Analyse
Du beau, du bon, du solide il y a 12 ans - jeudi 14 juillet 2005

Juin 2005 restera dans les annales comme un excellent mois pour la plupart des amateurs de sicav d’actions et d’obligations.

· Les marchés boursiers n'ont pas été affectés par la nouvelle poussée de fièvre du prix du baril de pétrole, lequel a grimpé de 14,2 % en un mois ! Plusieurs grandes places, comme Paris et Londres, ont même atteint des sommets sur trois ans. Comment expliquer cette apparente contradiction ? Tout simplement par le rendement extrêmement faible des placements obligataires, par les bonnes nouvelles économiques en provenance des Etats-Unis et par une nouvelle vague de fusions et d’acquisitions (Unicredito et HypoVereinsbank, USG et Solvus, Spohn Cement et Heidelberger), toutes choses qui ont amené l’investisseur particulier à se tourner vers la Bourse.

LES MARCHES BOURSIERS EN JUIN 2005

Bourse

Evolution (1) sur

1 mois

3 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

5.3%

3.9%

11.2%

Athènes (ASE)

3.4%

7.2%

30.3%

Bruxelles (BEL 20)

2.0%

-0.4%

26.0%

Francfort (DAX 30)

2.8%

3.0%

10.3%

Hong Kong (Hang Seng)

4.5%

13.2%

16.6%

Lisbonne (PSI 20)

-0.2%

-3.5%

1.7%

Londres (FTSE 100)

3.3%

6.4%

13.8%

Madrid (IBEX 35)

3.8%

5.7%

21.1%

Milan (MIB 30)

1.8%

-0.5%

14.8%

Nasdaq Composite

1.4%

10.5%

0.9%

New York (S&P 500)

2.0%

8.3%

4.9%

Paris (CAC 40)

2.6%

4.0%

13.3%

Stockholm (OMX)

0.4%

3.4%

14.2%

Sydney (ASX - AORD)

6.6%

9.1%

31.8%

Tokyo (NIKKEI 225)

1.9%

2.9%

-3.3%

Toronto (S&P/TSX Composite)

7.7%

9.2%

27.5%

Zurich (SMI)

1.2%

5.3%

9.3%

(1) en %, après conversion en euro, fin juin 2005

· Cette chasse aux bonnes affaires a aussi été tout profit pour les marchés des pays émergents. Et bien sûr les sicav spécialisées en ont profité également. Ainsi Axa Rosenberg Pacific ex-Japan Small Caps Alpha (*****) a gagné 7,7 %, Fortis L Equity Latin-America (**) 9,1 % et Parvest Converging Europe (*) plus encore, 10,4 %.
· Sur les marchés obligataires, on n’a vu que des mines réjouies le mois dernier. Les taux ont baissé à peu près partout dans le monde, ce qui fait grimper les cours des obligations existantes (elles sont fort recherchées puisqu’elles offrent des coupons plus élevés). Et bien entendu la valeur d’inventaire des sicav concernées a suivi.
· De plus, la baisse du cours de l’euro sur le marché des changes a permis à certaines sicav en devises étrangères de publier des résultats meilleurs encore. C’est le cas des sicav d’actions australiennes (+ 8,3 %) et des sicav obligataires en dollars canadiens (+ 5,5 %), dopées par la hausse du dollar australien (AUD, + 2,6 %) et du dollar canadien (CAD, + 4,4 %) par rapport à l’euro. Hélas pour les détenteurs de sicav obligataires en couronnes suédoises, la devise en question a perdu 3,3 % par rapport à l’euro en juin, si bien que ING (L) Renta Fund II SEK (-2 %) et KBC Renta Sekarenta (-1,9 %) n’ont pu que faire marche arrière alors que le marché obligataire suédois a donné satisfaction.

EVOLUTION DE LA COURONNE SUEDOISE (SEK) EN EUROS

La baisse des taux directeurs en Suède a pesé sur la devise scandinave. Ne désespérez pas et continuez à miser sur le potentiel de hausse de cette devise via une sicav obligataire en couronnes suédoises, pas via une sicav d’actions (trop chères).

