Analyse
Des secteurs à prospecter il y a 12 ans - jeudi 15 septembre 2005

La hausse du prix de l’énergie, Electrabel qui passe sous le contrôle de Suez, des banques à vendre… l’été n’a pas été de tout repos ! Comment tirer parti de ces mouvements ?

Vous trouvez que le pétrole est trop cher ? Une sicav spécialisée dans les valeurs énergétiques est peut-être ce qu’il vous faut, ces sociétés bénéficient de la hausse des prix. Vous croyez que le vieillissement de la population sera une bonne chose pour le secteur pharmaceutique ? Il y a aussi des sicav spécialisées. Tout le monde autour de vous ne jure que par la téléphonie mobile ? Dans ce domaine aussi, celui des télécoms, on trouve des sicav spécialisées. Bref, l’éventail est vaste.
Mais cela marche dans les deux sens : il suffit qu’un fabricant de cigarettes doive payer des indemnités canon à un ex-fumeur pour que tout le secteur prenne des coups. Un seul événement (un jugement, une innovation, une fusion…) peut ainsi affecter tout un secteur. Il est donc de la plus haute importance que vous sachiez quels secteurs ont du potentiel et quels secteurs n’en ont pas (ou plus). On en revient à notre règle d’or : diversifiez vos placements (voir encadré).

Pour vous aider
Notre indicateur prend en compte le risque et le potentiel de toutes les actions d’un secteur donné. Ce sont nos symboles allant de “++” (excellent) à “- -“ (très mauvais). Nous déconseillons évidemment les secteurs ayant un score négatif. Par contre, un secteur ayant un score positif peut être intéressant à acheter – pour autant qu’il y ait les sicav ad hoc !

EVALUATION SECTORIELLE

Nom du secteur

Score

Sicafi

++

Finances

+

Alimentation et boissons

+

Utilité publique

+

Pharma

+

Télécoms

=

Distribution

-

Technologie

--

L’évaluation sectorielle s’attache à la valorisation et au risque des actions d’un secteur particulier. Elle fluctue entre ++ (très bon) et -- (très mauvais). En cas d’évaluation identique, les secteurs sont classés par ordre de préférence, du meilleur au moins bon.

Finances
· Depuis 2004, le secteur financer va très bien. Les années 2000-2002 ont été difficiles, pour les banques comme pour les compagnies d’assurance, et les mesures d’assainissement se sont succédé : élimination des activités non rentables, réductions d’effectifs, nettoyage des portefeuilles de crédits… Le résultat a suivi : les bénéfices, la solvabilité et la rentabilité des sociétés du secteur a nettement progressé – surtout en Europe – et les investisseurs en ont bénéficié.
· Le secteur poursuit son assainissement et il est aidé en ce moment par la situation sur les marchés financiers, très favorable pour la gestion de patrimoine et les banques d’affaires. Les fusions internationales se multiplient : BNP Paribas et ABN Amro ont pris des participations aux Etats-Unis, les Espagnols de Banco Santander se sont rapprochés des Britanniques de  Abbey National, les Italiens d’Unicredito sont en cours de fusion avec les Allemands de HypoVereinsbank…
· Notre avis : globalement, le secteur est en ce moment encore assez bon marché, intéressant et pas trop risqué. Notre préférence va à la sicav diversifiée internationalement Fortis L Equity Finance World.

EVOLUTION DU SECTEUR FINANCIER MONDIAL (en gras) ET DU MARCHE MONDIAL DES ACTIONS (base = 100)

Depuis 2000, le secteur financier fait nettement mieux que le marché mondial des actions. A nos yeux, il reste néanmoins un des plus prometteurs en ce moment. Vous pouvez donc acheter.

