinepolis (- 9,9 %), Miko (- 7,4 %) et Barco (- 5,2 %), ont souffert de prises de bénéfice.

· Les sicav d’actions belges peuvent se targuer d’avoir déjà fait bien du chemin. Il ne faut pas trop se plaindre donc, d’autant que la Bourse de Bruxelles est une de celles qui ont le moins baissé en avril. Osiris Equities Belgian High Yield (Banque Degroof, *****) se distingue du lot. Cette sicav investit en actions offrant un dividende élevé, lesquelles sont toujours appréciées. Attention : si vous voulez acheter des parts de cette sicav chez Degroof, on vous renverra vers la société de Bourse Riga & Cie. Vous pouvez aussi vous adresser à votre intermédiaire financier habituel.

Pseudo-dangereux

· Le secteur pharma n’a guère été influencé par la déprimante atmosphère générale. En moyenne, cette catégorie de sicav a progressé de 3,9 % en avril. Une prestation remarquable que le secteur doit au retour en grâce depuis quelques mois de certains médicaments soi-disant dangereux qui, à l’examen, se révèlent l’être moins que craint. De plus, Pfizer (+ 4,1 %) et Roche (+ 11,8 %) ont dégagé de bons résultats et Eli Lilly (+ 13 %) a bénéficié d’une prolongation de certains de ses brevets.

LES SECTEURS EN AVRIL 2005

Evolution (1) sur

1 mois

3 mois

12 mois

En Europe

Secteur financier

-2.8%

-0.4%

15.1%

Secteur pharmaceutique

6.7%

10.1%

8.9%

Secteur télécom

-4.2%

-5.7%

7.2%

Secteur technologique

-3.4%

-2.6%

-7.0%

Secteur de la consommation

2.7%

6.4%

8.4%

Secteur de la distribution

-3.9%

-3.3%

9.8%

Sociétés d'utilité publique

1.5%

2.1%

25.4%

Dans le monde

Secteur financier

-1.1%

-1.3%

6.2%

Secteur pharmaceutique

5.7%

9.0%

-2.2%

Secteur télécom

-2.2%

-2.8%

3.2%

Secteur technologique

-3.2%

-4.5%

-10.2%

Secteur de la consommation

2.8%

5.4%

1.3%

Secteur de la distribution

-5.1%

-5.2%

-5.7%

Sociétés d'utilité publique

2.0%

3.8%

22.0%

(1) en %, après conversion en euro, fin avril 2005

EVALUATION SECTORIELLE

Nom du secteur

Score

Sicafi

++

Pharma

+

Alimentation et boissons

+

Utilité publique

+

Finances

=

Télécoms

=

Distribution

=

Technologie

--

L’évaluation sectorielle s’attache à la valorisation et au risque des actions d’un secteur particulier. Elle fluctue entre ++ (très bon) et -- (très mauvais). En cas d’évaluation identique, les secteurs sont classés par ordre de préférence, du meilleur au moins bon.

· Bravo donc à CitiEquity Global Healthcare A (Citibank, + 4,9 %) et à ING (L) Invest Health Care (+ 4,7 %, **), qui ont bénéficié de l’effet d’entraînement de Pfizer, GlaxoSmithKline (+ 10 %) et Roche (+ 11,8 %). KBC Equity Pharma Growth (+ 1,2 %) n’a pu suivre : son poids lourd, Amgen, a tout juste sauvé la mise (+ 0,7 %).

· Le secteur pharma dispose incontestablement d’un important potentiel après les coups qu’il a pris ces dernières années. Dexia Equities B Pharma + (**) est pour le moment la championne de sa catégorie. Mais si vous avez des parts d’une autre sicav, conservez.

· Ici aussi, les trackers constituent une alternative valable. Préférez StreetTRACKS MSCI Europe Health Care à EasyETF Euro Health.

EVOLUTION DE DEXIA EQUITIES B PHARMA PLUS (gras) ET DE L’INDICE PHARMA MONDIAL (base 100, en USD)

Les valeurs du secteur pharma reviennent en force et c’est tout bénéfice pour les sicav concernées. La sicav de Dexia fait mieux que son indice de référence en termes de rendement. Vous pouvez encore acheter.