Actions internationales
· En moyenne, les sicav d’actions internationales reprises dans nos tableaux ont gagné 3,1 %. Les petites valeurs ont une fois encore montré qu’elles avaient du ressort. On le voit aux résultats d’Axa Rosenberg Global Small Cap Alpha (+ 5,4 %), qui devance nettement ses concurrentes. La moitié du portefeuille de cette sicav est investie aux Etats-Unis, notamment dans le secteur pharmaceutique avec des actions comme Bausch & Lomb (ophtalmologie; + 8,4 %), Triad Hospitals (gestion d’hôpitaux; + 9,9 %), Pacificare Health Systems (compagnie d’assurance spécialisée dans le monde pharmaceutique; + 16 %).
Fidelity Gestion Dynamique (distribuée par la Deutsche Bank, **) ne s’en tire pas mal non plus avec + 4,9 %. Ici, ce sont les actions pétrolières qui ont fait l’essentiel du travail, Total (+ 8,3 %) et Royal Dutch (+ 14,2 %), comme on l’a souvent vu en juin.
KBC Eco Fund (*, + 1,3 %) et Triodos Values International Equites (+ 1,7 %), deux sicav éthiques, ont fait moins bien, elles. La raison principale en est leur politique d’investissement. Elles évitent autant que possible les valeurs pétrolières et gazières, lesqueles ont justement bien presté en juin du fait de la hausse du prix du pétrole (et du gaz).
· Nous ne conseillons les sicav d’actions internationales qu’à ceux qui n’ont ni le temps, ni le goût, ni les moyens financiers pour se constituer eux-mêmes un portefeuille d’actions ou de sicav spécialisées (voir p. 5). Notre préférence va à quelques sicav atypiques comme Aphilion Q² (www.aphilion.com), qui investit dans des valeurs moins connues, ou Contrarian Equities@Work (Capital@Work, *****), qui investit, comme son nom l’indique, dans les valeurs injustement laissées de côté par le gros des investisseurs.
· Il y a une alternative, le tracker EasyETF Global Titans 50 (ISIN: FR0000973596), qui est coté sur Euronext.

Actions européennes
· Les sicav d’actions européennes ont bien travaillé en juin: + 3,4 % en moyenne, sauf Share Euroselection (Bearbull, *, - 0,2 %), à qui le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis (- 7,4 %) a joué un vilain tour, tout comme le groupe britannique de services Capita Group (- 3,7 %) et le consortium alimentaire français Danone (- 2,7 %).
Dexia Equities L Europe (*, + 2,9 %) a une fois encore déçu à cause de son entêtement à limiter les valeurs pétrolières dans son portefeuille. D’autant que d’autres postes, comme Vodafone Group (- 1,7 %) et Novartis (- 0,7 %), ne lui ont pas permis de redorer son blason.
En Europe aussi, ce sont les petites valeurs qui ont étonné. Esprit Small Cap Europe (Banque Degroof, ****) sort du lot avec un bond de 5,4 % grâce à des groupes pétroliers et gaziers de plus petite taille comme Ocean Rig ( 27,7 %), Dana Petroleum (+ 26 %) et Premier Oil (+ 19,1 %).
· Fidelity European Growth A (disribuée par la Deutsche Bank, ****, + 4,8 %) a toujours notre préférence pour l’excellence de sa gestion.

Cherche rendement
· Les sicav investissant en Amerique latine (en moyenne + 7,5 %) et en Europe de l’Est (+ 8,7 %) ont gagné sur les deux tableaux : les bonnes prestations des valeurs pétrolières brésiliennes, mexicaines et russes, et un coup de pouce du marché des changes puisque la plupart des devises locales ont progressé par rapport à l’euro. Sans oublier l’une ou l’autre bonne nouvelle en provenance des entreprises. De quoi justifier pleinement l’intérêt des investisseurs.
· Nous vous déconseillons pourtant ces deux régions du monde, pour le moment du moins. Les cours ont déjà fortement monté en Amérique latine, le risque y est trop élevé, surtout au Mexique (qui représente jusqu’à 30 % des portefeuilles des sicav spécialisées) et au Chili (jusqu’à 10 %).
Nous vous déconseillons aussi les sicav géographiques axées sur l’Europe de l’Est pour trois raisons : le risque politique en Russie, les mauvaises perspectives en Bourse de Varsovie et les prévisions décevantes pour la couronne tchèque.
· Si vous êtes à la recherche d’un complément de rendement, tournez-vous plutôt vers l’Asie. Les perspectives d’avenir y sont intéressantes, mais il ne faut pas négliger le risque. Optez pour Axa Rosenberg Pacific ex-Japan Small Cap Alpha (distribuée par Axa Banque, + 7,7 %, *****V) ou ING (L) Invest New Asia (+ 4,1 %, **). Mais attention : ne misez qu’une part limitée de votre avoir et pour une longue période.
· Les plus audacieux parmi vous peuvent tenter leur chance en Bourse turque en spéculant sur l’entrée de ce pays dans l’Union européenne. Notre préférence va à EMIF Turkey (CBC-KBC, + 10,9 %).