Consommation et distribution
· On peut diviser le secteur de la consommation en deux sous-secteurs : les sociétés cycliques et celles qui ne le sont pas. La première catégorie comprend l’automobile, les médias, le commerce de détail, le luxe et les biens durables (TV, frigos…), tous articles  influencés par la conjoncture. Par contre, les biens de la seconde catégorie ne le sont pas : alimentation et boissons.
· Ce secteur revient de loin. Il y a eu les scandales (Ahold, Parmalat), puis le tassement des marges bénéficiaires dû à la faiblesse de la consommation en Europe et la mauvaise perception par le secteur de l’évolution des mentalités et de l’intérêt croissant du consommateur pour les produit liés à la santé.
· Mais les choses s’améliorent :
– les nouveaux marchés (de croissance) d’Europe de l’Est et d’Asie sont prospectés à toute vitesse, tant en amont (les coûts de production y sont moins élevés) qu’en aval (nouveaux points de vente) ;
– les fusions et les acquisitions se multiplient. Procter & Gamble a racheté Gillette, Pepsico a lorgné sur Danone, Pernod Ricard a racheté Allied Domecq… ;
– les mesures d’assainissement se poursuivent, entre autres chez Nestlé et Unilever, en même temps que les portefeuilles de marques sont revus, ce qui fait grimper les bénéfices ;
– les entreprises du secteur tentent d’innover, tant sur le plan des produits (pour répondre sans cesse mieux à la demande) que sur celui de la logistique (emballages) et du  marketing.
· A notre avis, le sous-secteur cyclique n’est pas intéressant en ce moment parce que trop cher et risqué. Par contre, pour le sous-secteur non cyclique, la situation est bonne. Beaucoup d’entreprises disposent d’un trésor de guerre, ce qui laisse entrevoir de beaux dividendes et de nouvelles acquisitions. Compte tenu du niveau actuel des cours boursiers, vous pouvez acheter une sicav spécialisée. Notre préférence va à Fortis L Fund Equity Consumer Goods Europe.

Utilité publique
· Le gros des acteurs de ce secteur (distribution d’électricité et de gaz, traitement de l’eau et des déchets) a connu des restructurations en profondeur. L’endettement a été réduit et les activités non stratégiques revendues. Les cours boursiers de ces valeurs ont aussi profité de la baisse des taux, beaucoup d’investisseurs n’ayant d’yeux que pour leurs généreux dividendes, d’autant que le risque est inférieur à la moyenne.
· L’avenir recèle plusieurs défis. Les plus importants sont la libéralisation prochaine du marché européen de l’électricité et du gaz et le surcroît de charges qu’entraîne le Protocole de Kyoto. La forte hausse  du prix du pétrole et du gaz ne posent pas vraiment un problème, puisqu’elle est reportée sur le consommateur. En général, les entreprises du secteur sont préparées. Les distributeurs d’électricité se mettent à vendre du gaz (comme EDF en France) et inversement (comme GDF en France aussi). Ou ils signent des accords de coopération (comme E.ON et Ruhrgaz en Allemagne). Ce sont peut-être les premiers signes d’une véritable consolidation du secteur.
· A notre avis, comme les cours de ces sociétés ont déjà bien progressé, on peut considérer que ce secteur défensif est correctement évalué. Mais les dividendes élevés et le risque inférieur à la moyenne restent des atouts. Limitez-vous aux sociétés européennes, évitez la complexité et les risques du secteur aux Etats-Unis. Argenta Fund Nutsector Europa ou Fortis L Equity Utilities Europe peuvent être achetées.

Technologie
· On ne peut dire que ce secteur se soit mal comporté cette dernière année. La croissance repose sur le niveau élevé des ventes de lecteurs mp3, de GSM et de PC. Ce sont surtout les sous-secteurs des semi-conducteurs et des technologies de l’information qui ont bien travaillé.
· Mais un problème subsiste : le secteur n’a pas encore trouvé la bonne réponse à la forte baisse des investissements dans les nouvelles technologies. Les entreprises, aujourd’hui, optent pour les alternatives les moins chères, comme les logiciels libres et la communication sur internet. A moyen terme, nous ne voyons pas pourquoi cela changerait et pourquoi la croissance de ce secteur dépasserait la moyenne mondiale, comme ce fut souvent le cas autrefois.
· A notre avis, vu le risque élevé du secteur et son évaluation qui nous paraît toujours surfaite, mieux vaut s’abstenir.

Secteur ou région?
· Nous le répétons régulièrement : tout investisseur doit répartir ses risques. Mais il y a plusieurs façons de le faire. Plusieurs études scientifiques se sont déjà penchées sur la question : cette répartition doit-elle être sectorielle ou régionale ? Selon certains, la mondialisation (avènement de l’euro, fusions transnationales...) rend la répartition régionale caduque. Mais d’autres estiment qu’elle conserve toutes ses qualités…
· Pour nous, les deux approches sont complémentaires. Dans nos tableaux, vous trouverez des sicav dont certaines sont diversifiées sur une base régionale et d’autres sur une base sectorielle. Ne vous limitez pas à un pays ou à un secteur, répartissez !

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