La techno encaisse

· Les sicav d’actions investissant dans le secteur de la (haute) technologie ont aussi été chahutées en avril. En moyenne, elles ont perdu 3,8 %. Exception notable, KBC Equity Growth by Innovation, dont le statu quo d’avril fait suite à une série de prestations qui se distinguent du lot au sens positif du terme. Cette sicav investit en sociétés de croissance qui font de gros efforts en recherche et développement. La forte représentation du secteur pharma dans son portefeuille (Roche, AstraZeneca) a réduit à néant le trou creusé par les valeurs purement technologiques. Pour Fortis B Equity Technology Europe (*, - 6,5 %) et ING (L) Invest European IT (*, - 6,4 %) par contre, il n’y avait pas de bouée de sauvetage. Ces deux sicav ont d’ailleurs des portefeuilles comparables : Alcatel (- 12 %), Atos Origin (- 10,5 %), etc.

· A notre avis, ce secteur est encore trop risqué. D’autant que d’autres offrent en ce moment des perspectives plus intéressantes pour votre argent. Vous les retrouverez (sur fonds grisé) dans nos tableaux.

Hausse obligataire

· La plupart des sicav d'obligations ont terminé le mois d'avril dans le vert. Les taux obligataires ont en effet baissé un peu partout dans le monde. Les craintes en matière de croissance économique mondiale y sont pour plus que quelque chose…

Comme d'habitude, lorsque les taux baissent, le cours des obligations grimpe et, par ricochet, celui des sicav qui y investissent.

Contrairement aux investisseurs en sicav d'actions, les investisseurs en sicav obligataires ont donc connu un bon mois.

· Seul regret, la baisse du dollar canadien (- 2,9 %), qui a pesé sur le cours des sicav concernées (- 2 % en moyenne). Nous y reviendrons.

L'évolution des autres devises a par contre fait la joie des investisseurs: le dollar américain a progressé de 0,7 %, le dollar australien de 1,6 % et le dollar néo-zélandais a carrément bondi de 3,4 %. Même le yen japonais s'est apprécié (+ 2,6 %). La livre sterling s'est quant à elle appréciée de 1,8 %.

L’affaiblissement de l'euro s'explique par la dégradation des attentes économiques en Europe. La croissance peine à (re)démarrer. Il est donc peu probable que la Banque centrale européenne remonte de sitôt ses taux directeurs.

La bonne durée

· En attendant, les taux obligataires ont atteint des planchers en Europe.

Comme c'est souvent le cas, ce sont les sicav d'obligations en euros à long terme qui en ont le plus profité (+ 1,9 %). Leur progression au cours des 12 derniers mois est remarquable: + 12,7 %. Mais ces sicav présentent un risque trop important à nos yeux dans le contexte actuel de taux obligataires faibles. En effet, nous nous attendons à ce que les taux obligataires remontent tôt ou tard, un scénario particulièrement défavorable aux obligations à long terme. Le supplément de rendement que vous pouvez espérer à court terme (grâce à une situation exceptionnelle qui n'est pas tenable) ne compense pas le risque (à notre avis important) de perte à plus long terme.

· C'est la raison pour laquelle nous préférons les sicav investissant dans des obligations à moyen terme (+ 1,3 % en avril; + 6,7 % en 1 an). Il s'agit selon nous du meilleur compromis entre rendement et risque (de hausse des taux).

Le rendement des sicav d'obligations en euros pourrait connaître quelques fluctuations dérangeantes à court terme. Nous pensons néanmoins que dans l'optique d'un portefeuille placé à moyen ou long terme, les sicav dont le portefeuille est d’une durée moyenne méritent une place de choix dans votre avoir. Elles sont relativement moins risquées que les autres catégories de placement (il n'y a pas le risque monétaire) et elles assurent de ce fait la stabilité de votre portefeuille.

Voir nos conseils en gras dans les tableaux.

FORTIS L BOND LONG EURO (gras, échelle de gauche) ET TAUX A LONG TERME EN ZONE EURO (échelle de droite)

Le graphique l'indique clairement : lorsque les taux obligataires remontent, cela pèse sur le cours des sicav obligataires dont le portefeuille présente la durée moyenne la plus longue. Nous pensons que ce scénario va se reproduire. Evitez ces sicav pour l'instant.