EVOLUTION D’ING (L) INVEST NEW ASIA (en USD)

Si vous voulez diversifier votre portefeuille de sicav en misant sur les marchés émergents, l’Asie offre les meilleures perspectives. N’optez pas pour un pays bien précis, mais pour une sicav diversifiée sur l’ensemble de la région, comme celle d’ING.

Santé décevante
· Le secteur pharmaceutique a déçu en juin avec une progression moyenne de seulement 1,2 %. CitiEquity Global Healthcare (Citibank, + 2,8 %, **) et Fortis L Equity Pharma World (+ 2,3 %, **) ont fait mieux, mais Axa B Fund Pharma & Healthcare (- 0,1 %, *) a fait moins bien. Cette dernière a donné beaucoup de poids à des valeurs comme Sanofi Aventis (- 7,4 %), Johnson & Johnson (- 1,2 %) et Merck & Co (- 3,2 %) alors que la sicav de Citibank, elle, a tiré parti des excellentes prestations des distributeurs spécialisés (et américains) McKesson (+ 13,4 %) et Amerisourcebergen (+ 9,2 %), sans oublier le groupe hospitalier Triad Hospitals (+ 9,9 %).

LES SECTEURS EN JUIN 2005

Evolution (1) sur

1 mois

3 mois

12 mois

En Europe

Secteur financier

3.6%

4.5%

22.8%

Secteur pharmaceutique

-0.7%

11.9%

17.0%

Secteur télécom

1.6%

-0.3%

13.8%

Secteur technologique

3.5%

9.3%

2.2%

Secteur de la consommation

0.6%

8.6%

14.2%

Secteur de la distribution

2.2%

2.0%

10.2%

Sociétés d'utilité publique

4.3%

10.1%

32.5%

Dans le monde

Secteur financier

3.8%

8.3%

16.0%

Secteur pharmaceutique

0.4%

12.2%

6.2%

Secteur télécom

3.0%

5.2%

13.0%

Secteur technologique

1.2%

10.0%

-1.3%

Secteur de la consommation

1.1%

10.0%

9.2%

Secteur de la distribution

3.5%

7.2%

6.3%

Sociétés d'utilité publique

5.6%

13.2%

33.4%

(1) en %, après conversion en euro, fin juin 2005.

· Nous n’investirions plus dans ce secteur pour le moment, mais vous pouvez conserver. Misez plutôt sur d’autres secteurs comme la finance, les services d’utilité publique ou des biens de consommation pour diversifier sectoriellement votre portefeuille.

EVALUATION SECTORIELLE

Nom du secteur

Score

Sicafi

++

Pharma

+

Alimentation et boissons

+

Utilité publique

+

Finances

=

Télécoms

=

Distribution

-

Technologie

--

L’évaluation sectorielle s’attache à la valorisation et au risque des actions d’un secteur particulier. Elle fluctue entre ++ (très bon) et -- (très mauvais). En cas d’évaluation identique, les secteurs sont classés par ordre de préférence, du meilleur au moins bon.

L'euro recule
· L'euro a été chahuté en juin. Il s'est déprécié par rapport à la plupart des autres devises et, notamment, de 2 % par rapport au billet vert. Cela s'explique surtout par le fait que la croissance économique est beaucoup plus forte aux Etats-Unis. De plus, l’éventualité d'une baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne est revenue à l’avant-plan en juin. Mais tout cela n’est que pure hypothèse.
· La remontée du dollar est une bonne nouvelle pour les sicav d'obligations internationales, lesquelles se sont appréciées de 1,5 % en moyenne. De fait, la plupart investissent une bonne partie de leur avoir en obligations en dollars.
Malheureusement, Dexia Bonds International (**) n'a pu profiter de la faiblesse de l'euro. Ses gestionnaires investissent pourtant en obligations en dollars, mais ils se sont couverts contre le risque de fluctuation des devises étrangères, ce qui les prive aussi du bon côté de la chose. La progression de cette sicav est de 0,7 % seulement en juin.
· Si vous voulez vous constituer en une fois un portefeuille obligataire diversifié, les sicav d'obligations internationales sont pour vous. Attention, au sein de cette catégorie, certaines sicav sont mieux gérées que les autres et les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances. Pour tenter d'y voir plus clair, servez-vous de notre indicateur de performances, lequel permet de juger des prestations des sicav en termes de rendement, de risque et de régularité. PAM (L) Bonds Universalis (Petercam) obtient le meilleur résultat (****). Vous pouvez acheter.

