Analyse
Rapide bénéfice à la turque il y a 12 ans - jeudi 15 septembre 2005

Quatre mois après vous avoir conseillé un achat spéculatif, nous disons déjà au revoir à nos actions turques. Selon le moment auquel vous avez acheté, nos conseils vous ont rapporté entre 20 % et… 30 % !

Investir en actions ou en sicav doit toujours s’inscrire dans le long terme. Cela permet d’étaler les frais et donc de réduire le danger de dégager un rendement négatif. Cette règle vaut plus encore pour les placements dans un pays émergent comme la Turquie.

Pari réussi
· Il est donc très rare que nous nous écartions de cette règle. Mais lorsque nous avons conseillé aux plus audacieux parmi vous, en mai dernier (F&S 129), de tenter leur chance en Bourse d’Istanbul, nous concevions la chose comme telle : tenter sa chance ! C’est-à-dire tirer parti de l’afflux de capitaux qui se dirige vers la Turquie et son (petit) marché boursier. La Turquie a des atouts, c’est évident, mais elle a aussi des problèmes. Il s’agissait donc bien de tenter sa chance, sans plus.
· L’opération a porté ses fruits. Après un mois de mai excellent (+ 15,3 % en euros) et deux bons mois de juin (+ 10,1 %) et de juillet (+ 10,2 %), la hausse était moins forte en août (+ 2,2 %). Les sicav ont suivi, certaines ont même fait mieux. Selon le moment où vous avez acheté, le bénéfice peut aller jusqu’à 30 %. Pour arriver à ce chiffre, nous tenons compte des valeurs d’inventaire à fin août, soit pour EMIF Turkey 307,42 dollars et pour Fortis L Equity Turkey 139,24 euros. Nous vous conseillons donc de prendre votre bénéfice.
· Beaucoup de choses peuvent se passer entre le moment où nous avons écrit cet article et celui où vous le lisez. La Bourse turque est fluctuante:
– si la valeur d’inventaire de votre sicav a baissé, vous pouvez encore conserver un peu et attendre le bon moment ;
– dans le cas contraire, n’hésitez pas. Même si le potentiel de la Turquie reste élevé, nous ne pensons pas que la situation va s’améliorer dans les mois à venir.

Des nuages
Nous avons conseillé de tenter votre chance, elle est venue, il est temps de partir. Certains indices donnent en effet à penser que les nuages vont s’accumuler, ce qui pourrait réduire l’appétit des investisseurs étrangers, à court terme du moins. Voici pourquoi :
– l’économie américaine va toujours aussi bien, ce qui laisse entrevoir une poursuite de la hausse des taux d’intérêt. Les capitaux vont virer de bord, quitter les pays émergents (comme la Turquie) et filer vers les Etats-Unis ;
– l’adhésion de la Turquie à l’Europe est de plus en plus envisagée avec crainte ;
– la Turquie a déçu les milieux internationaux en reportant la réforme de son système de pensions. Cela lui a valu un mauvais point au FMI et le gel d’un accord en voie de négociation. Ce n’est pas de nature à rassurer les investisseurs.

EVOLUTION DE LA BOURSE TURQUE (en gras) ET DE L’INDICE BOURSIER MONDIAL (base = 100, en euro)

Le graphique vous montre que les fluctuations de la Bourse d’Istanbul amplifient les mouvements de l’indice mondial, à la hausse comme à la baisse. Depuis son plancher de 2001, la Bourse turque a quadruplé… en devise locale ! En euros, cela ne représente qu’une hausse de 60 %. Nous avons tenté notre chance et nous sortons provisoirement en prenant notre bénéfice.

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