Dette "corporate"

· Les sicav investissant en obligations de sociétés privées (= obligations « corporate ») ont moins progressé que les autres. Leur hausse s'est limitée, en moyenne, à 0,9 %. Il faut dire que le marché était encore sous le coup, en avril, des mauvaises nouvelles en provenance des constructeurs automobiles américains General Motors et Ford, menacés d'une possible révision à la baisse de leur notation financière (danger qui s'est d'ailleurs confirmé début mai). Concrètement, la mauvaise situation financière de ces entreprises fait craindre le pire, même si, à court terme, elles pourront faire face à leurs engagements.

Pour acheter leurs obligations, les investisseurs demandent donc un supplément de rendement, ce qui a pesé sur l'ensemble du marché de la dette "corporate", surtout pour les valeurs plus risquées. Valeurs que privilégient justement les gestionnaires de PAM (L) Bonds EUR Quality (Petercam, + 0,7 %, ***), ce qui explique leur performance inférieure à la moyenne.

· Si le regain de risque a contribué à augmenter l'écart de rendement entre obligations d'entreprises et emprunts d'Etat, il n'en reste pas moins que cet écart est encore historiquement bas. N'achetez pas. Vous pouvez néanmoins conserver.

Sauver les meubles

· C'est à peu près ce qu'ont dû se dire les investisseurs en sicav d'obligations en couronnes suédoises. La devise a en effet baissé de 0,5 % par rapport à l'euro en avril. Heureusement, la baisse des taux obligataires, en Suède aussi, avec, en corollaire, la montée des cours obligataires, a permis à ces sicav de progresser de 1,1 % en moyenne.

· Vous pouvez profiter de la baisse de la couronne suédoise pour acheter. L'atout essentiel de ces sicav réside dans la sous-évaluation de la devise et donc de son potentiel d'appréciation.

Vous pouvez acheter ING (L) Renta Fund II SEK (***) ou KBC Renta Sekarenta (CBC-KBC, ***).

Baisse du "huard"

Les sicav d'obligations en dollars canadiens ont en moyenne perdu 2 %. Une perte imputable à la baisse de la devise canadienne (- 2,9 %).

Nous pensons néanmoins qu'à terme le dollar canadien devrait s'apprécier à nouveau par rapport à l'euro. La devise est en effet sous-évaluée et cette sous-évaluation s’est encore renforcée avec la récente baisse de la devise.

C'est la raison pour laquelle nous vous conseillons d’y investir encore. Nous vous conseillons plus particulièrement Dewaay Canadian Bonds (Banque Dewaay), dont les gestionnaires parviennent à obtenir régulièrement de bons résultats (***).

EVOLUTION DU DOLLAR CANADIEN
(en euros)

La baisse du dollar canadien en avril n'est que provisoire selon nous. Le huard est en effet sous-évalué par rapport à la monnaie unique et il devrait tôt ou tard rattraper son retard. Vous pouvez encore investir.

LES DEVISES EN AVRIL 2005

Code

Devise

Cours (1)

Evolution (2)

Persp. (3)

ISO

(en euro)

1 mois

1 an

1 an

LT

DKK

Couronne danoise

0,1343

0.1%

-0.1%

=

=

SEK

Couronne suédoise

0,1087

-0.5%

-0.4%

+

++

NOK

Couronne norvégienne

0,1231

1.0%

1.2%

=

-

CHF

Franc suisse

0,6507

0.8%

1.1%

=

+

GBP

Livre sterling

1,4794

1.8%

0.0%

-

-

USD

Dollar américain

0,7746

0.7%

-7.1%

+

+

CAD

Dollar canadien

0,6172

-2.9%

1.8%

+

++

AUD

Dollar australien

0,6048

1.6%

0.4%

+

=

NZD

Dollar néo-zélandais

0,5671

3.4%

8.7%

-

--

JPY

Yen japonais (100)

0,7383

2.6%

-2.3%

=

++

(1) fin avril 2005 ; p.ex. 1 USD vaut x euros; (2) en %, par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à long terme.

Partagez cet article