Les taux baissent encore
· Où cela va-t-il s'arrêter ? Les taux obligataires ont encore reflué dans la zone euro, sur fond de faibles perspectives économiques. Une bonne nouvelle pour les détenteurs de sicav d'obligations en euros puisque la baisse des taux fait grimper les cours des obligations existantes et donc des sicav qui les détiennent. Comme d'habitude, l'impact est plus marqué pour les sicav qui misent sur les obligations à long terme. Elles se sont appréciées en moyenne de 1,7 % en juin contre 1 % pour les sicav d'obligations à moyen terme et 0,5 % pour les sicav d'obligations à court terme.
· La baisse des taux obligataires est une bonne nouvelle pour les détenteurs de sicav, mais on n’est plus très loin du plancher et donc le potentiel de hausse de ces sicav est de plus en plus limité.
Dans ce contexte, nous privilégions les sicav d'obligations « corporate » (= obligations émises par des entreprises). Ce type d'obligations offre des rendements plus élevés que les obligations d'Etat. Vu la faiblesse actuelle des taux, c'est toujours bon à prendre. Nous vous conseillons PAM (L) Bonds EUR Quality (Petercam, ***). Si vous êtes client dans une de ces banques, vous pouvez aussi acheter Fortis L Bond Corporate Euro (***) et Dexia Invest European Corporates Bonds (***).

EVOLUTION DE PAM (L) BONDS EUR QUALITY (en euros)

Les sicav d'obligations « corporate » offrent un supplément de rendement par rapport aux autres sicav d'obligations en euros, qui investissent surtout en emprunts d'Etat. Vous pouvez acheter les premières.

Obligations en livres sterling
Les sicav d'obligations en livres sterling ont progressé de 1,8 % en juin grâce en grande partie à la baisse des taux obligataires et, pour une moindre part, à la hausse de la livre sterling par rapport à l'euro (+ 0,3 %).
Bien sûr, beaucoup de choses ont changé entre-temps à cause des attentats de Londres. Dans les jours qui ont suivi, la devise britannique s'est dépréciée par rapport à notre monnaie. Mais cela ne change rien à notre stratégie de placement. Le différentiel de taux reste toujours à l'avantage des obligations en livres sterling tandis que la baisse de la devise la replace près de son niveau d'équilibre par rapport à l'euro. Vous pouvez encore acheter.

EVOLUTION DE LA LIVRE STERLING (en euros)

La devise britannique a immédiatement baissé suite aux attentats de Londres. La livre sterling reste correctement évaluée par rapport à l'euro et les obligations émises dans cette devise présentent un surplus de rendement par rapport à l'euro intéressant. Vous pouvez continuer d'acheter.

La Suède (d)étonne
· ING (L) Renta Fund II SEK (***) et KBC Renta Sekarenta (CBC-KBC, ***) ont perdu respectivement 2 % et 1,9 % en juin. En cause, la forte baisse de la couronne suédoise : - 3,3 % en juin par rapport à l'euro du fait de la décision de la banque centrale suédoise de diminuer une nouvelle fois ses taux directeurs pour les ramener à un plus bas historique de 1,5 %. Les autorités suédoises espèrent ainsi relancer l'économie locale, en perte de vitesse.
Cette baisse des taux directeurs s'est aussi accompagnée d'une baisse des taux obligataires, ce qui a provoqué une hausse des cours des obligations en devise locale, mais sans compenser la perte de change, tout au plus en limitant l’impact.
· Nous continuerions d'investir en sicav d'obligations en couronnes suédoises. Bien sûr, ces obligations offrent aujourd’hui des rendements moins élevés que chez nous, mais ce désavantage est compensé par le potentiel d'appréciation de la devise par rapport à l'euro, lequel s'est encore accentué du fait de la baisse récente de la couronne.

LES DEVISES EN JUIN 2005

Code
ISO

Devise

Cours (1)
(en euro)

Evolution (2)

Persp. (3)

1 mois

1 an

1 an

LT

DKK

Couronne danoise

0,1342

-0.1%

-0.3%

=

=

SEK

Couronne suédoise

0,1058

-3.3%

-3.1%

+

++

NOK

Couronne norvégienne

0,1263

0.0%

6.6%

=

--

CHF

Franc suisse

0,6448

-0.9%

-1.8%

=

+

GBP

Livre sterling

1,4806

0.3%

-0.7%

-

=

USD

Dollar américain

0,8260

2.0%

0.5%

+

=

CAD

Dollar canadien

0,6744

4.4%

10.0%

+

+

AUD

Dollar australien

0,6296

2.6%

10.0%

+

-

NZD

Dollar néo-zélandais

0,5747

0.5%

10.1%

-

--

JPY

Yen japonais (100)

0,7454

-0.8%

-1.0%

=

++

(1) fin juin 2005 ; p.ex. 1 USD vaut x euros ; (2) en %, par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à long terme.

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