Analyse
Du potentiel de Rocheuses au St-Laurent il y a 12 ans - vendredi 10 juin 2005

Profitez de la bonne forme de la devise canadienne pour engranger une première récolte avec vos sicav d’obligations.

Le gouvernement canadien est en ce moment confronté à un problème de politique intérieure (une affaire de corruption), mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’intéresser aux (bonnes) prestations de l’économie locale.
· Après une année 2003 décevante (taux de croissance de 2 % seulement), l’économie canadienne a fait nettement mieux en 2004 : 2,8 % ! C’est une prestation d’autant plus remarquable que les entreprises canadiennes ont dû vivre avec un dollar canadien (CAD) surévalué par rapport à son grand frère américain (USD). Or, les Etats-Unis sont le principal partenaire économique du Canada. La situation s’est encore compliquée l’an dernier, lorsque le dollar canadien s’est à nouveau apprécié (de 8 %) par  rapport au billet vert. Là, les hommes d’affaires canadiens ont eu peur…
· Pourtant, le résultat est bon. Il y a à cela deux explications :
– la forte demande intérieure (+ 3,8 % en 2004). Tout comme son grand frère américain, le consommateur canadien dépense et donc soutient l’économie locale. Pourquoi consomme-t-il ? Parce qu’il dispose des moyens ad hoc : le taux de chômage est peu élevé (6,8 %) et le marché immobilier tourne bien. Autrement dit, les Canadiens se sentent riches ;
– la bonne marche des affaires aux Etats-Unis. Malgré le cours élevé du CAD par rapport à l’USD, les Etats-Unis importent  beaucoup de produits canadiens. Les exportations canadiennes ont d’ailleurs augmenté de 4,9 % en 2004.

Et demain ?
· Pour les années à venir, nous tablons sur un taux de croissance proche de 2,7 %. C’est un chiffre comparable à celui de 2004, et ce malgré que le Canadfa soit, lui aussi, confronté à un problème de délocalisation de certaines activités vers l’Asie, plus particulièrement vers la Chine. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, le taux de croissance du Canada va rester supérieur à celui de bien d’autres pays, notamment la zone euro (1 % de moins environ). · Pas de problème non plus sur le plan monétaire, l’inflation est sous contrôle : 1,8 % en 2004, autour de 2 % cette année. Ce qui n’empêche nullement la banque centrale canadienne de dire qu’il n’est pas exclu qu’elle augmente son taux directeur (qui est actuellement de 2,5 %), mais de manière limitée. Pourquoi ? Une forte hausse des taux couperait les ailes à la consommation et ferait des coupes sombres dans l’immobilier. Mais il faut compter avec les Etats-Unis, où le taux directeur est nettement plus élevé. Les placements à taux fixe en USD sont donc fort attirants et les capitaux quittent le Canada pour gagner les Etats-Unis voisins. Ce n’est pas forcément un mal puisque cela affaiblit le CAD par rapport à l’USD et donc améliore la position concurrentielle du Canada par rapport à son puissant voisin. On le voit bien depuis quelques semaines : le CAD perd du terrain et les exportations canadiennes montent...

Les sicav
· En ce qui concerne les sicav d’actions , nous serons assez brefs. Il n’y a pas, dans notre pays, de sicav spécialisées dans les valeurs canadiennes. Par contre, il y a des sicav d’actions qui ont investi une partie de leur avoir au Canada. Les sicav d’actions internationales par exempl, mais leurs avoirs canadiens ne dépassent pas 2 à 3 % de leur portefeuille. Pourquoi 2 à 3 % ? Parce que c’est le poids de la Bourse de Toronto dans le monde.
· Vous pouvez plus facilement investir en sicav obligataires. A notre avis, s’il est possible que les taux canadiens montent ces prochaines années, ce ne sera que de peu (voir plus haut). De plus, le dynamisme des gestionnaires de sicav et le  potentiel qu’offre le CAD compensent cet handicap.
Vous trouverez un aperçu des sicav disponibles dans nos tableaux. Nous faisons la différence entre trois catégories:
KBC Multi Cash CAD Medium est une sicav qui, statutairement, ne doit investir qu’un minimum de 10 % de son portefeuille en obligations. Selon ses gestionnaires, la durée moyenne de son portefeuille est d’environ 2 ans.
Nous trouvons que les obligations de courte durée ne rapportent pas assez. Ne pas acheter ;
KB Lux Bond Canadian Dollar (**) par contre mise sur les durées plus longues, en moyenne 9 ans environ.
Nous ne sommes pas non plus amateurs d’obligations de longue durée. La moindre hausse des taux d’intérêt a un impact négatif sur leur cours et le supplément de rendement par rapport aux obligations en euro est trop limité ;
– entre les deux, on trouve des sicav obligataires classiques  qui investissent en emprunts d’une durée moyenne de 5 à 6 ans environ. C’est à notre avis la meilleure solution. C’est le cas de sicav comme Dewaay Canadian Bonds (***), ING (L) Renta Fund II CAD (***) et KBC Renta Canarenta (**). C’est là aussi que l’avantage est le plus grand par rapport aux  obligations en euro.
Vu la qualité de leur gestion, nous donnons la préférence aux sicav de Dewaay et d’ING.
· On trouve aussi des sicav à très court terme en CAD. Ces sicav investissent surtout en obligations proches de leur échéance, en certificats du Trésor et en comptes à terme. La meilleure de ce segment est  Dexia Money Market CAD (***).
Nous ne vous conseillons pourtant pas ce type de placement. Les taux à court terme sont trop peu élevés.

Bref...
· L’intérêt d’un placement en CAD réside dans le fait que la devise est sous-évaluée par rapport à l’euro.
· Si vous n’avez pas encore de CAD dans votre portefeuille, optez pour une sicav obligataire. Nous vous conseillons les durées moyennes. Notre préférence va à Dewaay Canadian Bonds et ING (L) Renta Fund II CAD.
· Si au contraire vous avez déjà investi pas mal et depuis longtemps en sicav obligataires canadiennes, profitez des excellentes prestations actuelles de ce type de placement (+ 16,5 % en moyenne depuis 1 an) pour prendre partiellement votre bénéfice. Nous pensons particulièrement aux investisseurs au profil défensif ou neutre. Plus d’info à ce propos dans notre rubrique “Stratégie”).

EVOLUTION DE DEWAAY CANADIAN BONDS
(en CAD, depuis 2000)

La forte hausse du CAD par rapport à l’euro et la baisse des taux d’intérêt ont gâté les investisseurs qui avaient misé sur les sicav obligataires canadiennes. Si vous n’avez pas encore de CAD en portefeuille, vous pouvez acheter une sicav obligataire investissant à moyen terme. Si vous avez déjà des CAD en portefeuille, prenez partiellement votre bénéfice.

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